2295 appuis pour SOS familles naturelles

Par Ugo Giguere

Manon Gauvin et Catia Di Carlo, deux mères de jeunes polyhandicapés de Granby, vont-elles remporter leur pari? En mars dernier, elles ont lancé une pétition à travers le Québec pour réformer le système de soutien aux parents dans leur situation. Le dossier parrainé par le député François Bonnardel a été déposé ce matin à l’Assemblée nationale. Un total de 2 295 personnes ont signé la pétition.

Les deux mères de famille, ainsi que leurs fils respectifs Anthony Bérard et Valerio D’Amico ont assisté au dépôt officiel au Salon bleu. Le député de Granby a fait la lecture du libellé de la pétition avant de présenter le document au président de l’assemblée.

Au moment d’entreprendre sa cabale, Manon Gauvin s’était fixée des objectifs très élevés et elle admet avoir quelque peu déchanté. Malgré tout, la mère de famille se réjouit de la couverture médiatique que la cause a reçue et de la réponse du public.

L’adresse du site www.sosfamillesnaturelles.org a même été diffusée durant la populaire émission de télévision Tout le monde en parle. «Ça m’a pris un mois pour avoir 1 000 signatures et après l’émission j’en ai eu 1 000 autres en une semaine», raconte celle qui a fait des pieds et des mains pour parler à un recherchiste après avoir entendu une entrevue avec une mère qui vit sa situation.

En plus des nombreuses signatures, le site SOS familles naturelles publie des portraits de parents d’enfants handicapés lourds. Près d’une cinquantaine de portraits sont disponibles dans les deux sections du site Internet. Ces témoignages visent à démontrer l’impact du «trou» dans l’offre de service, ainsi que le niveau de détresse que vivent les parents de ces grands enfants.

Ce que Manon Gauvin et Catia Di Carlo dénoncent c’est que les parents d’enfants non autonomes bénéficient d’une foule de mesure de soutien, dont celle de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, mais jusqu’à ce qu’il atteigne 21 ans seulement.

Au moment où le jeune atteint cet âge, tous les services d’aide tombent et les parents deviennent responsables de lui 24h par jour, sans soutien financier. Elles proposent une solution simple et sans coûts supplémentaires pour l’État. «On prend l’argent dans une poche et on la met dans l’autre. Je veux que les gens comprennent qu’on ne demande pas plus d’argent aux contribuables», a précisé Mme Gauvin en mars dernier.

En bref, lorsqu’un parent décide de confier son enfant à une famille d’accueil parce qu’il n’a plus la capacité physique ou financière d’en prendre soin, l’État verse 114$ par jour à la famille d’accueil pour s’en occuper.

Les deux mères demandent que ce même 114$ soit remis aux familles qui décident de demeurer à la maison pour prendre soin de leur fils ou de leur fille non autonome. Si les parents préfèrent demeurer sur le marché du travail et d’être des contribuables actifs, on demande qu’ils aient accès aux même ressources peu importe l’âge de leur enfant.

Fondation ou OSBL?

La pétition n’a pas encore été déposée à l’Assemblée nationale, mais Manon Gauvin a déjà prévu la suite des choses pour l’initiative SOS Familles naturelles. La mère veut mettre sur pied une fondation ou un organisme à but non lucratif.

«Il y a déjà des gens qui veulent me donner de l’argent, mais je leur ai dit d’attendre parce qu’on n’est pas encore une fondation», révèle-t-elle. Un couple de la région se serait même inscrit à la nouvelle version de l’émission Fort boyard dans le but de lui remettre la somme récoltée.

«Je voudrais créer un organisme ou une fondation pour aider les familles à s’offrir du répit. Une mère monoparentale qui doit s’occuper d’un enfant handicapé lourd, elle n’a souvent pas les moyens de payer quelqu’un pour s’occuper de son enfant une fin de semaine. Encore moins de s’offrir une sortie quand elle réussit à ramasser des sous pour payer une ressource. Je voudrais offrir ça aux familles», avance Mme Gauvin.

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