Covoiturage et autopartage au menu d’une séance d’information à Sutton

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Par Ghyslain Forcier
Covoiturage et autopartage au menu d’une séance d’information à Sutton
Une séance d'information où l'on discutera covoiturage et autopartage aura lieu mardi prochain à l'hôtel de ville de Sutton. (Photo : Deposit photos)

COMMUNAUTÉ. Sutton pourrait, dans un horizon de quelques mois, voir s’implanter un service de covoiturage et de voitures en libre-service. Une séance d’information portant sur un organisme en train de se former est en ce sens prévue pour mardi prochain.   

Citoyenne de Sutton depuis une quinzaine d’années, Thérèse Leclerc est à l’origine de cette démarche. Celle-ci prendra place à l’hôtel de ville le 20 février à 9h30.

Ce qui devait au départ être discuté à l’intérieur d’un groupe de travail prendra finalement une forme plus large, ouverte à tous. «En discutant de cette question avec d’autres citoyens, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup d’intérêt. J’ai voulu faire circuler l’information de manière plus libre, en espérant qu’il en sorte quelque chose», mentionne Mme Leclerc.

Selon le dernier recensement, le tiers de la population de Sutton est âgé de plus de 65 ans. En incluant les 45-64 ans, cette donnée grimpe à 69 %.

La dame de 70 ans verrait d’un bon œil la venue d’un tel service, question éventuellement de se dégager de la charge imposée par la possession de son propre véhicule. «C’est aussi intéressant dans un contexte environnemental, puisqu’il faut réduire l’usage de l’automobile», glisse-t-elle.

Par ailleurs, au cours des dernières années, le transporteur interurbain Transdev a multiplié les requêtes auprès de la Commission des transports du Québec pour réduire la fréquence des passages sur sa ligne Brome-Missisquoi.

Le peu de flexibilité des options existantes peut parfois causer certains maux de tête à celles et ceux qui souhaitent se déplacer. «C’est le problème du transport en région. Quand on n’a pas de voitures, c’est plus difficile. Mais s’il y avait plus de possibilités, je pense que les gens les utiliseraient, peu importe l’âge.»

Autonomik! veut éventuellement couvrir toute la Montérégie

Des responsables d’Autonomik!, fondé en 2016, feront une première incursion à Sutton en début de semaine prochaine pour jaser covoiturage et voitures en libre-service.

L’organisme à but non lucratif d’économie sociale vient en réponse à une forte demande du milieu communautaire de la MRC de Marguerite-D’Youville. Le mouvement s’est par la suite étendu aux environs.

Autonomik! veut répondre aux besoins sporadiques en transport, c’est-à-dire pour un usage allant jusqu’à trois fois par semaine.

La première phase, sous forme de projet pilote, se déploiera au sein des MRC de Marguerite-d’Youville, qui longe le fleuve entre Contrecoeur et Boucherville, et de la Vallée-du-Richelieu. Elle gagnera ensuite, peu à peu, le reste de la Montérégie.

Deux des quatre services visés à long terme seront dans un premier temps offerts. À l’image de Communauto, Autonomik! compte proposer une plateforme d’autopartage.

Jean-François Lessard est impliqué dans la mise sur pied d’Autonomik!, un organisme entre autres dédié à l’autopartage.

Un service de gestion de flotte de véhicules permettra, par exemple, à une entreprise soucieuse de rentabiliser son parc automobile lorsqu’il ne sert pas d’en confier les rênes à l’organisme.

«On peut aussi fournir une flotte de véhicules à divers groupes, que ce soit aux organismes communautaires, aux infirmières, à une municipalité, ou même à un immeuble résidentiel», fait valoir Jean-François Lessard, agent de développement et de concertation au sein de la CDC Marguerite-d’Youville, qui a travaillé sur le projet.

Posséder une voiture engendre des coûts variant entre 5000 et 10 000 $ annuellement, estime-t-on. Sans compter que certains ménages en détiennent souvent deux. «[Un service d’autopartage comme Autonomik!], ça peut représenter une économie importante», souligne Jean-François Lessard.

Du covoiturage

À terme, Autonomik! veut ajouter à sa palette de services le partage de véhicules chez les particuliers et le covoiturage. «C’est intéressant parce qu’on mutualise toutes les ressources de transport. Les gens peuvent ensuite se déplacer de manière alternative en région et dans les petites communautés», enchaîne Jean-François Lessard.

Un tel service contribue également à diminuer la circulation locale et à atténuer le réflexe qui fait en sorte que l’on recourt trop souvent à l’auto, même pour de plus petites distances. «Autonomik! ne remplacera pas l’usage quotidien de l’automobile. Ce n’est pas rentable et ça ne le sera jamais. Ce n’est pas le but de toute façon», précise cependant Jean-François Lessard.

L’organisme embauchera sous peu sa permanence et devrait amorcer ses activités au courant de l’année.

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