La maestro Anne Lauber en concert à Séoul

COMPOSITION. Pour une deuxième fois, la compositrice et docteure en musique, Anne Lauber, prouve que tout est possible grâce à la musique. Le 11 décembre prochain, la maestro et résidente de Sutton sera en concert à Séoul, la capitale de la Corée du Sud et centre culturel du pays, pour un concerto qui réunira la Suisse, le Canada, la Corée du Sud et la Russie.

Il y a 17 ans, Anne Lauber composait une cantate qui allait réunir trois religions: juive, chrétienne et musulmane. «C’était un projet fou», avoue d’emblée la docteure en musique.

Le 11 novembre 1996, l’œuvre intitulée Cantate 3 a été présentée à la salle Pierre-Mercure de l’UQAM. Chants et prières des trois grandes religions y étaient rassemblés. Et c’est un chœur composé d’enfants juifs, musulmans et chrétiens qui a conclu a cappella la cantate.

Le 11 décembre prochain, Anne Lauber dirigera The Seoul Songpa National Philharmonic Orchestra devant, entre autres, des représentants des ambassades suisses et canadiennes. L’orchestre jouera sa dernière création, un concerto pour piano et orchestre intitulé Arirang concerto.  

La pièce musicale d’une quinzaine de minutes, de près de 350 mesures, a été créée à la demande de la pianiste d’origine russe, Elena Abalyan. Le temps du concerto, Anne Lauber souhaite unir des puissances mondiales dans le respect de leur culture et de leurs traditions.  

L’Arirang est un chant traditionnel coréen. «C’est très populaire en Corée. C’est basé sur une histoire qui représente l’âme des Coréens. Créer une composition inspirée de ce chant est pour moi une façon de leur rendre hommage, de leur dire que je les comprends», assure l’ex-enseignante à l’UQAM.

Un monde majoritairement réservé aux hommes

«J’ai toujours su que je voulais être compositrice, avoue Anne Lauber. Cependant, j’ai connu plusieurs obstacles pour y arriver».

Née en Suisse de parents fortunés, Anne Lauber savait dès l’âge de huit ans qu’elle voulait composer de la musique. Or, à cette époque, ses parents n’approuvaient pas son choix de carrière. À sa majorité, la jeune musicienne qu’était Anne Lauber quittait la maison familiale pour rejoindre les rangs du Conservatoire de musique de Lausanne.

«Je devais tout payer comme mes parents n’approuvaient pas mon choix. Pendant un an, j’étudiais le jour et travaillait le soir. J’ai craqué au bout d’un an. Heureusement, j’ai pu toucher à une bourse et continuer mes études», explique-t-elle en précisant qu’elle était la seule femme dans sa classe de composition.

Peu de femmes dirigent des orchestres. C’est d’autant plus rare qu’un chef d’orchestre dirige sa propre composition. Mais Anne Lauber s’apprête à réaliser cet exploit pour une deuxième fois à Séoul. La première est survenue au Mexique en 2012 alors qu’elle a dirigé l’Orchestre Symphonique de l’État de Mexico pour sa création d’un concert pour piano avec orchestre et mettant en vedette le pianiste italien Francesco Nicolosi.

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