La «belle alliance» d'une famille albertaine avec le Québec

Nouveau vignoble dans Brome-Missisquoi 


Publié le 14 juin 2017

La Route des vins de Brome-Missisquoi continue de s'enrichir, alors que point à l'horizon un 22e vignoble. La famille Dagenais forme La belle alliance, situé aux limites de Lac-Brome.

©TC Media - Ghyslain Forcier

TERROIR. Le caractère œnologique de Brome-Missisquoi continue de se renforcer. Le dernier vignoble en lice, La belle alliance, repose sur un véritable retour à la terre pour une famille albertaine venue s'installer au Québec en 2016.   

Situé sur le chemin de Fulford à Shefford, à quelques mètres des frontières délimitant Lac-Brome et Waterloo, La belle alliance est incarnée par le couple formé de Brock et de Carolyn Dagenais. Le vignoble tire son nom de la ferme belge où Napoléon élabora les plans menant à la célèbre bataille de Waterloo, en 1815.

Nous sommes des vignerons débutants, mais grâce à l'expertise de gens qualifiés et au bon équipement, je suis très fière du vin que nous produisons.

Carolyn Dagenais

Un irrépressible coup de cœur pour la propriété dénichée en ligne (et une visite éclair) les a convaincus de tout laisser derrière, Edmonton, la routine et les emplois, pour venir s'y installer avec leurs quatre enfants.    

«En Alberta, c'était très différent, j'étais dans le domaine des affaires. Dans notre ancienne vie marquée par le stress, nous rêvions d'une autre vie», raconte Brock Dagenais, dont le père est Français.  

«Nous cherchions quelque chose de nouveau, un endroit à la campagne. C'est un véritable coup du destin que d'être tombé sur cette propriété», renchérit Carolyn Dagenais.  

Après 18 mois de vie à la campagne, voilà que la famille de six se plaît dans son environnement, malgré les défis, la météo, les maladies, les insectes et les oiseaux qui s'en prennent aux plants, et surtout la patience, qu'impose la culture de la vigne. Le sentiment d'appartenance n'a pas tardé à s'installer.

«Le Québec, c'est un très bel endroit. Nous aimons les Cantons-de-l'Est, avec ses nombreux villages et ses producteurs qui mettent beaucoup d'énergie dans ce qu'ils font, comme en Europe. Nous espérons faire la même chose avec notre vin et nous voulons être en contact avec ces producteurs locaux.»  

25 000 vignes

Le vignoble compte dans ses réserves un rouge, L'Amour, et un blanc, Toujours. Les récoltes de cette année devraient permettre de lancer le rosé Entre nous dans quelques mois.    

Le vignoble La Belle alliance mise sur un bassin de 25 000 vignes.
TC Media - Ghyslain Forcier

La production annuelle du vignoble se chiffre à 17 tonnes de raisins, encadrée par neuf employés. Parmi les 25 000 vignes qui poussent dans les côtes ensoleillées de la propriété, on retrouve des cépages de Chardonnay, de St-Pépin, de Frontenac blanc, noir et gris, de Vidal et de Swenson white, pour ne nommer que ceux-là.    

La première cuvée, issue des vendanges de 2016, a vu 12 000 bouteilles être produites. Ce nombre est appelé à augmenter considérablement au terme de la prochaine récolte.

«Nous sommes des vignerons débutants, mais grâce à l'expertise de gens qualifiés et au bon équipement, je suis très fière du vin que nous produisons», souligne Carolyn Dagenais.

«Nous aimons faire les choses différemment, et c'est un domaine qui donne une certaine place aux expériences. Nous sommes des scientifiques dans le cœur. Aussi, je pense que les gens cherchent de plus en plus des produits aux racines locales», poursuit-elle.

Et le fait d'être le 22e vignoble à mûrir dans le coin? «Je n'y vois pas de compétition, bien au contraire, tous les autres vignobles sont nos amis. Ils ont toute mon admiration, la lutte ne se termine jamais. La marée montante soulève tous les bateaux», illustre M. Dagenais.        

La plantation de vignes se poursuit de plus belle, alors que 11 000 pousses auront été mises en terre au terme de la présente année, ce à quoi il faut ajouter les 3000 plantés l'an dernier.    

La petite famille embrasse également la culture francophone, malgré les nombreux écueils de la langue. «Nous espérons que nos enfants pourront apprendre le français plus facilement que nous», glisse Carolyn Dagenais, qui insiste justement pour répondre aux questions en français.

«Le bilinguisme ouvre les portes de l'esprit et du cœur», ajoute son mari Brock Dagenais.  

L'ouverture officielle du vignoble est prévue pour le 14 juillet prochain.