Francine Ruel et ses bonheurs de vivre à Lac-Brome

Par Stéphanie MacFarlane
Francine Ruel et ses bonheurs de vivre à Lac-Brome
Francine Ruel reprend son rôle de la juge Dion, cet automne dans la série Rupture, diffusée sur ICI Radio-Canada Télé. (Photo : Gracieuseté)

RENCONTRE. La comédienne et auteure Francine Ruel a récemment publié le quatrième (et dernier) tome de sa saga mettant en vedette son héroïne Olivia Lamoureux. Si elle écrit sur le bonheur, Francine Ruel cultive le sien depuis 13 ans à sa résidence de Knowlton.

Quand elle s’est installée à Lac-Brome, Francine Ruel y a trouvé un havre de paix, mais surtout, elle y a retrouvé Francine, «une fille qu’elle ne connaissait plus», raconte-t-elle.

Francine Ruel a vécu en ville toute sa vie. Et son statut de comédienne commençait à peser lourd. «Je n’étais plus capable de faire trois pas sans me faire arrêter [par les gens], dit-elle. […] Je fais un métier. Je travaille à la télé, je ne “passe” pas à la télé. Je suis un être humain qui fait un métier extraordinaire.»

Des amis, qui vivaient dans la région, l’ont incitée à venir s’installer à Knowlton. «J’ai pu vivre ici incognito pendant plusieurs années. Le respect des anglophones est formidable. Je ne me maquille même plus pour aller faire l’épicerie», lance-t-elle en riant.

Outre les recommandations d’amis, pourquoi a-t-elle choisi Lac-Brome? «Je n’irais pas dans les Laurentides, répond-elle du tac au tac. C’est trop commercial, il y a trop de mouches et c’est trop moderne!»

Elle confie aimer beaucoup les régions ayant un passé loyaliste, notamment pour les soins qu’apportent les résidents à leurs aménagements paysagers. «Les jardins sont la prunelle de leurs yeux. Je n’ai jamais vu un jardin laid ici», poursuit Mme Ruel.

Elle apprécie aussi les paysages de la région qui lui rappellent ceux de la Toscane avec les collines et le côté ludique. «Je n’aime pas les montagnes. Je n’irais pas en Suisse! J’aime la mer et les champs de culture», ajoute l’écrivaine. Cette dernière avoue aussi avoir un faible pour les chemins de terre, nombreux dans la région, qui lui font penser à l’Europe.

Sa première maison (jaune), la même qui a inspiré les péripéties des trois premiers tomes de la saga d’Olivia Lamoureux, a nécessité de nombreux travaux, dont le changement de 29 fenêtres. Même constat avec la deuxième propriété, toujours située à Knowlton. Outre les rénovations, celle-ci compte un magnifique jardin qui embellit année après année. Fines herbes, tomates, fleurs, arbres, pommiers et poiriers composent notamment l’aménagement paysager. «Imaginez, il y a des chevreuils qui visitent mon jardin lorsque j’écris et je suis en plein village!» Elle ajoute avoir toujours apprécié les fleurs. «S’il n’y avait pas de mauvaises herbes, je serais heureuse! C’est agréable de travailler dans la terre. Ça “ground” beaucoup.»

Le diagnostic d’un cancer de l’endomètre, il y a quatre ans, lui a aussi fait voir la vie différemment, notamment sa fragilité. «Je me pensais éternelle… La maladie, c’est la seule justice sur terre. On ralentit des choses et on choisit ses combats», dit-elle.

Projets

Si le grand public l’a connue comme comédienne, Francine Ruel écrit depuis de nombreuses années, tant des romans, que pour des émissions pour enfants et des dramatiques à la télévision. Ses livres sont publiés au Québec, en France, en Suisse et en Belgique.

En 2005, elle publie Et si c’était ça le bonheur. Au départ, ce tome devait être le seul de cette série. La demande du public, notamment dans les salons du livre, l’a amenée à écrire la suite de l’histoire d’Olivia Lamoureux dans Maudit que le bonheur coûte cher, Bonheur es-tu là?, puis dans Le bonheur est passé par ici.

L’auteure de 70 ans, qui compte 15 romans à son actif, souffle au passage qu’il y a un autre projet dans l’air. «Il est très différent des autres dans le style et dans le ton, précise-t-elle. Je prends le temps. J’ai envie d’essayer autre chose. J’ai besoin de défis, d’aller ailleurs. Si je n’apprends pas, je ne suis pas heureuse.»

Francine Ruel donne aussi des ateliers à la Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ) et débute un projet qu’elle qualifie de formidable avec la Ville de Brossard : l’envolée des mots. Elle donnera six ateliers d’écriture à une quarantaine d’étudiants. L’écrivaine a aussi enseigné neuf années à l’université Bishop’s.

«Les gens viennent vérifier s’ils aiment l’écriture. Je ne peux pas donner le talent, mais je peux donner des outils et ça prend de la discipline», dit-elle. «Des gens m’ont tendu la main quand j’étais plus jeune. Et j’ai toujours dit que je ne serai jamais une “mémé”, mais que je serai une “pépé”, une passeuse de passion», conclut Mme Ruel.

Séance de signatures de Francine Ruel

Francine Ruel sera à la librairie Attraction, située au Domaine du parc de Cowansville, le 30 août de 14h à 17h, pour une séance de signatures et rencontrer les lectrices et lecteurs.

 

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