Défier les standards une femme à la fois

Journée internationale des femmes


Publié le 8 mars 2017

Le domaine de la vente automobile étant toujours fortement associé aux hommes, Stéphanie Fecteau, Véronic Laflamme et Carole St-Cyr, trois employées du service après-vente du concessionnaire Mazda à Cowansville, font en quelque sorte figure de pionnières dans leur domaine.

©TC Media - Ghyslain Forcier

COMMUNAUTÉ. Dans le cadre de la Journée de la femme, Journal Le Guide propose de plonger dans l'univers de trois femmes qui démontent les standards dans le domaine du service après-vente automobile, habituelle chasse gardée de la gent masculine.

Employées au concessionnaire Mazda de Cowansville, Véronic Laflamme, Carole St-Cyr et Stéphanie Fecteau occupent respectivement les postes de directrice après-vente et pièces, conseillère service après-vente et commis aux pièces.

À elles trois, elles comptent plus d'une décennie d'expérience dans le domaine. C'est toutefois depuis janvier dernier qu'elles sont réunies sous le même toit.  

Véronic Laflamme, ayant sous sa responsabilité une équipe de dix employés, a gravi les échelons avant d'être promue directrice il y a deux mois. Elle a auparavant occupé le rôle de conseillère au service après-vente pendant huit ans. «Mon bagage d'expérience, je l'ai acquis à ce niveau», dira-t-elle.     

L'approche féminine, souvent décrite comme plus empathique, répond parfois davantage aux besoins d'une partie de la clientèle.   

«Beaucoup des femmes qui viennent ici aiment se faire expliquer ce qui se passe avec leur auto par une autre femme. On essaie de vulgariser au maximum, de choisir des termes qu'elles comprennent davantage», indique Véronic Laflamme.

D'avoir autant de femmes sur mon équipe, c'est une fierté et un accomplissement incroyable. C'est un domaine non traditionnel pour les femmes, mais nous sommes capables de prendre notre place. Véronic Laflamme, directrice après-vente et pièces du concessionnaire Mazda de Cowansville.

«Elles offrent une approche différente et rafraichissante dans un milieu plutôt conservateur, de renchérir Jean-François Hotte, directeur général de Cowansville Mazda. J'espère que ça incitera de plus en plus de femmes à s'intéresser au monde de l’automobile, que ce soit aux ventes ou au service après-vente.» 

Questions de char

Certains préjugés sont toutefois tenaces. «Même si on est en 2017, il y a encore des hommes qui trouvent qu'une femme n'a pas sa place dans un garage automobile. Ce sont des cas rares, mais certains viennent nous voir et ne s'attendent qu'à parler à des hommes quand vient le temps d'échanger sur leur voiture. C'est même le cas, même si c'est encore plus rare, pour certaines clientes, évoque la directrice de 35 ans. Je dois démontrer que je connais mon affaire, que j'ai confiance en moi et que je suis en mesure de leur fournir les explications nécessaires. Au final, je réussis toujours à persuader la personne.»

Une dynamique particulière

Un certain mouvement de solidarité prend place entre les trois collègues. «On est là pour se supporter, c'est vraiment une petite famille», observe Véronic Laflamme. «Nous ne formons qu'un», ajoute Stéphanie Fecteau.

Pour Carole Saint-Cyr, qui effectue un retour dans le domaine de l'automobile, tout passe par soi.​ «Il faut avoir un certain caractère pour occuper un emploi du genre. Mais tout se passe bien avec les collègues masculins. La façon de bien s'intégrer, ça passe avant tout par chacune de nous.»

«On forme une équipe tissée serrée et on est entourées de gens d'expérience, de sorte que nous sommes en mesure de faire notre travail», de conclure la directrice.