Arts Sutton : la plante dans tous ses états

Romy Quenneville-Girard romy.quenneville-girard@tc.tc
Publié le 30 septembre 2016

Florilegium, présentée à la galerie Arts Sutton jusqu'au 16 octobre.

©Gracieuseté - Jean Bussière

EXPOSITION. L'artiste multidisciplinaire Francine Potvin présente une exposition rétrospective à la galerie Arts Sutton jusqu'au 16 octobre. Par «Florilegium», elle propose un éloge à la plante sauvage, la source de toutes ses inspirations.

Francine Potvin est chargée de cours depuis 23 ans à l'Université de Concordia. La plante est au cœur de son œuvre.

Pour l'artiste, Florilegium «témoigne de la diversité incroyable de plantes qui poussent à proximité dans les Cantons-de-l’Est, qu’elles soient indigènes ou introduites, toujours adventices.»

Le titre de l'exposition s'inspire de mots latins. Flos signifie fleur et legere signifie cueillette. «La traduction littérale serait cueillette de fleurs ou encore une collection d’extraits d’un corpus d’œuvres plus large», indique l'artiste.

Florilegium rassemble donc de récentes et de plus anciennes œuvres. Certaines datent du début des années 2000, note l'artiste.  

Francine Potvin est membre de la Nature printing Society, organisme à but non-lucratif qui œuvre à l'éducation, à l'histoire et à la pratique de l'art de l'impression de la nature. Elle utilise deux techniques issues de la tradition de Nature Printing, soit la collagraphie et le cyanotype.

La technique de la collagraphie qui se décline en trois phases, la cueillette, la mise à plat et le séchage, s'apparente au travail d'un botaniste lorsqu'il créée une feuille d'herbier, précise l'enseignante. Une fois des trois étapes suivies, elle colle le spécimen de plante sur un carton. «Cela devient la matrice qui sera encrée et passée sous presse pour générer l’image sur papier», souligne-t-elle.
 
Cette technique lui permet d'exposer la plante dans ses moindres détails, explique-t-elle. «Cette technique, bien qu’assez exigeante, permet de reproduire avec minutie et exactitude tous les détails anatomiques des plantes.» Elle utilise d'ailleurs toutes sortes de spécimens, allant de graines, d'aigrettes, de fleurs et de racines.

D'ailleurs, l'œuvre intitulée Gingko Palimpseste qu'on retrouve à l'exposition est née de cette technique. Il s'agit d'une série de 21 collagraphies qui a été conçue sur une feuille de Ginkgo biloba. «Cet arbre fait partie de la plus ancienne espèce d’arbre vivant encore sur notre planète», mentionne Mme Potvin.

Puis, Francine Potvin présente deux nouvelles œuvres créées par la technique de cyanotype. Pour La vie secrète des plantes et Fougères, elle a utilisé des plantes qui poussaient près de sa maison.