Richard Leclerc: engagé jusqu’au bout du monde

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Par Ghyslain Forcier
Richard Leclerc: engagé jusqu’au bout du monde

«Mon premier coup de cœur

PERSONNALITÉ. «Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page», écrivait le philosophe Saint Augustin. À ce compte, la personnalité du mois d’août du Journal Le Guide a une bibliothèque bien garnie, cumulant plus d’une soixantaine de voyages. Richard Leclerc, entre des séjours à Alexandrie, en Égypte, ou à Abidjan, en Côte d’Ivoire, n’hésite pas à donner de son temps à plusieurs causes qui lui sont chères et contribue à façonner l’identité culturelle de Brome-Missisquoi. 

Avant de s’y établir en 2002, c’est le ski qui aura d’abord amené Richard Leclerc à passer quelques jours à Sutton, quelque part en 1992. «Mon premier coup de cœur, il s’appelle Mont Sutton! Puis, j’ai découvert les vignobles et les grands espaces. Ça a été le coup de foudre.»  

Celui qui vient tout juste de franchir le cap de la soixantaine accole son nom à de multiples causes à travers Brome-Missisquoi. La Maison Gilles-Carle et le Regroupement Soutien aux aidants de Brome-Missisquoi (RSABM), Espace Sutton, l’Association des personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi (APHPBM) et le Centre de pédiatrie sociale Main dans la main profitent de son expertise.

Il raconte d’ailleurs que la piqûre pour les causes sociales lui est apparue au moment de concevoir la pochette du vinyle de la reprise québécoise du célèbre hymne «We are the world», entre autres composé par Michael Jackson dans les années 1980.

Une fierté évidente l’anime également lorsqu’il parle des projets auxquels il adhère entièrement. «L’APHPBM, avec son programme d’accessibilité universelle, est en voie de devenir un modèle pour d’autres régions. La Maison Gilles-Carle est la première du genre au Québec. Là encore, elle devient un modèle pour des projets semblables qui se développeront sans doute bientôt. Main dans la main est le 15e centre de pédiatrie sociale en communauté inspiré du Dr Julien, mais il est un des rares à mettre de l’avant le droit des enfants en plus des services de santé offerts…»

«Les personnes dynamiques impliquées dans ces projets m’apportent beaucoup par leur savoir, leur passion et leur désir de faire plus pour notre communauté.»

Richard Leclerc est aussi l’un de ceux qui tirent les ficelles du Musée des communications et d’histoire de Sutton, visité par des milliers de curieux. La dernière exposition, Sol, Suttonesstradinaire!, y est présenté jusqu’au 25 octobre. Il a intégré le conseil d’administration en 2008. «Je me suis rendu compte que la moitié des gens qui demeuraient à Sutton ne savaient pas qu’il y avait un musée dans leur ville!», relate-t-il à propos de l’institution qui a ouvert ses portes en 1964.

Le passage de la Coupe Stanley à Sutton en 2009, dans le cadre de l’exposition «Les Canadiens passent par Sutton… en train», demeure un moment marquant. «En trois jours, nous avons eu 2000 visiteurs!»    

L’idée de proposer des expositions temporaires au musée semble par ailleurs porter ses fruits. «Nous réussissons à aller chercher des publics aux intérêts variés, tout en faisant beaucoup avec peu. Il y a de plus en plus de gens qui commencent à m’énumérer ce qu’ils sont venus voir, et c’est ce qu’on voulait.» 

Sa contribution au rayonnement culturel de Sutton passe aussi par ses actions auprès de Monumentum et du Festival de violon traditionnel, qui viennent tout juste de se terminer. 

Les heures incalculables dédiées à divers projets trouvent écho dans la communauté. Son implication était d’ailleurs saluée par le CLD Brome-Missisquoi à la fin du mois de mai. «J’étais très heureux de cette reconnaissance du CLD. J’aime ma région et je cherche à la faire connaître de toutes les façons.»

Chargé de cours

Richard Leclerc baigne dans l’univers du marketing social, notamment en tant que président de Publici-Terre. Il a travaillé comme publicitaire pour le Musée des beaux-arts de Montréal et pour celui de Pointe-à-Callière, en plus de concevoir certaines campagnes de publicité pour Amnistie internationale et pour la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Il amorcera en septembre sa 31e session comme chargé de cours à l’Université de Montréal. «Ça me permet de rester en contact avec le monde de la publicité de Montréal, et surtout avec la relève… et ça garde jeune!» Il doit retourner en Égypte en novembre pour offrir sa formation en publicité sociétale, la même qui l’amenait en Côte d’Ivoire pour une quatrième fois il y a un mois.

Gérer avec peu

Il y a maintenant dix ans que Richard Leclerc se rend dans certains pays du continent africain avec des visées éducatives. Il affirme rapporter plusieurs éléments dans sa vie suttonnaise. «C’est une ouverture sur tout qui me sert quand j’aborde un nouveau projet ici. Ce sont des expériences de partage précieuses.»

La lutte à la surconsommation et la protection de l’environnement font partie de ses combats. «Sans être un activiste, je me manifeste par les communications. L’objectif, c’est le mieux-être de tout le monde et je ne crois pas que ce soit dans la société de surconsommation qu’on y arrive.»

Il est aussi à même de constater l’important clivage qui subsiste entre les réalités d’ici et d’ailleurs. «On se rend rapidement compte que les choses sont bien structurées ici. Au musée de Sutton, nous avons peu de moyens, mais j’ai vu plusieurs musées ailleurs qui en ont encore moins, donc on apprend à gérer avec peu. On est moins dans l’attente de subventions. Quand tu as peu de moyens, ça prend plus de bras, plus de volonté. Et on le fait.» 

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