Un antiquaire nouveau genre à Sutton

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Par Xavier Demers
Un antiquaire nouveau genre à Sutton
Simon Bergeron, dans sa magasin d’antique sur la rue Principale à Sutton. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

ANTIQUITÉS. Simon Bergeron, un passionné d’antiquités montréalais qui a un pied à terre dans les Cantons-de-l’Est depuis quelques années, a depuis récemment pignon sur rue à Sutton. Visite dans l’antre qui regorge d’objets rares et variés, datant autant du 18e siècle que des années 90.

Un miroir Régence datant du début des années 1700, une brosse à dents en forme de jambe de femme des années 1970, une vache en plastique faite aux États-Unis il y a une quarantaine d’années, un coffre fait au Québec il y a environ 200 ans: les objets qui se retrouvent dans la Maison Bergeron, une petite maison au cœur de Sutton, témoignent de la curiosité de l’antiquaire sur l’histoire de chacun de ses items.

«Ça, c’est un baril qui date de la fin du 19e siècle fait en Ontario, explique-t-il avec passion dans les yeux. Quelqu’un, il y a 80 ans, l’a coupé en deux et l’a transformé en meuble qui peut servir de table de chevet ou que tu peux mettre de chaque côté de ton divan. L’affaire que j’ai apprise, c’est que ça a déjà appartenu à Zombie Boy. J’aime ça avoir une histoire, ça ajoute quelque chose aux items.»

Même si la maison a beaucoup d’objets, le style ressemble un peu à un musée.

«J’essaie que mes items soient bien présentés et qu’on puisse bien les voir. Des fois, tu rentres chez un antiquaire et il y a beaucoup de stock et c’est très poussiéreux. Parfois, ça peut ressembler à de l’accumulation. Moi, mes trucs sont choisis.»

«Avant, ici, c’était une maison où il ne se passait pas grand-chose. Le gars avant moi, il la louait comme un entrepôt. Elle était un peu oubliée. Je suis témoin privilégié de Sutton depuis quatre ans, je sais que ça s’en va dans la bonne direction. Un jour, j’ai vu une petite pancarte à louer devant la maison et tout a parti là.»

Parcours

Simon Bergeron est diplômé en histoire de l’art à l’Université de Montréal.

«Quand tu sors d’un bac en histoire de l’art, essaie de gagner ta vie là-dedans, c’est impossible, affirme-t-il. Il faut que tu aies une maîtrise, un doctorat, et tu es chanceux d’avoir une job à 42 500 $ dans un musée.»

Après ses études, M. Bergeron décide donc de rejoindre son père à son imprimerie, un emploi qu’il n’aimait pas particulièrement, de son propre aveu.

«Il y a un de mes amis qui m’a dit: ‘’Simon, si tu ne fais pas attention, tu vas te réveiller dans dix ans à faire un travail que tu n’aimes pas.’’»

C’est alors l’antiquaire a atterri par tout hasard au Petit Musée, sur la rue Sherbrooke, à Montréal.

«J’habitais au centre-ville, j’étais en période de réflexion et je suis passé devant la vitrine du Petit Musée, raconte-t-il. Je suis rentré à l’intérieur et je leur ai demandé si je pouvais travailler pour eux. J’ai été chanceux, l’assistant du patron quittait pour la retraite. Il m’a formé pendant un an et je suis resté pendant dix ans après.»

«C’est un espèce d’antiquaire d’un autre temps, explique M. Bergeron. C’est quatre étages remplis de trésors. C’est aussi pour ça que mes choix sont très variés parce que, là-bas, il y avait plusieurs catégories d’items, des objets amérindiens, de l’art asiatique, des meubles de toutes les sortes. C’est là où j’ai tout appris.»

Sa passion pour les objets s’est petit à petit développée. Il a d’ailleurs fait une trouvaille impressionnante en 1998.

«C’est des chenets, c’est fait pour décorer des chemins, beaucoup plus grands que la mienne, dans un manoir ou un château, raconte-t-il. C’est en bronze doré, ça faisait environ 50 cm de haut. Je sais, par le style et les motifs, que c’est de la période empire, quand Napoléon était au pouvoir. Pour moi, ça représentait beaucoup d’argent à l’époque, mais c’est un trésor.»

«Je suis tout seul chez moi, je m’achète du chinois pour emporter et un livre sur le style empire. C’est un des trucs que j’aime beaucoup dans mon métier, c’est que j’apprends à chaque fois. Je regarde le livre, je tourne les pages, je tombe sur mes chenets dans le livre. Je regarde, c’était au château Fontainebleau. J’ai contacté le musée de Malmaison et j’ai su que c’était un des plus grands bronziers d’époque qui les a conçus. C’était ma plus grande trouvaille de ma carrière. Je les ai vendus à Sotheby’s.»

Rens.: maison-bergeron.com et page Instagram

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