Les démissions de 13 élus coûteront près de 100 000$

Au cours des derniers mois, pas moins de 13 conseillers municipaux ont claqué la porte dans neuf municipalités de la région. Ces démissions en série en plein mandat ont des conséquences financières sur les administrations municipales. Une compilation effectuée par l’Express révèle que les élections partielles pour combler les chaises vides coûteront près de 100 000$.

 

Dans la municipalité du Canton de Shefford, où des élections partielles ont été tenues le 30 octobre dernier à la suite du départ de Sandra Huard, la facture finale du scrutin s’élève à 23 467$. La directrice générale, Sylvie Gougeon, précise que 32 personnes ont été engagées pour le vote par anticipation et le jour du scrutin. Malgré une démission en 2011, la municipalité n’a pas prévu un poste budgétaire particulier en cas de départ.

 

«En temps normal, lorsque ça arrive, on pige dans les surplus ou on réaffecte de l’argent», dit-elle.

 

À Saint-Paul-d’Abbotsford, le directeur général Daniel-Éric St-Onge observe que l’élection partielle organisée à la suite du départ de Jean-Philippe Bourgeois, à l’automne dernier, a coûté environ 12 000$ et a employé 22 personnes. Du côté de Saint-Pie, la démission de Mario St-Pierre a coûté 8 688,44$ aux contribuables.

 

Une estimation
À Frelighsburg, Bromont, Farnham, Saint-Césaire, Pike River et Bedford, il est impossible de statuer le coût exact des partielles puisqu’elles sont actuellement organisées. Les administrations municipales sont toutefois capables d’évaluer les dépenses, notamment en comparant le coût d’élections partielles antérieures.

 

À Bromont, le scrutin partiel qui eut lieu en 2010, dans le district #1, a coûté 14 702$. La démission fracassante de la conseillère Marie-Claude Cabana au début du mois de janvier forcera les élus à piger une somme dans les surplus accumulés puisqu’aucun poste budgétaire n’est prévu au budget 2012.

 

Du côté de Bedford, le conseil municipal a accepté la démission d’Alain Lacoste, le 10 janvier dernier. Roxanne Brault, adjointe administrative à la Ville de Bedford, précise qu’une somme de 15 000$ a été réservée pour le prochain scrutin où toute la population sera appelée à voter.

 

Dix milles dollars. C’est ce que prévoit dépenser la Ville de Farnham lors de l’élection du 19 février prochain. «Daniel Lamoureux a démissionné en novembre dernier. Lorsque le budget a été fait, les élus ont réservé ce montant dans le budget de 2012», précise Marielle Benoit, la greffière.

 

Sonia Côté, la DG de Pike River, prévoit, pour sa part, que les partielles organisées pour remplacer deux conseillers démissionnaires coûteront 6 000$. «Je budgète toujours ce montant dans mon budget. Ça peut être un départ, un décès, on ne sait jamais», dit-elle.

 

À Frelighsburg, où le maire Rolland Lemaire et la conseillère Lucie Trudel ont respectivement remis leur démission en décembre et en novembre derniers, il est impossible de connaître le coût d’une partielle puisque la directrice générale et responsable du dossier des élections, Anne Pouleur, est en congé de maladie. Soulignons que deux autres conseillers de Frelighsburg, Eden Muir et Marc-André Roy, ont remis leur démission en 2011.

 

Enfin, la Ville de Saint-Césaire, qui doit organiser une partielle à la suite de la démission du maire Serge Gendron, ne peut estimer les dépenses électorales. La greffière Isabelle François et la trésorière Micheline Quilès sont en vacances.

 

«C’est beaucoup»
Même si le Directeur général des élections (DGE) du Québec ne tient pas de statistiques relativement aux démissions dans les conseils municipaux, le porte-parole Denis Dion avoue que les départs sont nombreux dans la région. «C’est beaucoup», dit-il.

 

Tâche ingrate, faible rémunération et importante charge de travail. Le
professeur titulaire spécialisé en politique municipale à l’École nationale d’administration publique (ENAP), Serge Belley, précise que les démissions ont toujours été présentes dans la vie municipale, mais qu’il s’agit du cas par cas. «La raison de la surcharge de travail, c’est quelque chose que les élus se rendent compte. Ils avaient sous-estimé la charge. Ça peut aussi être lié à la très faible rémunération. Dans les petites villes, si on considère la rémunération versus la charge de travail, c’est presque du bénévolat», explique-t-il. L’universitaire parle aussi des inconvénients reliés à ces fonctions. «Aujourd’hui, représenter politiquement la population, c’est très ingrat comme tâche. Heureusement, ce n’est pas extrêmement fréquent, mais il arrive dans la vie d’une municipalité que des élus démissionnent pour différentes raisons.»

 

Interrogé sur les coûts des partielles, M. Belley croit qu’il s’agit d’un mal nécessaire. «C’est sûr qu’il y a des coûts, mais c’est la démocratie locale. Il faut des représentants élus. On ne pas laisser des sièges vacants. Il faut accepter ça.»

 

Primes de départ?
Dans certaines municipalités, les élus démissionnaires touchent une prime de départ. C’est notamment le cas à Bromont. «La prime de départ qui a été versée à Mme Cabana s’élève à 905,20$ conformément à la Loi sur le traitement des élus municipaux», dit Catherine Page, responsable des communications à Bromont.

 

À Farnham, la trésorière France Landry mentionne que M. Lamoureux n’a pas reçu de montant forfaitaire. «C’est applicable au maire», dit-elle.

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