Oui aux trains, non à MMA

Par Josiane Noiseux
Oui aux trains, non à MMA
Dix maires de la région se sont rencontrés à Cowansville mardi matin.

Sécurité ferroviaire, inspection du réseau et questionnement. Une dizaine d’élus de la Montérégie et de l’Estrie ont répondu à l’appel du maire de Cowansville et préfet de Brome-Missisquoi, Arthur Fauteux. Ces maires, dont le territoire est traversé par les installations de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic (MMA) Railway, se sont réunis, mardi, afin de participer à une rencontre de réflexion au cours de laquelle un plan d’action de trois phases a été annoncé.

Arthur Fauteux (Cowansville), Bernard Sévigny (Sherbrooke), Vicki May Hamm (Magog), Pierre Pelland (Sutton), Jean-Charles Bissonnette (Abercorn), Josef Hüsler (Farnham), Gilles Dolbec (Saint-Jean-sur-Richelieu), Pauline Quinlan (Bromont), Yvon Turcotte (Cookshire-Eaton) ainsi que Maurice Bernier, préfet de la MRC du Granit étaient réunis autour d’une même table, mardi, à l’hôtel de ville de Cowansville. Les questions soulevées par la tragédie de Lac-Mégantic et l’état du réseau de MMA figuraient à l’ordre du jour.

D’entrée de jeu, les intentions du comité sont claires: le but n’est pas de stopper les activités ferroviaires. Arrêter le transport par chemin de fer dirigerait de nombreuses entreprises québécoises vers le gouffre. Or, la compagnie MMA semble ne plus être la bienvenue sur les voies des territoires de l’Estrie et de la Montérégie.

«Arrêter le ferroviaire ça veut dire que ce qui est transporté par train sera transporté sur nos routes. On s’entend qu’en terme de sécurité, on ne règle rien. On a besoin du ferroviaire. On a besoin d’une compagnie de chemin de fer qui est capable d’entretenir ses infrastructures. Ce dont on n’a pas besoin, c’est de MMA», a clairement indiqué Maurice Bernier, préfet de la MRC du Granit.

Comité de travail

Le groupe d’élus s’est entendu sur la rédaction d’un texte commun qui définit des orientations dans le but d’assurer le bon état des voies ferroviaires qui circulent sur le territoire québécois. La sécurité et l’inspection des chemins de fer ainsi que la formation d’un comité de travail sont les éléments qui se retrouvent au cœur du plan d’action.

«On demande qu’il y ait une inspection immédiate, systématique et périodique du réseau ferroviaire au Québec afin de sécuriser l’ensemble des citoyens et citoyennes des territoires», explique Bernard Sévigny, maire de Sherbrooke.

Les politiciens rassemblés se sont également souscrits à la création d’un comité de travail formé d’élus municipaux et d’experts aptes à fournir des informations pertinences dans l’élaboration du projet. Le groupe formulera par la suite des recommandations dans le but d’améliorer la sécurité dans les villes et villages du Québec.

«Ce comité va aborder un certain nombre de questions telles que la vitesse des convois dans les centres-villes ou encore la planification du développement des villes à proximité des chemins de fer. Une série de questions mérite d’être étudiée», ajoute M. Sévigny.

La mairesse de Bromont et administratrice au conseil de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Pauline Quinlan, a spécifié que la FCM, l’Union des municipalités du Québec ainsi que la Fédération québécoise des municipalités participeront à la formation du futur comité.

Le troisième mandat que s’est donné le groupe est d’acheminer un texte de résolution aux villes du Québec, et ce, d’ici les prochaines semaines, après quoi, l’ensemble des villes québécoises pourra adopter une résolution commune. «Grâce à cette résolution, les municipalités iront dans le même sens. Nous pourrons parler d’une même loi afin de faire pression auprès des instances fédérales. Je sais que quelques-unes ont déjà statué et pris des décisions à cet égard», a spécifié Bernard Sévigny.

D’ici les prochaines semaines, le comité compte entreprendre rapidement les démarches afin que le dossier chemine. Quelques maires du groupe souhaitent rencontrer dans les plus brefs délais la ministre des Transports du Canada, Lisa Raitt, afin d’aborder les questions qu’ils qualifient «d’urgentes».

 

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