Sutton: une présence dangereuse de skieurs dénoncée

Photo de Roxanne Langlois
Par Roxanne Langlois
Sutton: une présence dangereuse de skieurs dénoncée
Des plaintes relatives à la présence de skieurs et planchistes dans les sentiers pédestres fréquentés l'hiver sont logées régulièrement au PENS.  (Photo : Gracieuseté-Parc environnement naturel de Sutton)

SÉCURITÉ. À chaque bordée de neige, la problématique se manifeste de nouveau: des skieurs dévalent les sentiers pédestres du Parc environnement naturel de Sutton (PENS), créant des conflits d’usage potentiellement dangereux. Craignant qu’un grave accident ne survienne, l’organisme demande à ces visiteurs indésirables d’opter pour des lieux spécifiquement dédiés à leur discipline.

Si la fin janvier, des écoliers prenant part au programme Jeunes/Nature du PENS ont eu toute une frousse lorsqu’un groupe de skieurs ont brusquement fait leur apparition dans le sentier Round top, où ils se trouvaient. Les cris des petits les ont alertés assez rapidement pour qu’ils aient le temps de dévier de leur trajectoire, mais un grave accident aurait pu survenir.

«Ça a été la goutte qui a fait déborder le vase», lance Patricia Lefèvre, directrice générale du PENS. «Je ne veux pas être mélodramatique, mais si un enfant se retrouve quadraplégique pendant le restant de ses jours, je crois que la personne qui lui sera rentrée dedans ne se sentira pas bien», ajoute celle qui est à la barre du PENS depuis sept ans. L’hiver dernier, un papa portant sur son dos son bébé a également passé à deux cheveux de se faire happer dans des circonstances similaires, se souvient-elle.

Si certains sont des récidivistes et se formalisent peu que leur présence sur place soit interdite, ce n’est pas le cas de tous, ajoute Mme Lefèvre: «Je pense que la majeure partie des gens ne sont juste pas conscients qu’il y a des sentiers pédestres qui sont fonctionnels en hiver et ne réalisent pas les risques que ça peut poser de les emprunter».

La problématique, récurrente, tend à prendre de l’ampleur avec les années; des plaintes sont régulièrement logées par des randonneurs relativement à la présence de skieurs dans ces sentiers dédiés à la marche, et ce, même si de l’affichage indique clairement qu’ils n’y sont pas les bienvenus.

Mont-Sutton a d’ailleurs fait un immense effort en ce sens, souligne Mme Lefebvre, ce qui n’a néanmoins pas découragé les imprudents. Le bouche-à-oreille, notamment sur les réseaux sociaux, fait son chemin au sein des amateurs de sports de glisse, déplore la gestionnaire. «J’ai constaté que les gens se passent le mot», lance-t-elle. Par exemple, des photos de skieurs et planchistes dans ces sentiers identifiés par des poteaux circulent sur Facebook et sur Google, ce qui en incite d’autres à tenter l’expérience.

Gestionnaire du réseau de sentiers, l’organisme à but non lucratif n’a que très peu de latitude pour intervenir. Mme Lefebvre a d’ailleurs contacté les autorités policières suite à l’incident impliquant le père de famille l’hiver dernier, en vain; la sensibilisation demeure le seul moyen de convaincre les fautifs. Le PENS a d’ailleurs acheminé un communiqué à tous les médias locaux vendredi, espérant que les usagers captent le message.

Patricia Lefèvre espère maintenant que les personnes visées se redirigeront vers d’autres lieux spécifiquement adaptés à leur pratique sportive, où ils pourront carburer à l’adrénaline sans compromettre la sécurité d’autrui. Elle cite à cet effet Mont-Sutton (ski sous toutes ses formes) et Plein Air Sutton (ski de fond et fatbike).

Quelque 52 kilomètres de sentiers peuvent être parcourus dans ce réseau l’été et 48 l’hiver. Plus de 40 000 randonneurs par année foulent ces pistes chaque année.

 

Partager cet article

Leave a Reply

avatar
  Subscribe  
Me notifier des