L’amiante: toujours d’actualité

Une chronique de l'Association pour la santé publique du Québec

Publié le 17 mars 2017

Une personne exposée à des fibres d’amiante peut développer des maladies pulmonaires chroniques, qui peuvent prendre quelques dizaines d’années avant d’apparaître.

©Erwin Wodicka - wodicka@aon.at

Vous rénovez ? Alors, sachez que dans certains mortiers, poudres à mouler, colles, enduits, mastics, mousses, pâte à joint, peintures, certains cartons, les cloisons, faux-plafonds, feuilles, feutres, filtres, panneaux se retrouvent, en quantité variable, des minéraux à texture fibreuse communément appelés amiante.

Il y a à peine un mois, je ne réalisais pas que l’amiante était encore et toujours un enjeu de santé publique au Québec. Pour moi, l’amiante avait disparu avec la fermeture de la dernière mine d’amiante, soit celle de Jeffrey d’Asbestos le 10 octobre 2012. C’est loin d’être le cas. De l’amiante au Québec, il y en a un peu partout : dans nos maisons, nos édifices publics, nos vêtements et même nos matelas.  

Risques pour la santé
Une personne exposée à des fibres d’amiante peut développer des maladies pulmonaires chroniques, qui peuvent prendre quelques dizaines d’années avant d’apparaître : on parle ici du mésothéliome (une forme rare de cancer qui touche l’enveloppe des poumons ou celle des organes situés dans l’abdomen), du cancer du poumon et de l’amiantose.

Les édifices construits entre 1930 et 1990 au Québec contiennent fort probablement de l’amiante. Si vous êtes propriétaires d’une maison construite à cette époque et souhaitez faire des rénovations, il serait préférable de vérifier toute présence d’amiante auprès d’un professionnel. À cet effet, je vous invite à consulter le portail santé mieux-être du gouvernement du Québec.

En décembre dernier, le gouvernement de Justin Trudeau annonçait qu’il interdirait d’ici 2018 la production, l’utilisation, l’importation et l’exportation des produits d’amiante. En 2015, le Canada a importé pour près de 270 millions de produits contenant de l’amiante et en a exporté pour 204 millions. Toujours en 2015, l’amiante demeurait la première cause de mortalité des travailleurs, actifs ou retraités. Ce taux est dix fois plus élevé au Québec qu’ailleurs dans le monde. Ce sont les travailleurs de la construction aujourd’hui qui sont les plus à risque.

Agissons en prévention

Le Québec pourrait s’inspirer du modèle de la Colombie-Britannique et diffuser une vaste campagne de prévention mettant en garde les citoyens contre la menace que constitue le fait d’être en contact avec de l’amiante.  En attendant, partagez sans retenue cette chronique afin d’informer votre entourage aux risques d’entreprendre des travaux à la maison et surtout aux précautions à prendre pour éviter d’entrer en contact avec de l’amiante. Mieux vaut prévenir !

En savoir plus:

Émilie Dansereau, chargée des dossiers Saines habitudes de vie à l'Association pour la santé publique du Québec

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