La santé des Québécois dans un climat en mutation

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Les effets des changements climatiques sont bien réels, mais quels en seront les impacts sur la vie et la santé des Québécois? Sans catastrophisme, je vous propose d'explorer ce que ces changements du climat pourraient modifier dans le domaine de la santé au Québec.

Tout d'abord, les effets liés à la chaleur sont ceux qui paraissent les plus flagrants. La durée et la fréquence des vagues de chaleur augmentent, ce qui a des effets directs sur la mortalité, la sévérité de certaines maladies et l'action de certains médicaments. Dans les villes, les phénomènes de chaleur accablante peuvent être accentués par les îlots de chaleur urbains. Ce sont des zones où la température est plus élevée, notamment à cause du manque de végétation et des matériaux foncés qui accumulent la chaleur. Les différences de températures peuvent parfois atteindre jusqu'à 12 °C de plus! Bien s'hydrater et se rafraîchir est donc essentiel durant les périodes chaudes de l'année, particulièrement pour les enfants et les personnes âgées qui sont plus fragiles. Bonne nouvelle, le fait de pouvoir profiter du soleil plus longtemps dans l'année permettra aux gens de passer plus de temps à l'extérieur et de faire plus d'activités physiques, ce qui est très bon pour la santé. Cependant, gare aux rayons ultraviolets qui peuvent causer, entre autres, des cancers! Des lunettes de soleil, un chapeau, de la crème solaire et de l'ombre seront vos meilleurs alliés pour passer un été agréable...

La hausse des températures moyennes au Québec aura aussi une incidence sur la pollution atmosphérique. Le smog, par exemple, a des effets néfastes sur les fonctions respiratoires et cardiovasculaires. Voilà une bonne raison pour essayer de diminuer la pollution ambiante. Pourquoi ne pas prendre le vélo plutôt que la voiture pour certains de vos déplacements quotidiens pendant l'été? De plus, ça maintient en forme! Par ailleurs, l'augmentation de la concentration atmosphérique de certains pollens augmentera le nombre d'allergies.

Les événements météorologiques extrêmes sont en augmentation au Québec, comme ailleurs dans le monde. Ils marquent beaucoup les esprits, car leurs effets sont parfois dévastateurs. C'est la variabilité accrue du climat qui entraîne l'apparition plus fréquente de ces phénomènes. Un événement unique n'est pas suffisant pour accuser le climat. Mais puisqu'on observe une tendance lourde à l'augmentation de la fréquence et des violences de ces phénomènes partout dans le monde, les changements climatiques en sont la cause.

Fin mai 2012 au Québec, on a vu la nature se déchaîner avec le passage de deux tornades, une à Saint-Benoît de Mirabel et l'autre à Brownsburg-Chatham, et un orage violent qui a inondé des parties de Montréal. Fait marquant, l'inondation du Richelieu en 2011 fut l'une des plus longues inondations au Québec. Les impacts psychosociaux et sur la santé des inondations peuvent durer des années. Par ailleurs, les sécheresses aussi vont augmenter à cause de la variabilité accrue du climat. Avec les changements climatiques, on craint une diminution de la qualité et la quantité des ressources en eau. On anticipe une augmentation du nombre de maladies causées par l'eau, encore appelées les maladies hydriques. Par exemple, pour les familles qui ont des puits privés dont l'eau n'est pas traitée, une étude menée au Québec a montré des augmentations de gastroentérites quatre semaines après le début d'une sécheresse.

Même si on associe les changements climatiques au réchauffement, le froid aussi continuera à faire des ravages. En 1998, la pluie verglaçante a occasionné quelque 21 décès et 200 intoxications au monoxyde de carbone à cause des fuites de gaz, principalement en Montérégie et sur l'île de Montréal. Les chutes de neige, le verglas, les blizzards et les avalanches causent de nombreux accidents.

Des maladies transmises par les animaux pourraient aussi émerger ou s'intensifier. Par exemple, la maladie de Lyme est étroitement surveillée avec une augmentation du nombre de cas en 2011, surtout en Montérégie. De plus, le nombre de tornades devrait aussi augmenter ainsi que les orages violents durant lesquels la foudre peut blesser ou encore déclencher des incendies de forêt nocifs pour la qualité de l'air. Les glissements de terrain comme celui du 10 mai 2010 à Saint-Jude et l'érosion côtière font aussi partie des préoccupations grandissantes.

Les effets des changements climatiques étant mondiaux, chacun peut être touché. Toutefois, certains sont plus sensibles ou plus exposés. Les personnes plus vulnérables sont généralement celles ayant une santé fragile (incluant les problèmes de santé mentale), les enfants de 5 ans et moins, les personnes âgées de 75 ans et plus, les gens à faible revenu, les individus isolés socialement, les travailleurs extérieurs ou les gens pratiquant souvent des activités à l'extérieur. Même si tout cela peut paraître inquiétant, il est important de connaître les impacts pour pouvoir se protéger et protéger ses proches. Il existe de nombreuses façons de se prémunir contre ces impacts notamment en s'informant sur sa région, en se préparant à la survenue de catastrophes et en appliquant rigoureusement les recommandations des organismes de santé publique et de protection civile. De bonnes manières de diminuer les risques et de s'adapter? Toits verts, récupération d'eau... Découvrez dans nos prochaines chroniques plusieurs façons de s'adapter efficacement!

Une chronique Mon climat, ma santé

 

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