Bedford dans la mire pour la relocalisation de l’Hippodrome de Québec

À quelques mois de la fermeture de l’Hippodrome de Québec, le Club Jockey du Québec (CJQ) est à la recherche d’un nouvel emplacement pour les courses de chevaux sous harnais et Bedford est dans sa mire, a appris l’Avenir & des Rivières.

 

«Étant donné que la piste de l’Hippodrome n’est disponible qu’au printemps, nous évaluons différentes options concernant l’utilisation d’une autre piste de courses en 2012 et pour les années subséquentes. Nous comprenons que ce n’est pas l’idéal de courir au cours de la période hivernale et tous les efforts sont déployés afin de trouver une alternative mieux adaptée à l’industrie. De sérieuses solutions de remplacement sont présentement à l’étude et permettraient de nous établir sur un site de façon permanente et ainsi mieux consolider nos opérations pour le bien de l’industrie», indique le directeur général du CJQ, Vincent Trudel sur le site Web de l’organisation.

 

Selon des informations obtenues par L’Avenir & Des Rivières, le président du Club Jockey du Québec, Tony Infilise, a rencontré les deux groupes de promoteurs en lice à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Le conseil d’administration du CJQ étudie présentement les offres sur la table et pourrait être en mesure de rendre une décision vers la mi-avril. Le CJQ a deux sites dans sa mire: Bedford et Trois-Rivières.

 

«Nous avons eu cinq ou six séances de travail avec les gens du Jockey Club du Québec. Le président et la directrice générale de la Société d’agriculture de Missisquoi (SAM) ont également participé aux discussions. Il en va de même avec Michel St-Louis, un homme de chevaux bien connu dans la région», confirme le maire de Bedford, Claude Dubois.

 

Forces et faiblesses
Le président de l’Association du trot et amble du Québec, Marc Camirand, laisse entendre que les sites de Bedford et Trois-Rivières ont chacun leurs mérites.

 

Ce dernier souligne que Bedford est située à proximité de Montréal (à 80 km), là où l’on retrouve la plus forte concentration des gens de l’industrie.
«Un hippodrome à Bedford, ce serait parfait pour les gens de Marieville, Saint-Hyacinthe, Vaudreuil, Sherbrooke, Plessisville et Drummondville. Ce serait évidemment moins intéressant pour les gens de Québec. Pour les gens de la Rive-Nord de Montréal, ça ne changerait pas grand-chose, ces derniers ayant déjà pris l’habitude d’aller à Rideau-Carleton», analyse le président de l’Association.

 

Ce dernier estime également que Bedford se démarque par son caractère champêtre et son aspect convivial. Rien à voir avec les grands centres comme Montréal ou Québec.

 

«Les gens de Bedford connaissent le milieu des courses et sont intéressés à présenter des programmes sur une base régulière. Comme on n’y retrouve pas une grande panoplie d’activités, la population est également partante et adore ce type de compétitions», ajoute-t-il.

 

Autre particularité, le terrain de l’exposition agricole de Bedford appartient à la SAM, un organisme sans but lucratif, qui semble tout disposé à faciliter la tâche au CJQ. Les infrastructures sont toutefois inadéquates et devraient être mises aux normes.

 

Selon le président de l’Association du trot et amble du Québec, Trois-Rivières possède déjà un hippodrome professionnel. Cette localité est située à proximité des grands axes routiers, mais se trouve tout de même à 140 km de Montréal.

 

«La question est de savoir si l’industrie a les moyens de payer davantage», indique M. Camirand.

 

Par ailleurs, le CJQ ne serait pas la seule organisation à s’intéresser à l’Hippodrome de Trois-Rivières, selon nos informations. D’autres compétiteurs auraient également un œil sur le site.

 

Retombées importantes
Le président de la SAM, Mario Paquette, laisse entendre que son organisme entend demeurer propriétaire du site, quoi qu’il advienne, mais est disposé à louer le terrain au Club Jockey du Québec, qui aurait à assumer une bonne partie du coût des nouvelles installations.

 

«La fondation de la piste est en bon état, mais il faudrait élargir l’anneau de 25 ou 30 pieds afin de pouvoir accueillir six chevaux à la fois. Plusieurs bâtiments du terrain d’exposition devraient également être relocalisés. Le site de l’Expo agricole de Bedford changerait du tout au tout. Il y en a certainement pour 1M $, 1,2M $ (d’investissements)», indique M.Paquette.

 

Marc Camirand abonde dans le même sens. «Il faudrait également ajouter un paddock, une section pour les juges, un système de photo-finish et des clôtures pour protéger le public», précise-t-il.

 

Le nouvel hippodrome pourrait présenter de 10 à 20 courses professionnelles à l’été 2012 et de 40 à 50 courses l’année suivante. La présence d’un hippodrome permettrait d’attirer entre 50 000 et 60 000 visiteurs par année et entraînerait la création d’une trentaine d’emplois pour toute la durée de la saison estivale.

 

«On est conscient de l’impact économique que ça peut représenter. Voilà pourquoi on met beaucoup d’énergie pour tenter de convaincre le Jockey Club du Québec de s’établir chez nous», poursuit M.Paquette.
Le maire de Bedford partage cet avis. «Si le projet se concrétise, les restos, les commerçants vont tous en profiter. Ça pourrait même signifier la construction d’écuries et l’implantation de nouveaux éleveurs dans la région. Et, ces gens-là auront besoin d’une maison», se plaît à rêver le maire Dubois.

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