Marathon d'écriture à Sutton pour Amnistie internationale

Romy Quenneville-Girard romy.quenneville-girard@tc.tc
Publié le 11 décembre 2015
Barbara Muckle, bénévole, et Richard Leclerc, organisteur du marathon d'écriture qui se déroule en ce moment au Cafetier de Sutton.
Photo TC Media - Ghyslain Forcier

JUSTICE. Le restaurant le Cafetier à Sutton, lieu toujours bondé, est l'hôte d'un marathon d'écriture pour une troisième année consécutive en cette Journée internationale des droits humains.

Richard Leclerc, membre d'Amnistie internationale depuis plus de 30 ans, et Anne-Marie Courtemanche, sont derrière cette initiative suttonnaise qui prend fin à 18h.  

Le but est d'écrire à des victimes de violations de droits humains afin de leur redonner de l'espoir.

De Sutton, s'envoleront ainsi environ 200 lettres.

Ces victimes ont des noms. Elles s'appellent Albert Woodfox et Teodora del Carmen Vasquez. Elles viennent de l'Iran ou du Mexique. Elles ont été emprisonnées pour des injustices.

«Recevoir une centaine de lettres de cette façon en prison peut faire changer le cours des choses», assure l'organisateur.

Il indique qu'entre 2000 et 2014, sur 148 cas portés par Amnistie internationale, 97 ont été libérés ou ont vu une amélioration de leurs conditions de détention, soit 66% de réussite.

Cette année, douze cas ont été ciblés.

Amnistie Internationale espère envoyer plus de 45 000 cartes au total.  

À qui peut-on écrire ?

À Teodora del Carmen Vasquez

Une mère de famille du Mexique qui a été emprisonnée pour une fausse couche

La police a procédé à son arrestation alors qu'elle était étendue dans une mare de sang.

À Costas

Un homosexuel persécuté de la Grèce. En aout 2014,à Athènes, Costas et son compagnon ont été victimes d'une attaque homophobe et raciste.

À des adolescentes du Burkina Faso

Elles sont en danger. Ces jeunes femmes ont été mariées de force. Dans ce pays, près de la moitié des filles sont mariées avant l'âge de 18 ans.

À Fred Bauma et Yves Makwambala

De la République démocratique du Congo, les deux militants des droits humains ont été emprisonnés alors qu'ils participaient à une conférence de presse traitant des actions et des débats politiques pacifistes. Ils risquent la peine de mort s'ils sont déclarés coupables.

À Zunar

De la Malaisie, Zunar est un caricaturiste persécuté. Il risque une lourde peine de prison pour avoir envoyé des messages sur Twitter afin de dénoncer l'emprisonnement d'Anwar Ibrahim, un chef de file de l'opposition dans son pays.

À Mostafa Azizi

D'Iran, le cinéaste est condamné à huit ans de prison pour des accusations vagues et liées à la sécurité nationale parce qu'il aurait exercé son droit à la liberté d'expression.

À Saman Naseem

Le citoyen iranien est condamné à mort. Il a 17 ans. Il a été arrêté après une fusillade et au cours de laquelle un gardien de la révolution ait été tué. Le jeune homme a été torturé et incité à avouer un crime qu'il n'avait pas commis.

À Mahvash Sabet

D'Iran, l'enseignante a été emprisonnée pour ses croyances religieuses.

À Phyoe Phyoe Aung

L'étudiante du Myanmar a été emprisonnée après avoir participé à une manifestation pacifiste.

À Albert Woodfox

Le citoyen des États-Unis est emprisonné depuis 43 ans. Il a été incarcéré pour un crime qu'il dit ne pas avoir commis.

À Yecenia Armenta

Du Mexique, cette femme a été torturée et violée. Elle a été accusée d'avoir ordonné le meurtre de son mari. Un crime qu'elle affirme ne pas avoir commis. Elle a été torturée pendant 15 heures afin qu'elle passe aux aveux.

À Waleed Abu al-Khair

Cet avocat de l'Arabie saoudite a été condamné à 15 ans de prison pour avoir dénoncé les atteintes aux droits humains dans son pays.

Il représente son beau-frère, Raif Badawi, ce blogueur emprisonné et condamné à 1000 coups de fouet.