Floramama : une entreprise florissante

ENTREPRISE. Floramama, la ferme florale de Chloé Roy, 32 ans, est unique en son genre. On y cultive des fleurs comme on cultive des légumes et on les livre comme si on livrait des paniers de légumes. Portrait d’une entreprise florissante.

Nichée dans le hameau de Frelighsburg, Floramama c’est un demi-acre de fleurs et deux serres qui connait en ce moment sa troisième saison. Une cinquantaine de variétés de fleurs y poussent sans pesticides ni herbicides. 

Avant d’exploiter sa propre ferme, Chloé Roy a travaillé deux ans dans les champs des Jardins de la Grelinette, une ferme maraîchère biologique à Saint-Armand. C’est aux côtés du copropriétaire et auteur du livre Le Jardinier-Maraîcher, Jean-Martin Fortier, qu’elle a acquis en grande partie ses connaissances en agriculture.

Chloé Roy qui assure que la vie est une question de logique s’est alors dit qu’elle pourrait transposer ses connaissances pour autre chose. Après tout, des fleurs ce n’est pas si différent que des légumes, s’était-elle dit.  

À l’image des Jardins de La Grelinette, elle n’a pas recours au labour et cultive ses fleurs dans de petits espaces. Elle offre un service d’abonnement floral saisonnier et fréquente des marchés fermiers.

Chloé Roy est seule à la tête de Floramama. Elle n’a pas d’employé, mais elle reçoit de la mi-avril à la mi-septembre des volontaires de partout dans le monde à partir de WWOOF, un réseau mondial de fermes biologiques.  

«Je ne peux pas vraiment partir d’ici alors ça me permet de voyager d’une autre façon et d’entendre toutes sortes d’histoires», indique celle qui a voyagé à travers le monde.

Après deux saisons et une troisième en cours, la fleuriste remarque que son entreprise commence à se faire un peu plus connaitre. «Je sens que ça veut décoller et j’ai le métier plus en moi. Je suis mieux organisée», mentionne-t-elle.  

Démocratiser la fleur

Consciente que la culture de la fleur est populaire en Europe, mais pas encore au Québec, Chloé Roy s’est donné le défi de la démocratiser.

«Là-bas, les gens apportent des fleurs lorsqu’ils sont invités quelque part. Ici, on achète des fleurs surtout lors d’occasions spéciales», observe-t-elle.

Elle croit aussi que la conscience de l’empreinte écologique des fleurs s’éveille. «Ça commence, mais il y a encore peu de gens qui savent d’où proviennent les fleurs qu’on retrouve chez des fleuristes. Elles viennent de loin. Elles viennent par avion. Elles sont shootées par des produits horribles. Vraiment horribles», dit-elle.

Un vent de l’Ouest

C’est en feuilletant un magazine d’agriculture que Chloé Roy a su qu’elle allait ouvrir une ferme florale.

«Je suis tombé sur une photo d’Erin Benzakein. C’était elle dans son champ et j’ai eu un flash», raconte la fleuriste.

Erin Benzakein est derrière The Floret Flower Farm, une ferme florale dans l’État de Washington aux États-Unis. Elle est la source d’inspiration de Chloé Roy.

«Je l’ai contacté et je lui ai dit que je voulais la rencontrer. Elle était vraiment ouverte quand je lui ai demandé, mais elle est devenue très populaire en même temps», relate Chloé Roy qui a fini par aller à sa rencontre dans le cadre d’un atelier de trois jours que Mme Benzakein offrait.  

Une première

Floramama est la première ferme florale dans Brome-Missisquoi. Même que selon Leslie Carbonneau, agente de la Banques de terres pour la MRC de Brome-Missisquoi, elle est unique au Québec et elle répond à un besoin.  

Cette dernière croit au potentiel du projet de Chloé Roy. «La niche qu’elle a décidé d’exploiter est intelligente, affirme-t-elle. Sa façon de cultiver et son modèle qui ressemble à celui des paniers de légumes biologiques sont ingénieux».

Floramama s’inscrit dans la nouvelle vague d’agriculteur au Québec, note l’agente de Banque de terres.  

Cette nouvelle vague, explique Leslie Carbonneau, se définit par un intérêt marqué pour la culture biologique, un modèle de ferme à petite échelle et peu mécanisée ainsi qu’une relève non apparentée.

Elle précise aussi qu’on retrouve davantage de femmes et beaucoup de jeunes familles à la barre de fermes maraîchères dans Brome-Missisquoi.

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