Une pétition pour éviter d’autres décès tragiques comme Vincent Roy

Signe que le souvenir du décès du policier Vincent Roy est encore bien présent dans l’esprit des gens, plus de 3 000 personnes ont signé une pétition électronique sur le site Web de l’Assemblée nationale réclamant du gouvernement l’instauration d’une «Move over law», afin d’éviter d’autres tragédies du genre.

 

Interpellé par la mort tragique du policier Roy, le paramédic Patrick Dufresne, un citoyen de Chambly, a entrepris des démarches auprès du député Bertrand St-Arnaud afin d’y déposer cette pétition inspirée d’une résolution adoptée par les élus de Bromont au début du mois de mars.

 

Déjà grandement présente en Amérique du Nord, la «Move over law» oblige les automobilistes à changer de voie ou à réduire leur vitesse lorsqu’ils croisent un véhicule d’urgence immobilisé sur l’accotement. Cette mesure a pour objectif de minimiser les risques de collision.

 

«Dans le cadre de mon travail, ma vie pourrait être en danger. Les gens passent très près et très rapidement», explique Patrick Dufresne qui a déjà dû interpeller des automobilistes qui roulaient trop vite à proximité de l’une de ses interventions.

 

Ambulancier depuis huit ans, Patrick Dufresne a été témoin plus d’une fois de situations dangereuses. En 2005, sur l’autoroute 30, à proximité de la montée des Promenades à Saint-Bruno, le paramédic transportait un patient en transfert lorsqu’il a été témoin d’une scène qu’il est loin d’oublier. «Un policier de la Sûreté du Québec qui venait de terminer une interception a été happé par un poids lourd. On a arrêté pour le secourir, il était inconscient en bordure de l’autoroute», raconte l’homme.

 

Dès ce moment, il commence à s’intéresser à ce que fait l’Ontario avec sa «Move over law». Les événements du 1er décembre dernier qui ont mené à la mort de Vincent Roy ont ravivé son esprit. «C’est le bon moment pour lancer la pétition, dit-il. C’est illogique que l’on ne l’ait pas ici.» La pétition a été mise en ligne le 23 mars dernier.

 

Effet curiosité
L’ambulancier qui travaille maintenant à Montréal croit que le facteur «curiosité» a une grande incidence sur les comportements dangereux des conducteurs. «La plupart du temps, c’est la curiosité. Quand la personne roule dans la voie d’à côté, cela lui laisse une marge de manœuvre minime. Je vois souvent que les gens s’en vont vers où ils regardent. On nous apprend ça dans nos cours de conduite de véhicule d’urgence.»

 

Croit-il que la «Move over law» sera respectée par les automobilistes? «Malheureusement, la loi sur le cellulaire au volant n’est pas respectée. Mais lorsque les gens voient les policiers, ils respectent la loi. Durant nos interventions, la police est là. Les gens ont peur des amendes alors ça va les forcer à la respecter», pense-t-il.

 

Le paramédic ne cache pas que certains automobilistes sont déjà sensibilisés. «Déjà, je vois des gens qui se tassent. Je dirais qu’ils représentent environ 10% des conducteurs, ce n’est nettement pas suffisant.»

 

Une loi logique
Patrick Dufresne ne s’est pas donné d’objectif quant au nombre de signataires qu’il souhaite rassembler, mais le plus sera le mieux. «En plus de la version électronique, il y a des copies papier qui circulent. Je continue la mobilisation.» Associations de policiers, de pompiers, de contrôleurs routiers et de remorqueurs ont entre autres été approchées.

 

Les citoyens ont jusqu’au 28 mai prochain pour signer la pétition. Après quoi, elle sera déposée tout juste avant la fin de l’actuelle session parlementaire.

 

Patrick Dufresne est optimiste quant à la décision du gouvernement. «Je ne vois pas pourquoi le gouvernement dirait non à une loi qui existe partout en Amérique du Nord à l’exception de deux provinces au Canada et de deux états américains. C’est une loi logique, j’ai de bonnes espérances», conclut-il.

 

Rappelons que le 1er décembre 2011, le policier Vincent Roy, à l’emploi du Service de police de Bromont depuis le mois d’août précédent, a été happé par un camion cube sur la route 139, entre les chemins Magenta et Grégoire.

 

 

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