La musique de François Dompierre célébrée à Sutton

Par Stéphanie MacFarlane
La musique de François Dompierre célébrée à Sutton
Une centaine d’artefacts permet de retracer les 50 ans de carrière du compositeur François Dompierre au Musée des communications et d’histoire de Sutton. (Photo : Journal Le Guide - Stéphanie Mac Farlane)

MUSÉE. La nouvelle exposition du Musée des communications et d’histoire de Sutton, qui sera accessible au public à compter du 23 juin, propose un retour sur les 50 ans de carrière du compositeur François Dompierre. Ce dernier a vécu environ huit ans à Sutton.

Disques, musique classique, trames sonores, refrains publicitaires et orchestration, l’oeuvre de François Dompierre est vaste et multiple. «C’est diversifié. Il est un touche à tout», résume Richard Leclerc, concepteur de l’exposition et président du Musée des communications et d’histoire de Sutton.

Si François Dompierre célèbre 50 ans de carrière, il a été initié à la musique à l’âge de 4 ans. Une photo de l’exposition le montre d’ailleurs assis à un orgue alors qu’il devait être âgé d’environ 6 ans. Il aurait écrit sa première partition à l’âge de 12 ans. Le document est d’ailleurs exposé à Sutton.

Parcours

La carrière de Dompierre a été véritablement lancée en 1970 avec Demain matin Montréal m’attend, la célèbre comédie musicale qu’il cosigne avec le dramaturge Michel Tremblay.

Son oeuvre compte plus de 200 chansons, dont Saute Mouton. François Dompierre a d’ailleurs remporté un disque d’or pour son disque éponyme de musique instrumentale. «Quand un disque musical devient un disque d’or, ça veut dire que sa musique est très appréciée», souligne Richard Leclerc.

François Dompierre signe la trame sonore d’une trentaine de films, dont certains ont été réalisés par Denys Arcand (Jésus de MontréalLe déclin de l’empire américain), Claude Fournier (Bonheur d’occasion), Jacques Godbout (IXE-13), Jean Beaudin (Le matou), Denise Filiatrault (L’Odyssée d’Alice Tremblay, C’t’à ton tour, Laura Cadieux) et Léa Pool (La passion d’Augustine).

Pour souligner son oeuvre cinématographique, 16 bandes-annonces, dont la trame sonore du film a été signée par Dompierre, rouleront en boucle sur un écran de la salle d’exposition du Musée, précise Richard Leclerc.

On doit aussi au compositeur de nombreuses oeuvres musicales. Il a d’ailleurs signé Les Glorieux, un récit musical interprété par les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sous la direction de Kent Nagano, pour souligner les 100 ans du Canadien de Montréal.

François Dompierre est également l’auteur de nombreuses ritournelles publicitaires, dont la campagne de Labatt «On est 6 millions, faut se parler» diffusée en 1975 et 1976.

Enfin, il a oeuvré à titre d’orchestrateur et de directeur musical sur de nombreux projets, dont avec Pauline Julien et Félix Leclerc, en plus d’avoir collaboré avec la violoniste Angèle Dubeau et le pianiste Alain Lefèvre.

Distinctions

L’exposition permet aussi de constater l’ensemble des récompenses remises à François Dompierre. Les Félix, les Génie et le prix Gémeau qu’il a remportés trônent aux côtés d’autres distinctions remises, notamment, par la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) ou encore ses insignes de membre de l’Ordre du Canada et de Chevalier de l’Ordre national du Québec, toutes deux reçues en 2014.

«Le plus beau prix, selon moi, c’est son Prix Hommage du Gala du cinéma québécois en 2016. Il a signé près d’une trentaine de musiques de film. C’est une carrière riche», souligne Richard Leclerc.

Encore aujourd’hui, alors qu’il soufflera ses 75 bougies le 1er juillet, François Dompierre continue de composer de la musique, soulève, au passage, Richard Leclerc.

Une centaine d’artefacts

Si l’exposition met de l’avant l’oeuvre musicale de Dompierre, on y découvre aussi sa passion pour la bonne cuisine et la gastronomie. «François donnait des cours de cuisine dans son sous-sol quand il habitait à Sutton. Il appelait ses ateliers Dompierre ludique. Il fonctionnait par thème et [sa philosophie était] on cuisine et on mange», relate Richard Leclerc. On le voit d’ailleurs à l’oeuvre sur l’une des photos exhibées. Richard Leclerc ajoute que Jehane Benoit, qui a fait l’objet d’une exposition au Musée de Sutton en 2012, est une source d’inspiration culinaire pour François Dompierre.

L’exposition, qui sera présentée jusqu’au 8 octobre, rassemble une centaine de pièces. Toutes ont été fournies par Claude Laporte, la conjointe de François Dompierre.

Un piano à queue, de marque Bösendorfer et qui aurait appartenu au compositeur Franz Liszt, trône au centre de la salle d’exposition. Il a été gracieusement prêté par Diane Cormier, propriétaire de l’église historique de Glen Sutton où se trouvait l’instrument. «Ce piano ne fait pas partie de l’histoire de Dompierre, mais de celle de Sutton. Il aurait été importé en 1899», conclut Richard Leclerc.

 

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