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Ancienne usine Filtex à Sutton: la procédure d'expropriation en marche

Le maire n'exclut aucun scénario


Publié le 12 avril 2017

Fait plutôt rare, Sutton a enclenché au début de l'année des mesures d'expropriation pour mettre la main sur le bâtiment de l'ancienne Filtex, à l'époque une filature.

©TC Media - Ghyslain Forcier

MUNICIPAL. La Ville de Sutton passe de la parole aux actes. À défaut de trouver un terrain d'entente avec le propriétaire du bâtiment ayant jadis abrité l'usine Filtex, elle a enclenché une procédure d'expropriation, mettant sa menace à exécution après plusieurs mois de pourparlers. 

Le sort réservé à ces lieux, situés à quelques pas du cœur villageois, a alimenté de nombreux débats et a nourri plusieurs hypothèses au cours des dernières années au sein de l'ensemble de la communauté. Les idées ont fusé de toutes parts, passant entre autres par l'aménagement d'un parc, d'un stationnement, d'un complexe multifonctionnel ou résidentiel, d'un gymnase ou d'un lieu dédié au skateboard.

Les propriétaires du bâtiment, qui se divise en deux adresses, le 5 et le 7, rue Pine, avaient l'an dernier tenté de s'entendre avec la Ville pour l'implantation d'une école d'horticulture, d'une autre consacrée aux arts contemporains et d'un marché public.         

La Ville tente depuis septembre 2014 de s'entendre avec eux pour mettre la main sur le site.

Puisque la démarche se retrouve devant les tribunaux, le maire de Sutton Louis Dandenault use de prudence dans ses commentaires. Il n'écarte toutefois aucun scénario.   

«Le Conseil a fait preuve de patience. Certaines des demandes [du groupe] étaient exagérées. Nous sommes toujours ouverts à trouver une solution, mais là, on veut avancer. C'est pourquoi nous avons déclenché la procédure d'expropriation au début de l'année.»

La vieille partie du bâtiment, dont la façade donne sur la rue Pine, serait également en piteux état vu de l'intérieur, témoigne le maire.

Chemin de fer

L'endroit représentait autrefois le noyau industriel de Sutton. Il est notamment bordé par le chemin de fer, ce qui limiterait les possibilités quant à la transformation en espace résidentiel. Pourrait-il y accueillir à nouveau une gare, au moment où flotte la possibilité d'une liaison ferroviaire entre Sherbrooke et Montréal?

«Ce pourrait être intéressant, mais on préfère y aller étape par étape, opine le maire Dandenault. Commençons par l'acheter et nous verrons ensuite ce qu'on peut y faire, peu importe le Conseil en place. La question du financement demeure aussi préoccupante, puisqu'on vient de rénover notre hôtel de ville.»

71 000 pi2

D'une superficie de 70 000 pieds carrés, l'immeuble du 5, rue Pine, et dont la partie arrière donne sur la rue Dépôt, est évalué à 49 100 $, peut-on lire dans le registre foncier de la Ville. Le bâtiment à lui seul table sur une évaluation de 35 000 $.  

L'immeuble situé au 5, rue Pine appartient à une fiducie du même nom. La partie adjacente, le 7, rue Pine, d'une superficie de 1100 pi2, est enregistré sous la fiducie de l'École du bois de l'Estrie et est évalué à 11 900 $.

Au moment d'écrire ces lignes, Journal Le Guide n'avait pu s'entretenir avec l'un des responsables.