Le baptême: une question de choix pour les familles

Par Josiane Noiseux
Le baptême: une question de choix pour les familles
Marie-Ève Gratton et son conjoint ont décidé de ne pas faire baptiser leur petit Jacob.

À une certaine époque au Québec, le baptême a fait partie des célébrations soulignant les nouvelles naissances. Même si ce sacrement a perdu de son sens auprès de certaines jeunes familles, d’autres le célèbrent encore par respect des traditions. En 2013, le baptême est-il commémoré par intérêts religieux ou pour plaire à l’environnement familial? Un sujet délicat à aborder même de nos jours.

Alors que nos églises se vident, des familles se font encore un devoir de perpétuer les traditions catholiques comme le baptême afin de marquer la naissance d’un enfant. Mais la dimension spirituelle de la célébration et son sens symbolique n’ont toutefois plus la même signification d’antan pour certains parents.

«Étant catholiques non pratiquants, nous avons pris la décision de faire baptiser nos enfants par principe. Oui, nous l’admettons. Nous croyons fermement que peu importe ta croyance, il est important d’en avoir une. Ils auront toujours le droit de changer de religion, de croire à ce que bon leur semblera. En autant qu’ils croient en quelque chose et qu’ils ont un point de repère, c’est ce qui nous importe d’abord et avant tout», explique Marie-Andrée Yelle, résidente de Cowansville.

Le processus de préparation aux sacrements religieux rencontre une nouvelle réalité qui s’avère être, souvent, une problématique: le train-train quotidien des jeunes familles d’aujourd’hui. Après les journées à l’école, les après-midi à la garderie, les devoirs et les loisirs, il reste très peu de temps à consacrer à la religion aux dires de Mme Yelle.

«Ce qui est triste des baptêmes et des autres sacrements de l’Église, c’est la complexité du cheminement. Ayant retiré la religion de nos écoles, ce sont des processus qui doivent se faire, soit les soirs ou les week-ends. Bien souvent, la présence des deux parents est requise, pour le baptême, entre autres. Pour les autres sacrements, je sais que les heures exigées sont assez nombreuses et selon moi, ce n’est malheureusement pas une priorité dans nos horaires familiaux alors ça amène encore plus au «décrochage», ajoute Mme Yelle.

 

Les convictions d’une famille

Le baptême semble être un dossier parfois brûlant pour certains couples. Sous le couvert de l’anonymat, des parents ont avoué au JournalLeGuide.com avoir fait baptiser leurs enfants par obligation. Un choix bien souvent dicté par les valeurs des grands-parents «pratiquants», et ce, même si les parents de l’enfant n’ont aucun intérêt spirituel.

Or, de nombreuses familles décident de n’imposer aucun sacrement à leurs nouveau-nés. «Je ne suis pas pratiquante, ni croyante, même si je suis moi-même baptisée. Je ne vois donc pas l’intérêt de faire baptiser mon garçon. Beaucoup d’amis l’ont fait pour faire plaisir à leurs parents ou pour permettre à leurs enfants de se marier dans une église. Pour moi, ces raisons ne sont pas valables», confie Marie-Ève Gratton, résidente de Granby.

La jeune mère n’est pas contre les religions, mais plutôt en faveur de laisser son fils prendre ses propres décisions selon son jugement. «On n’est pas obligé de baptiser son enfant à 6 mois. Si à 15 ans, Jacob (son fils) a une révélation et décide de se faire baptiser, je vais respecter son choix et il le fera par lui-même, selon les étapes», soutient la Granbyenne.  

Lisez aussi: Encore populaire le baptême

Partager cet article
Subscribe
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments