Will ne reconnaît plus «son» Québec

Ugo
Ugo Giguère
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Si tous les jeunes sont comme Will, la grogne populaire n’est pas prête de s’estomper. Il s’apprête à finir son secondaire, se trouve dans l’antichambre de sa vie d’adulte et le gars est inquiet. Il ne reconnaît plus «son» Québec.

Quelque part en Abitibi, entre deux visites de réserves algonquines, Will et moi causons politique. Je vous le dis, y’a pas meilleur endroit pour jaser politique que dans le confort d’un autobus jaune.

 

Qu’est-ce que je fais là? J’accompagne des jeunes dans leur voyage à la rencontre des communautés autochtones. Vous pouvez d’ailleurs en lire le dossier ici.

 

Voilà que je me retrouve assis avec William ou Will, mais pas Willy (les filles l’appellent comme ça et il déteste ça), et on parle de la grève étudiante. Lui, il est pour la hausse, mais moins sévère et sur plusieurs années. Son argument: «on n’en a pas d’argent!»

 

Toutefois, il est aussi d’accord avec l’éducation gratuite si… on augmente notre pourcentage de redevances sur l’exploitation des ressources naturelles, on arrête de donner des congés de taxes à tout vent aux industries et on gère les finances publiques comme du monde. Bon.

 

Mêlé? Non, dans le contexte actuel, la hausse est inévitable, dans un autre contexte, les frais de scolarité ne sont pas nécessaires. Ça se tient, c’est un choix de société.

 

Et la Loi 78 qui réprime les manifestations et même le droit d’association? «Ça n’a pas de bon sens! Les gens ont le droit de s’exprimer, on est au Québec», s’insurge le jeune homme qui ne va pas jusqu’à dire que Jean Charest est devenu fou, mais presque.

 

 

En regardant le portrait d’ensemble de la société, là, Will est dépassé par les événements. Le système de santé est un puits sans fond qui pompe de l’argent sans fin et la population n’a pas fini de vieillir. En plus, les «vieux» sont tous tirés de chez eux pour être casés dans des hôpitaux au lieu de pouvoir se la couler douce à la maison jusqu’à la mort. «On sait que ça coûterait moins cher et on ne le fait pas!», déplore-t-il.

 

J’ai écrit «déplore», mais j’aurais pu écrire «chiale» parce que Will est chialeux. Il ne s’en cache même pas. D’ailleurs, ce n’est pas son dernier coup de gueule.

 

«Pour qui je vais voter? Il y a juste des vieux dans les partis politiques. Il n’y a pas de jeunes pour nous représenter», lance le futur électeur déjà désabusé.

 

S’il jette un œil à Ottawa c’est pire. La corruption: n’en parlons pas. Ensuite, viennent les retraites… Ouch! Aussi bien d’oublier ça.

 

Bon, notre jeune homme est peut-être pessimiste et un brin grognon, mais c’est tout de même un exemple de plus que la nouvelle génération a quelque chose à dire.

Lieux géographiques: Québec, Abitibi, Ottawa

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  • Pablo Brborich
    24 juillet 2012 - 16:20

    Réellement, la situation au Québec n`est pas trop différente à celle de l'Èquateur, mon pays. Le Québec pour moi, c`est comme mon pays, j`ai passé les meilleures années de ma vie, et ce justement quand j'ai fini mon secondaire à la polivalente Jean-Baptiste-Meilleur de Repentigny, ce qui fait que j`écris sur le cas de Will, c`est la raison de mon retour à mon pays, à cause des frais de scolarité, j`espère que ça change et l`éducation supérieure soit gratuite.