Atrocité et cruauté animale à Abercorn

Atrocité et cruauté animale à Abercorn
Ce pitbull a été retrouvé dans la rivière Missisquoi

«C’est l’affaire la plus atroce que j’ai vue», lance Carl Girard. Mardi après-midi, le directeur de la SPA des Cantons a été appelé par la Sûreté du Québec qui venait de trouver un pitbull attaché à un bloc de béton immergé dans la rivière Missisquoi dans le centre du village à Abercorn. Pire encore, l’animal a été torturé vraisemblablement à l’aide… d’une masse.

Sur le coup de 13h15, des patrouilleurs de la Sûreté du Québec ont contacté Carl Girard. «Ils m’ont dit qu’ils avaient trouvé un chien avec une corde autour du cou dans la rivière», raconte l’éducateur canin. En arrivant sur les lieux une trentaine de minutes plus tard, Carl Girard n’avait pas fini d’être étonné. Avec l’aide d’un de ses employés, il a extirpé l’animal des eaux. «Le chien était immergé et il était brun chocolat. Il était plein de bouette. Il a été dropé du pont avec le bloc de béton», explique M. Girard. Le pitbull avait une corde jaune autour du cou qui le reliait à un bloc de béton d’environ 18 pouces par six pouces.

Comble d’atrocité, selon Carl Girard, la bête aurait été attachée vivante avant d’être battue à coup de masse… sur le bloc de béton. «Il a la tête défoncée, le palais coupé, toutes les dents cassées. Il a la boîte crânienne toute défoncée», énumère amèrement Carl Girard. Les photos, dont JournalLeGuide.com a obtenu copies, parlent d’elles-mêmes quant à la gravité de l’agression dont a été victime le chien. Par respect, JournalLeGuide.com a choisi de ne pas les publier.

Deux balles, dont les trous sont logés sous les yeux, ont également été tirées sur l’animal.  «Les balles n’ont pas l’air d’avoir fait beaucoup de dommage. On a trouvé un trou de sorti dans la gorge», ajoute le directeur de la SPA. «Et on a dû le rincer à l’eau pour voir à quel type de chien on avait affaire.»

Il s’agit d’un jeune pitbull mâle d’environ deux ans. La bête n’est pas castrée, a les oreilles taillées en pointe et à une robe bringée noire et brune avec une partie de la tête blanche. Carl Girard a publié une photo du chien sur Facebook qui a abondamment circulé sur le site de réseautage social. «En 16 heures, il y a eu 6 169 partages, 364 000 vues et on a reçu 1 402 messages. C’est du jamais vu. À Orville [un chien laissé pour mort avec une balle dans la tête dans un fossé de Lac-Brome], on avait eu 145 000 vues», compare Carl Girard.

Un chien de combat?

L’état dans lequel il a trouvé la bête lui fait penser à un réseau de combats de pitbulls. «J’extrapole, mais je crois que le but n’était pas de le tuer. Il a dû perdre un combat de trop et c’est pour le punir», croit Carl Girard. L’animal avait également les oreilles taillées en pointe, une mesure esthétique, mais qui peut être associée aux combats.

«Je ne sais pas si le chien avait des plaies, il avait trop la peau maganée par l’eau. Mais ce que je peux dire, c’est que ce chien était très solide. Ce n’est pas un pitbull qu’on croise dans la rue. Il avait le torse bien bâti, il était musclé. C’est ce qui me fait penser à un réseau», poursuit M. Girard. La bête a été ramenée à la SPA et a été nettoyée. D’autres photos ont été prises et un dossier criminel a été ouvert par la SQ.

«L’hôtel de ville a communiqué avec nous. C’est un dossier qu’on travaille avec la SPA. On a ouvert un dossier là-dedans», indique le sergent Louis-Philippe Ruel, porte-parole de la Sûreté du Québec de l’Estrie. La dépouille du chien, qui repose actuellement dans le réfrigérateur de la SPA, sera envoyée à Crémaniaux, à Sherbrooke, où elle sera incinérée.

Pas un objet

Véritablement touché par cette agression, Carl Girard croit, malheureusement, que d’autres cas du genre sont déjà survenus. «C’est sûr qu’il y en a d’autres. Moi, je les annonce publiquement, mais on est les seuls. Les autres cachent ça. Jamais, jamais, je ne ferais ça.»

Le directeur de la SPA rappelle qu’au sens de la Loi, les animaux sont considérés comme un objet. «Il faut changer le statut des animaux. Comment veux-tu faire des règlements avec ça? Il faut que les chats et les chiens soient reconnus comme un être vivant. Ça serait un bon point de départ. Actuellement, c’est comme si c’était des chaises… C’est complètement ridicule.»

Il rappelle pourtant que les chiens aident les handicapés visuels, travaillent notamment avec les policiers, les douaniers et les militaires. «Ils changent des vies», affirme-t-il. Pourtant, quelques heures après la découverte de ce pitbull, la SPA a reçu un autre appel préoccupant. «Quelqu’un a trouvé un chien vivant qui avait été dompté dans une poubelle à Granby. Ça va trop loin. Il faut que ça arrête. J’en ai vu plus en deux ans que ce que je croyais voir en 20 ans», conclut-il.

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