Le Canada vu par la Bromontoise Mimi Tremblay

Par Stéphanie MacFarlane
Le Canada vu par la Bromontoise Mimi Tremblay
La cinéaste de Bromont, Mimi Tremblay, alors qu’elle se trouvait à Iqaluit, au Nunavut. (Photo : Gracieuseté)

CINÉMA. Après avoir parcouru 16 823 kilomètres en 35 jours aux États-Unis pour réaliser son premier long métrage Nomades, la Bromontoise Mimi Tremblay a sillonné les dix provinces et les trois territoires du Canada pour tourner Repères. Dans ce deuxième documentaire, elle y présente les réels emblèmes afin de devenir une ambassadrice du Canada lors de son tour du monde à venir.

Si Mimi Tremblay souhaite parcourir la planète, elle a voulu mieux connaître son pays avant de partir à la découverte d’autres cieux. C’est pourquoi d’avril 2017 à avril dernier, elle a parcouru les dix provinces et trois territoires canadiens à la recherche des vrais emblèmes du Canada. «Avant de partir ailleurs, je trouvais important de faire un film sur mon propre pays. Je voulais pouvoir représenter les Canadiens à l’étranger», explique la jeune cinéaste.

Elle s’est donc questionnée sur les réels emblèmes canadiens. «J’ai pris les icônes, comme les ours polaires, le sirop d’érable, les igloos, les inukshuks et les castors et je les ai placés sur mon itinéraire. Sont-ils encore d’actualité ou c’est simplement pour leurrer les touristes? Je suis donc partie à la quête de l’identité canadienne», raconte-t-elle. Elle a ajouté à son itinéraire les 13 capitales.

En avril 2017, elle a pris la direction de Montréal, de Québec, du Nord québécois, de l’Ontario et de la Gaspésie. Après un bref retour à Bromont, elle est partie pour un mois dans les Maritimes où elle a visité Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.

«En août 2017, j’ai fait la grande traversée jusqu’en Colombie-Britannique. Je suis allée au Yukon, puis jusqu’à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest. J’ai fait la Transcanadienne au complet, de Saint John’s à Victoria», fait-elle remarquer.

Nunavut

À son retour, il lui restait qu’un seul territoire à couvrir : le Nunavut. Elle a fait appel à la communauté pour sociofinancer son périple, ce qu’elle a pu réaliser en avril dernier. Elle a séjourné à Iqaluit du 11 au 25 avril, en plein Toonik Tyme Festival. «Les gens célèbrent l’arrivée du soleil après un long hiver. J’ai eu droit à du soleil et un ciel bleu pendant deux semaines», se rappelle, le sourire aux lèvres, Mimi Tremblay.

Durant son séjour, où elle a été hébergée chez des habitants, elle a pu constater le contraste entre la modernité et les traditions inuites. «Ils vivent comme nous, mais ils sont restés très près de leurs traditions.»

Ce qu’elle retient de son expérience pancanadienne? «Chaque province en soi pourrait être un pays en raison des gens et des paysages. C’est ça le Canada, c’est ce qui m’a charmé. Et ce qui représente le mieux le Canada, ce sont les gens», souligne Mimi Tremblay.

Elle est parvenue à résumer ces quatre périples canadiens en un long métrage de 90 minutes. «En gardant ma ligne directrice en tête, c’était plus facile de choisir ce que j’allais mettre», relate-t-elle. Les citoyens pourront voir le fruit de son travail le 16 juin prochain. Son documentaire Repères sera présenté en première à l’hôtel Beatnik à Bromont. Les portes ouvrent à 19h30. Informations et billets au www.filmsoiseaudenuit.com.

Oiseau de nuit

Mimi Tremblay souhaite réaliser dix longs métrages tournés aux quatre coins de la planète. Elle a donc cofondé, avec sa soeur Maryse, Oiseau de nuit, un organisme à but non lucratif, en 2016. «Mon rêve, c’est de faire le tour du monde. Je suis une nomade dans l’âme», dit-elle.

La jeune femme de 30 ans a fait son secondaire à Saint-Hyacinthe, ses études collégiales en théâtre et cinéma à Drummondville, deux certificats à l’Université du Québec à Montréal en scénarisation cinématographique et en création littéraire avant de déballer ses boîtes à Bromont en 2014.

À ce moment, elle a commencé à développer son projet Oiseau de nuit. «J’ai eu besoin de partir, d’avoir un projet qui me garderait occupée pour plusieurs années», relate Mimi Tremblay.

États-Unis

Oiseau de nuit a débuté avec un road trip de 35 jours aux États-Unis, où Mimi Tremblay a notamment mis les pieds à New York, à Washington, au Texas, en Californie, en Arizona, au Wyoming, à Chicago et au Nevada. Ce premier périple de dix, elle l’a présenté, en 2017, dans son long métrage Nomades. Celui-ci sera disponible sur YouTube, en format payant, à compter du 22 juin 2018.

«C’est un documentaire. On a l’impression de voyager pour vrai. J’essaie d’amener les gens en voyage et le road trip est le voyage le plus populaire de la planète», relate Mimi Tremblay.

Et après?

Mimi Tremblay planche déjà sur son prochain voyage au cours duquel elle veut découvrir l’Amérique du Sud. En décembre, elle devrait s’envoler pour trois mois dans la portion nord, notamment en Guyane française, au Suriname, au Guyana, au Venezuela, en Équateur et en Colombie. Si elle n’a pas encore trouvé la thématique de ce nouveau voyage, elle prévoit prendre deux ans pour le compléter. Elle souhaite notamment visiter l’Île de Pâques. Et ensuite? «J’espère pouvoir aller partout. Je veux couvrir le reste du monde pour totaliser dix films», dit-elle.

Mimi Tremblay aimerait se rendre en Australie et en Nouvelle-Zélande, en Asie, en Europe et en Afrique. Et si des destinations comme l’Arctique et l’Antarctique se démocratisent, elle n’écarterait pas d’y séjourner.

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