Granbyenne sauvée des flammes par deux policiers

Victime d’une sortie de route à Saint-Jean-sur-Richelieu, la Granbyenne Audrey Desmarais a été sauvée in extremis de son véhicule en flammes par Sylvain Richard et Nadine Lefebvre, deux agents de la Sûreté du Québec, la semaine dernière. Sans leur intervention héroïque, la jeune femme de 22 ans ne serait pas en vie.

 

Le 21 mars dernier, Audrey Desmarais a été impliquée dans deux accidents en l’espace d’une heure.

 

À l’entrée de l’autoroute 720 à Montréal, le véhicule de la jeune conductrice s’est retrouvé coincé entre deux voitures et sous l’impact, le mécanisme de son banc s’est abîmé, la propulsant sur le dos. Elle a mal au cou et l’ambulancier l’invite à consulter si la douleur persiste. Après la rédaction d’un constat à l’amiable, elle reprend la route.

 

Une demi-heure plus tard, la Granbyenne prend la décision de s’arrêter au commerce situé à l’angle des autoroutes 35 et 10. «Je commençais à être étourdie, c’était peut-être juste le stress. Du moment où j’ai pris la décision, je n’ai aucun souvenir», a-t-elle confié à l’Express.

Inconsciente, Audrey Desmarais a emprunté la bretelle pour accéder à l’autoroute 35 Sud et a poursuivi son chemin jusqu’à ce qu’elle prenne le fossé, à quelques pieds de la pancarte annonçant le chemin Saint-André, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

 

Un appel de routine
Dépêchés sur les lieux, les policiers pensaient répondre à un appel de routine, une sortie de route. «L’appel initial disait que la personne était sortie du véhicule, mais on avait affaire à une personne inconsciente dans la voiture», a expliqué l’agente Nadine Lefebvre.

 

«On ne pouvait pas rentrer dans le véhicule parce que les portes étaient barrées. L’accélérateur était dans le tapis et la roue avant gauche tournait dans l’eau et la gravelle. C’était impossible pour nous d’intervenir de ce côté-là», se souvient l’agent Sylvain Richard.

 

Lorsque le policier est allé voir sur le côté droit, le moteur s’est soudainement arrêté et le feu a pris naissance. «Ma partenaire est remontée pour aller chercher l’extincteur dans l’autopatrouille», ajoute le policier. À l’aide de son bâton télescopique, il a cassé la vitre arrière droite pour ne pas blesser la victime. «J’ai essayé de la réveiller, mais ça ne fonctionnait pas.»

 

Pendant ce temps, Nadine Lefebvre tente de contenir le brasier avec l’extincteur. «Il a étouffé un peu, mais le feu s’est embrasé. C’est là que j’ai dit à Sylvain de péter la fenêtre du côté conducteur. Il fallait la sortir», a confié la policière.

 

«La fenêtre a été dure à casser, ça m’a pris sept à dix coups. Quand elle s’est cassée, elle (conductrice) s’est réveillée», dit-il. À ce moment, une fumée noire et dense s’échappe de la voiture et le feu traverse le tableau de bord. «J’ai coupé sa ceinture avec mon couteau et je l’ai sortie», se souvient le policier.

 

Au moment où l’agent Richard a fracassé sa fenêtre, Audrey Desmarais se souvient d’avoir repris contact avec la réalité. «Je ne voyais rien, il y avait trop de fumée. J’étais décalée. Je criais, mais j’avais l’impression d’être calme. Le feeling que j’avais à ce moment-là, c’est que je pensais que je me faisais enterrer vivante, mais lorsqu’il m’a tiré, je suis tombée dans l’eau et ça m’a réveillé drette-là

 

Un travail d’équipe
Lui-même incommodé par la fumée, Sylvain Richard a confié la victime à sa partenaire qui a pris le relais pour remonter du profond fossé. «Il y avait beaucoup d’eau, beaucoup de bouette dans le fossé et je sentais le feu me chauffer les jambes. Je ne sais pas comment, mais j’ai réussi à la monter jusqu’à la moitié du fossé. J’étais exténuée et un citoyen m’a aidé pour le reste de la montée», ajoute l’agente Lefebvre.

 

Audrey Desmarais et Sylvain Richard, tous deux incommodés par la fumée, ont pris la direction de l’hôpital du Haut-Richelieu. Pour sa part, la conductrice a aussi subi une entorse cervicale, des égratignures et une partie de ses cheveux ont fondu sous la chaleur. Le policier a été blessé à une main.

 

En état de choc au moment de l’accident, Audrey Desmarais ne se souvient pas de l’agent Richard, mais elle a hâte de le rencontrer. Ce sentiment est partagé par les deux policiers. «Je veux la rencontrer. Tu vis ça une fois, c’est impossible à oublier», dit Sylvain Richard. «J’ai hâte de la voir, mais je vais laisser le temps passer, lorsqu’elle sera être prête», indique Nadine Lefebvre.

 

De son côté, Audrey tente de réaliser ce qui s’est passé. «Je ne vois pas ça gros, je ne réalise pas l’ampleur. J’ai le malaise en moi. Je prends un jour à la fois. Et j’ai besoin de transformer cet événement en quelque chose de positif», dit-elle. Consciente de sa deuxième chance, la Granbyenne s’est inscrite au Défi têtes rasées de Leucan. «C’est un geste symbolique. On boucle la boucle.»


 

 

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