Un avenir incertain pour deux tronçons de Brome-Missisquoi

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Par Claude Hebert
Un avenir incertain pour deux tronçons de Brome-Missisquoi

Le tronçon de 24 milles reliant Farnham et Saint-Rosalie

QUESTIONNEMENT – Les acteurs économiques des MRC de Brome-Missisquoi et de Rouville ignorent toujours si la nouvelle compagnie ferroviaire, Central Maine & Québec Railway (CMQ) entend réactiver les tronçons Farnham-Ange-Gardien et Farnham-Bedford.

Le tronçon de 24 milles reliant Farnham et Saint-Rosalie, mieux connu sous le nom de subdivision Saint-Guillaume, est en très mauvaises conditions et sa réfection coûterait une petite fortune.

Dans une lettre de mars 2012 au ministre des Transports, le président et chef exécutif de la défunte compagnie MMA, Robert C. Grindrod, avait laissé entendre que la remise en état du tronçon Farnham-Sainte-Rosalie, nécessiterait des investissements de 2,5M $. Et cette évaluation n’incluait pas le remplacement des sept ponts desservant cette partie de ligne.

Il faut également rappeler que la subdivision Saint-Guillaume n’était plus en mesure d’accueillir des wagons citernes transportant des produits inflammables et d’autres matières dangereuses en raison de son mauvais état. Cette situation privait MMA d’une source de revenus non négligeable.

Estimant que le volume d’affaires de la ligne Farnham-Sainte-Rosalie n’était pas suffisant pour justifier des investissements d’une telle ampleur, MMA avait décidé en avril 2013 de s’en départir. Les événements de Lac-Mégantic ont cependant mis fin au processus de mise en vente.

Au moment de la tragédie, MMA desservait toujours le premier quart-de-mille de la subdivision Saint-Guillaume, qui relie la cour de triage de Farnham (point milliaire 0) et la rivière Yamaska (point milliaire 0,29), afin d’accommoder la Meunerie Robitaille.

MMA avait par ailleurs pris des arrangements, à l’été 2012, pour accommoder F. Ménard et Meunerie Côté Paquette, d’Ange-Gardien. Depuis l’arrêt des activités entre les points milliaires 9,29 (limite sud) et 24,70 (limite nord), ces deux entreprises sont desservies à partir de Mont-Saint-Grégoire.

F. Ménard a cependant dû se rabattre sur le transport routier comme solution de rechange pour une partie du trajet avec les conséquences que l’on sait (hausse des coûts d’approvisionnement, dégradation des routes, augmentation des gaz à effet de serre, etc.).

«Nous travaillons étroitement avec certains clients de la région de Saint-Guillaume et nous allons investir dans cette voie pour l’ouvrir à nouveau si la demande le justifie», a laissé savoir M. Ratledge, dans un échange de courriels avec TC Media.

Tronçon Farnham-Bedford

Fermé pendant plusieurs mois à la suite d’un déraillement, le tronçon Farnham-Bedford a été nettoyé en juin dernier par les nouveaux propriétaires. On ignore cependant si cette portion de la voie ferrée reprendra du service.

«Nous voulons connaître les intentions de la CMQ et notre équipe de ventes est en processus de contacter la compagnie pour aller chercher des informations supplémentaires», indique Sébastien Villeneuve, directeur de l’usine Graymont de Bedford.

Le réseau routier comble désormais une partie des besoins l’entreprise de Bedford. La compagnie a par ailleurs transféré une partie de son volume d’activités dans une autre usine située plus près des marchés.

«Compte tenu des coûts supplémentaires du transport par camion, nous sommes disposés à retourner au ferroviaire dès demain matin. C’est encore le meilleur moyen de transport pour les longues distances», ajoute M. Villeneuve.

Benoit Lévesque, conseiller en développement d’entreprises au CLD de Brome-Missisquoi, abonde dans le même sens…

«Le train est à la fois économique et écologique. C’est le transport de l’avenir», résume-t-il.

Ce dernier n’a pas encore réussi à parler aux représentants de la CMQ, mais espère en avoir la chance le plus tôt possible.

«Il faut sauver le tronçon Farnham-Bedford, car le train est un atout essentiel pour nos projets de développement. C’est l’avenir de la région en dépend!», laisse entendre M. Lévesque.

Au dire du porte-parole du CLD de Brome-Missisquoi, les administrateurs de la CMQ connaissent mal le potentiel de cette voie et ne savent pas grand-chose des projets des trois municipalités membres de la Corporation de  développement de Bedford et région.

«Il est urgent que les gens de la CMQ et les intervenants économiques de la partie ouest de Brome-Missisquoi s’assoient à une même table. Tout le monde a à y gagner», plaide M. Lévesque.

 

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