Planétarium à réalité augmentée: une première mondiale à Sutton

Photo de Ghyslain Forcier
Par Ghyslain Forcier
Planétarium à réalité augmentée: une première mondiale à Sutton
L'ObservÉtoiles, un planétarium combinant nature et technologie, verra le jour au centre récréotouristique Au Diable Vert. (Photo : gracieuseté)

TOURISME. Le ciel de Sutton sera le théâtre d’une première mondiale. Au Diable Vert s’apprête à lancer un planétarium à réalité augmentée, un attrait qui amalgame la magnificence de l’espace et la technologie.  

Installé dans un amphithéâtre naturel, bâti à 1000 pieds d’altitude et dont la configuration emprunte au théâtre grec antique, quelque part sur les 365 hectares de l’entreprise récréotouristique, l’ObservÉtoiles prévoit accueillir ses premiers amoureux d’astronomie au début juin.

Le vaste projet a nécessité un investissement de 600 000 $. Le ministère du Tourisme annonçait aujourd’hui (lundi) une aide financière de 332 000 $, laquelle est tirée de trois programmes distincts, en plus de l’Entente de partenariat régional en tourisme (EPRT), de pair avec Tourisme Cantons-de-l’Est.

Ce nouvel attrait touristique, campé en soirée ou en début de nuit, vient étoffer l’offre du site du chemin Staines, qui compte déjà le Vélo-Volant, la location de kayaks et de planches à pagaie, des kilomètres de sentiers pédestres ainsi qu’une vingtaine de refuges. «C’est un domaine hyper-compétitif où il faut à tout prix se démarquer. De notre côté, on a toujours voulu faire quelque chose d’unique», confiait au Journal Le Guide Jeremy Fontana une douzaine de jours avant l’annonce. Ce dernier est l’un des deux propriétaires d’Au Diable Vert, avec sa conjointe Julie Zeitlinger.

Avant d’opter pour la réalité augmentée, une technologie qui permet l’ajout de couches d’informations supplémentaires, ces derniers ont examiné plusieurs moyens pour faire découvrir le ciel autrement. L’utilisation de télescopes, d’habitacles gonflables, ou même l’installation d’un puissant laser reproduisant les constellations ont été envisagés pendant les 18 mois de réflexion précédant la concrétisation du projet.

Un auditorium calqué sur ce modèle accueillera les visiteurs de l’ObservÉtoiles.

Dix mois par année

L’ObservÉtoiles sera accessible dix mois par année (trois saisons et demie). Chaque session pourra accueillir 180 spectateurs.

Les propriétaires envisagent la mise en place de sièges chauffants à température réglable qui garderont les visiteurs au chaud lors des mois d’automne, d’hiver, ou durant de fraîches soirées d’été. Ces derniers emprunteront un sentier d’une longueur de 700 m en forêt avant d’y prendre place. Pour éviter tout imprévu, Au Diable Vert remettra aux participants un téléphone intelligent pleinement chargé.

Fait intéressant, le public pourra repartir avec le casque dans lequel est installé le mobile. En ayant aussi accès à l’application gratuitement, il sera possible de vivre l’expérience à la maison ou au camping. Et puisque le ciel est en constant mouvement, les scénarios se multiplient, fait remarquer Jeremy Fontana.

D’importants joueurs

Les deux propriétaires se sont associés avec d’importants joueurs de l’industrie pour mener à bien leur projet, sur la table à dessin depuis environ 18 mois.

Les sièges de l’amphithéâtre ont été conçus par l’entreprise Arena Comfort Products. L’application a quant à elle été développée en collaboration avec Escapist Games, créatrice de la renommée application Star Chart, téléchargée des millions de fois sur les plateformes App Store ou Google Play. La firme, dont le siège social est à Londres, propose une mouture particulière de son programme. Les casques de réalité augmentée proviennent de la Néerlandaise Aryzon, dont la campagne de sociofinancement avait connu un succès retentissant l’été dernier. «Le système de lentilles et de miroirs est adapté et développé pour nous, précise Jeremy Fontana. Nous avons donc l’exclusivité mondiale pour la version de l’application et pour l’utilisation du casque dans un cadre de planétarium extérieur.»

Au Diable Vert s’est également adjoint les services d’Andrew Fazekas, notamment associé au National Geographic. Celui que l’on surnomme «The Night Sky Guy» développera au fil du temps du contenu et des mises à jour pour l’ObservÉtoiles.

Ces casques seront remis aux spectateurs.

Les constellations et le système solaire

Le spectacle céleste, d’une durée de 60 minutes, sera divisé en deux parties. Alors que la première passera au peigne fin le système solaire, la seconde décortiquera le ciel étoilé.

Un guide, muni d’un pointeur laser d’astronomie, se chargera d’animer le spectacle cosmique. Il racontera l’histoire des constellations, en remontant jusqu’au 17e siècle. «On ira chercher les histoires de constellations les plus intéressantes», fait valoir Jeremy Fontana. Le nom des étoiles, des planètes et même des satellites apparaîtra au fur et à mesure qu’ils défileront sous les yeux des visiteurs.

Fait à noter, l’aide de Québec permettra également la construction de six nouvelles unités d’hébergement, portant le total à 30. Celles-ci prendront la forme de cabines vitrées donnant le loisir de contempler la voûte céleste.

Récompenses

La station touristique vient de connaître une année faste sur le plan des honneurs, avec deux importantes distinctions. Au Diable Vert a mis la main sur le Prix du tourisme d’aventure et de plein air aux Grands prix du tourisme canadien, en plus d’être désigné meilleur centre de villégiature au Canada aux World Travel Awards.

Une future réserve de ciel étoilé?

Au Diable Vert tente d’obtenir la certification de réserve de ciel étoilé auprès de la Société royale d’astronomie du Canada (SRAC). Le centre de villégiature de Sutton est reconnu comme un endroit où la pollution lumineuse se fait rare.

Partager cet article