Trop de conteneurs à vêtements à Cowansville?

Par Josiane Noiseux
Trop de conteneurs à vêtements à Cowansville?

Madeleine Thériault trouve regrettable que de moins en moins de gens déposent leurs vêtements usagés dans le bac qui se trouve près de l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus

Les conteneurs de récupération de vêtements poussent comme des champignons à Cowansville depuis plus d’un an. La multiplication des bacs aux quatre coins de la Ville ne fait toutefois pas que des heureux. Le comptoir d’articles usagés des Filles d’Isabelle a vu ses ventes chuter de 50% seulement pour le mois de janvier. Du jamais vu.

Lorsque vous faites un don de vêtements usagés dans un conteneur prévu à cet effet, savez-vous à quelle cause vous donner? Généralement, les dons de vêtements, chaussures, literie, sacs, accessoires et articles de sport sont acceptés dans ces énormes caissons d’acier.

Or, les bénévoles des Filles d’Isabelle ont constaté une importante diminution des ventes de vêtements notamment depuis quelques mois. Cette baisse serait attribuable à la récente arrivée de bacs de dons de vêtements gérés par des organismes de l’extérieur de Cowansville.

«On ne peut pas vendre ce qu’on n’a pas», déplore Madeleine Thériault, régente du Cercle des Filles d’Isabelle de Cowansville.

Selon des chiffres transmis par l’organisme, les rentrées d’argent issues de la vente de vêtements dégringolent depuis le début de l’année. Une situation préoccupante à très court terme pour la communauté locale. «Si les vêtements sont distribués à l’extérieur de la région, on ne peut pas les vendre et on remet moins d’argent aux organismes d’ici», explique Mme Thériault. 

Chaque année, grâce à la vente d’articles usagés, les Filles d’Isabelle de Cowansville remettent près de 30 000$ à divers organismes sans but lucratif de la région. La Maison Au Diapason, l’hôpital BMP, l’École secondaire Massey-Vanier et Horizon pour Elle figurent sur la longue liste d’entités qui reçoivent des dons. L’organisme offre aussi un service de «dépannage» qui soutient des personnes éprouvant des difficultés financières. Les dames des Filles d’Isabelle offrent, entre autres, une épicerie d’une valeur de 100$ à ces gens dans le besoin. Cette généreuse contribution s’élève à environ 40 000$. Mais si la tendance à la baisse se poursuit dans la cueillette de vêtements et autres objets, l’organisation de Mme Thériault pourrait bien ne pas pouvoir tenir le coup.

 

Aux quatre coins de la ville

Parmi les quelques conteneurs que l’on retrouve à Cowansville, l’un d’entre eux se trouve près du dépanneur Steve Tropper et appartient au Groupe RDVIE. Cette société québécoise vend les vêtements dans divers friperies et commerces du Québec afin de récolter de l’argent remis à l’OSBL Le Phare. RDVIE exporte également des vêtements dans les pays en voie de développement tels que la Tunisie, le Bénin, le Congo, le Mali, le Sénégal et Haïti.

David Lambert est sous-traitant pour RDVIE et coordonne la gestion des conteneurs dans la région de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska. «Le Phare redonne dans la région et à travers tout le Québec», soutient-il.

Selon lui, la compétition est féroce entre les divers organismes qui récoltent les vêtements usagés. De nombreuses sociétés souhaitent obtenir le monopole pour en tirer un maximum de profit. Certaines de ces entreprises, très agressives, conservent une grande majorité des bénéfices. «Il faut faire attention et prendre le temps de regarder à qui nous donnons», souligne David Lambert.  

Toutefois, la presque totalité des tissus recyclés est maintenant monnayable, même si ceux-ci sont abîmés. «Aujourd’hui, rien n’est jeté. La laine sert d’isolant pour les systèmes de son des automobiles. Les tissus tâchés ou déchirés sont vendus dans les garages pour en faire des guenilles. Au moins, rien ne finit dans nos poubelles», ajoute M. Lambert. 

 

Pour une bonne cause

Steve Tropper et son fils, Shawn, ont accueilli les bacs de RDVIE à côté de leur dépanneur, situé sur la rue Albert. Par souci de bonne volonté, le propriétaire aide l’organisme et octroie un service aux résidents des environs. Selon lui, la diversité et la présence des bacs à Cowansville favorisent le recyclage. «Il y a trois bacs différents, dans trois secteurs éloignés de la ville. Si les Filles d’Isabelle veulent plus de vêtements, elles devraient peut-être installer plus de bacs. Les gens ne se donnent plus la peine de se déplacer. Ils vont au plus facile. Au moins, les vêtements qui sont donnés ne vont pas aux poubelles», croit M. Tropper.

Deux bacs appartenant à Entraide diabétique du Québec ont été déposés dans le stationnement du Wal-Mart de Cowansville. Cet organisme compte trois succursales d’opération, soit à Québec, Saint-Jérôme et Trois-Rivières. L’organisation dispose d’environ 200 bacs de récupération installés dans plusieurs régions de la province. Les articles en bon état sont revendus et la totalité des profits générés est versée à Diabète Québec.

Sonia Dumont, gérante administrative au Wal-Mart de Cowansville, a autorisé l’implantation des conteneurs de cette société, dans le stationnement du magasin. «Avant, il y avait un conteneur près du centre d’achat, mais la société l’a enlevé, car il était souvent vandalisé. La demande est venue des citoyens. Il y avait un manque. Entraide diabétique du Québec nous a donc contactés», explique-t-elle.

«Je crois que les gens aiment beaucoup cette cause. Des gens de partout viennent porter des vêtements, même des résidents du Vermont. Le Wal-Mart n’en tire aucun bénéfice. On le fait par intérêt pour cette belle cause», ajoute Mme Dumont.  

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