Un an après les inondations, Venise-en-Québec se relève

Des vagues hautes d’un mètre, des rafales de vent atteignant les 80 km/h, des rues et des routes submergées et des sous-sols inondés. À pareille date l’an dernier, le lac Champlain en faisait voir de toutes les couleurs aux citoyens et commerçants de Venise-en-Québec. Un an après les inondations historiques, les terrains ont été retourbés, les chemins ont été refaits, les clôtures ont été réparées et Venise-en-Québec se relève tranquillement. Les commerçants, dont certains ont investi des centaines de milliers de dollars, doivent encore procéder à des travaux. Tous sont cependant prêts à recevoir leurs clients pour la saison touristique qui s’amorce.

 

Au Domaine Florent, qui a pignon sur la 23e avenue à Venise-en-Québec, André Florent, l’un des propriétaires du camping, évalue les pertes causées par les inondations à près d’un million de dollars. «Nous avons deux kilomètres de terrain complètement situé sur le bord du lac Champlain», explique-t-il.

 

Déjà, la somme de 200 000$ a été investie, notamment pour tourber une partie du terrain qui était couverte d’une épaisse couche de limon. «En plus des réparations, on a les pertes des gens qui sont partis. Ça va prendre entre huit et dix avant de reprendre notre vitesse de croisière», estime l’homme.

 

À ce temps-ci de la saison, la totalité des 180 terrains ont habituellement trouvé preneur. Cette année, une quarantaine sont toujours vacants. «Avant, c’était plein. On avait même une liste d’attente», ajoute M. Florent.

 

Parmi les campeurs qui ont été touchés par les inondations, une dizaine seulement ont racheté une nouvelle roulotte et sont revenus au camping. Ils ont cependant pris certaines mesures avant l’arrivée de l’hiver. «Quelques-uns ont soulevé leur roulotte avec des blocs de béton. On a des roulottes à talons haut, rigole le propriétaire au bout du fil. On a toujours une épée de Damoclès sur la tête. On ne sait pas quand et comment ça peut survenir de nouveau.»

 

Depuis le début de la semaine, les travaux pour remettre le camping en état ont recommencé. «On va continuer à réparer les terrains.» L’an dernier, la moitié d’entre eux ont pu être tourbés. L’entreprise a pu aussi compter sur un groupe de 500 bénévoles pour entreprendre le ménage des lieux. Pas moins de 90 conteneurs ont été nécessaires pour évacuer les tonnes de déchets accumulés.

 

500 000$ au camping Kirkland
Les commerçants situés sur l’avenue de Venise Est n’ont pas été épargnés par la crue des eaux. Au camping Kirkland, les propriétaires ont encore des corvées à effectuer.

 

«Il y avait de la boue à la grandeur. Il n’y avait plus de chemin, plus de gazon. Les arbustes ont tous été noyés. L’an dernier, on s’est concentré sur les terrains des campeurs saisonniers et des voyageurs. Il reste encore les arbustes et les clôtures à refaire, mais les infrastructures pour accueillir les gens sont faites», explique la copropriétaire, Christa Baertschi.

 

Seulement pour la réfection des infrastructures du camping, 265 000$ ont été engloutis. Avec la perte des locations de terrain et les salaires, la facture totale s’élève aisément à 500 000$, une somme directement prélevée du fonds de pension des propriétaires. Mais Mme Baertschi voit l’arrivée de la saison estivale d’un bon œil. «Ça regarde très bien. Le téléphone sonne beaucoup. Près de 80% de nos clients ont acheté une nouvelle roulotte. On repart en neuf avec un gros trou dans le budget.»

 

Le propriétaire du restaurant St-Vincent, également situé sur l’avenue de Venise Est, a vu le sous-sol de l’établissement se remplir de deux pieds d’eau l’an dernier, le forçant à fermer quelque temps ses portes. Le bar est cependant demeuré ouvert. «En avant, les gens passaient en kayak et en canot. Il y avait de l’eau jusqu’à la première marche de la terrasse, mais à l’arrière, on a ouvert un passage dans la haie afin d’être accessible via le stationnement», se souvient Sylvain Gaudreault.

 

Compresseurs, système à bière, congélateurs et chambre froide ont, entre autres, dû être remplacés, une facture d’une quinzaine de milliers de dollars.

 

Si les touristes se font encore rares, M. Gaudreault est convaincu que la saison qui s’amorce sera mieux que la dernière. «Ce n’est pas revenu comme avant, mais ça semble vouloir reprendre tranquillement. La température fait toute la différence. Comparé à l’an passé, ça va être beaucoup mieux. Au moins, le monde n’a pas boycotté Venise.»

 

Le restaurateur trouve également le moyen de voir du positif dans les inondations. «Les gens repartent du bon pied. Venise est plus beau que c’était. Des rénovations qui auraient peut-être pris six ou sept ans à faire ont été faites par obligation.»

 

Une saison tardive
À quelques mètres plus au sud du restaurant St-Vincent, la saison de golf s’annonce très prometteuse. «L’an passé, ç’a été très ordinaire. Cette année, on a connu un début hâtif, ça va très bien, explique le directeur général du Club de golf baie Missisquoi, Pierre-Luc Paquette. C’est le jour et la nuit comparé à l’an passé.»

 

Même si le terrain de golf a été épargné par les inondations, les amateurs de la petite balle blanche se sont faits discrets. «Le plus choquant l’an dernier, c’est que le terrain était très beau, mais les gens pensaient que Venise-en-Québec était inondée.» Dès le retrait des eaux, les golfeurs sont réapparus sur les verts. Bon an, mal an, entre 25 000 et 30 000 rondes de golf se jouent au Club de golf Missisquoi. En 2011, une vingtaine de milliers de départs ont été enregistrés.

 

Une relance?
Pour Jacques Landry, le maire de Venise-en-Québec, la relance a eu lieu l’an dernier, notamment avec la corvée de nettoyage et la campagne de publicité nationale sur Venise-en-Québec.

 

«Tout a été nettoyé à temps. À partir du 15 juillet, c’est comme si rien ne s’était passé au parc Jamieson et au quai», dit-il. Le maire, qui rappelle que seuls 25% du territoire de Venise a été inondé, encense ses citoyens pour le travail qui a été fait. «Ils ont été exceptionnels avant, pendant et après. Ils ont retroussé leurs manches.»

 

Si bien que les activités récréotouristiques doivent reprendre dans les prochaines semaines, à commencer par la journée cycliste du lac Champlain, le 9 juin.

 

La municipalité a tout de même appris de ces événements. Un comité de sécurité civile a été formé, un plan d’urgence est en élaboration et une équipe de premiers répondants verra le jour ce vendredi. «Lorsqu’il n’y a pas de malheur qui survient, on met ces choses-là de côté. On ne veut pas que ça se reproduise, mais si un prochain événement arrive, on va être prêt.»

 

Un an après les inondations, ce terrain et cette résidence abandonnée n’ont toujours pas trouvé d’acheteurs. L’écorce manquante sur l’arbre et les débris au sol témoignent, un an plus tard, de l’importance des inondations.

Les traces des inondations ne sont plus visibles au Parc Jamieson depuis la mi-juillet 2011.

 

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