Policier Roy: la CSST publie son rapport

Deux causes sont identifiées par la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) pour expliquer la mort tragique du policier Vincent Roy, tué lors d’une interception de routine sur la route 139 à Bromont, le 1er décembre dernier.

Le policier Roy a procédé à l’interception d’un véhicule qui avait effectué un dépassement illégal en direction Nord sur la route 139, à 11h23, le 1er décembre. C’est en retournant à son véhicule, avec les documents de la conductrice en main, que Vincent Roy a été happé mortellement.

Dans son rapport de 45 pages, la CSST explique que la conductrice du camion cube impliquée dans l’accident circulait en direction Nord sur la 139, lorsqu’elle a aperçu le véhicule patrouille du policier Roy, gyrophares en fonction, immobilisé en bordure de la route. À ce moment, les yeux de la camionneuse quittent la route pour consulter l’indicateur de vitesse. Elle roulait alors 85 km/h.

En remontant ses yeux pour s’assurer qu’une distance sécuritaire la séparait du véhicule qui la précédait, la dame s’aperçoit qu’un camion semi-remorque, arrivant à contre-sens, circule près de la ligne médiane de la route. «Elle tente alors d’éviter que les rétroviseurs des deux véhicules ne se touchent et dévie vers la bordure droite de la route. Durant cette manœuvre, la caisse du camion de livraison entre en contact avec le véhicule de police sur une partie de sa longueur. L’aile avant et le rétroviseur droits du camion heurtent le policier au passage», écrivent les deux inspecteurs de la CSST affectés à ce dossier.

La méthode d’interception des véhicules routiers est l’autre cause montrée du doigt par l’organisme gouvernemental. Même si le policier positionne correctement son véhicule patrouille derrière la voiture interceptée, le policier doit quitter le corridor de sécurité pour entrer et sortir de son véhicule.

Pas de blâme

Du côté du Service de police de Bromont, le directeur Jean Bourgeois est satisfait des conclusions de la CSST. «Le Service, l’employeur, n’a pas de blâme. On s’est fait dire que c’était rare qu’il n’y ait pas de constat d’infraction émis. Ça démontre que le travail avait été fait de notre côté», dit-il.

Les circonstances entourant le décès du policier Roy ont cependant amené le Service de police à faire de la sensibilisation auprès de ses policiers. «Ce genre d’intervention, les policiers en font des dizaines par jour. Ça peut devenir routinier. L’attention peut être moins grande. On sensibilise notre personnel de rester à l’affût», explique Jean Bourgeois en ajoutant qu’il est difficile de prévenir l’imprévisible.

D’ailleurs, la CSST rapporte dans son rapport que l’«interception routière telle qu’effectuée par [le policier Roy] est considérée comme étant à risque faible. […] Ce type d’intervention ne laisse présager aucun danger imminent.»

Dans la section «recommandations», la CSST précise qu’elle «informera le ministère des Transports et le ministère de la Sécurité publique du Québec des conclusions de l’enquête. De plus, la CSSST a déjà informé l’École nationale de police du Québec de la situation et lui transmettra les conclusions de cette enquête.»

Move Over Law

L’adoption récente de la loi du «Move Over» va également amoindrir ce type de situation croit Jean Bourgeois. «Les automobilistes devront changer de voie ou diminuer leur vitesse. Dans le cas où il y aurait une collision, la gravité serait assurément moins grande. Tout accident peut être évitable, mais dans les circonstances, dans sa tête, je ne pense pas que Vincent ait pensé que la conductrice aurait dévié.»

Le directeur du Service de police de Bromont souhaite travailler avec la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) afin de mettre en place une campagne de sensibilisation auprès des citoyens afin de démontrer aux gens ce qu’il faut faire à l’approche d’un véhicule d’intervention arrêté en bordure de la route. «La première étape, c’est de s’assurer que la Loi est connue et que les gens savent quoi faire. Ensuite, j’ai très bon espoir que ça améliore la sécurité», conclut-il.

 

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