Troquer les pinceaux pour un iPad

Troquer les pinceaux pour un iPad
Andrée Pelletier présente sa première exposition collective à la galerie Art Plus de Sutton. Ses œuvres sont créées à partir d'un iPad.

ART. L’exposition mensuelle de septembre à la galerie Art Plus est consacrée à des œuvres de grands formats créées à partir d’un iPad. L’artiste Andrée Pelletier a trouvé cette technique originale et créative pour marquer son entrée dans l’univers professionnel des arts.

Andrée Pelletier, de Sutton, fait partie de la cuvée des premiers artistes à tester cette forme d’art. C’est en lisant un article sur l’artiste britannique David Hockney, une figure du mouvement pop art, qu’elle a commencé l’expérience.

Elle crée à partir de l’application Brushes en utilisant ses doigts, parfois un stylet. Elle imprime ensuite ses œuvres selon le format et la quantité souhaités.

L’exposition de Sutton, baptisée Dans ta face, regroupe des toiles de 40 X 54 pouces. Son sujet principal est le portrait. Des femmes, des hommes, des animaux : tous sont en gros plans, leur visage composant à 70% la toile.

«Dans ta face ce n’est pas que pour souligner mon sujet. C’est  aussi pour dire : moi voici ce que je vois quand je te regarde. Dans ton visage, je vois cette expression et c’est ce que je veux reproduire», paraphrase-t-elle.     

Andrée Pelletier, de son souvenir, a toujours dessiné. «Dans ma famille, on s’amusait à dire que j’étais l’artiste. Évidemment, je voulais faire à l’inverse de ce qu’il disait alors je suis devenue actrice», raconte-t-elle sourire en coin, confortablement assise sur un sofa d’époque de la galerie Art Plus.

«Le iPad m’a permis faire du dessin d’une façon plus professionnelle».  

Andrée Pelletier, artiste

Elle a joué dans les classiques Matusalem et Bach et Bottine, notamment.

De se livrer tel quel dans le cadre de sa première exposition solo la rend spécialement nerveuse. «Étant actrice, j’ai toujours travaillé dans le monde du cinéma, du théâtre, de la télévision. J’ai toujours joué quelqu’un d’autre. Cette fois, c’est moi, c’est mon œuvre qui sera jugée», avance l’artiste de Sutton.

Inexistant

Pour créer ses œuvres, Andrée Pelletier s’inspire de son quotidien, de tissus qu’elle découvre en voyage. Elle ne tire pas le portrait d’une personne qu’elle connait. Elle s’invente des visages et les reproduit.  

«Ce sont toujours les mêmes éléments qui composent un portrait. Un nez, une bouche, deux yeux, des oreilles, des pommettes. Cependant, ce n’est jamais le même résultat. Il y a toutes sortes d’expressions».

Sa fille au sourcil froncé et à la bouche en coin, notamment. «Elle n’existe pas, mais j’ai vu cette expression et je voulais la reproduire. C’est pour moi une façon de communiquer quelque chose. Une expression c’est de l’émotion et c’est important d’être capable de vivre ses émotions», rapporte l’artiste.

En croissance ?  

L’art à partir d’un iPad gagnera-t-il des adeptes ? «Je ne saurai dire. C’est assez accessible et la technologie est en pleine révolution, mais beaucoup d’artistes aiment travailler avec la texture. Travailler avec un iPad c’est peut-être un peu plus froid», croit-elle.

Pour l’instant, peu d’artistes québécois performent de cette façon. L’exposition débute aujourd’hui et se termine le 27 septembre. Vernissage en présence de l’artiste le 5 septembre, à 14h.

Partager cet article

Leave a Reply

avatar
  Subscribe  
Me notifier des