Pénurie de main-doeuvre: la MRC de Brome-Missisquoi met les bouchées doubles

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Par Claude Hebert
Pénurie de main-doeuvre: la MRC de Brome-Missisquoi met les bouchées doubles
La MRC de Brome-Missisquoi s’intéresse notamment aux travailleurs immigrants comme source de main-d’œuvre potentielle. (Photo : Gracieuseté)

TRAVAIL. Journées d’accueil, conférences sur l’immigration, websérie et campagne promotionnelle: la MRC de Brome-Missisquoi multiplie les initiatives depuis deux ans pour contrer la pénurie de main-d’œuvre sur son territoire.

La croissance économique, la baisse du taux de chômage, l’exode des jeunes vers les grands centres et le départ à la retraite de nombreux baby-boomers constituent un casse-tête de taille pour plusieurs employeurs de Brome-Missisquoi qui peinent à pourvoir certains postes vacants.

Les besoins des entreprises augmentent sans cesse alors que le personnel disponible se fait de plus en plus rare. Brome-Missisquoi prévoit avoir besoin de 10 000 travailleurs au cours des dix prochaines années.

Dans un tel contexte, les entreprises privées et institutions publiques ne peuvent se croiser les bras et laisser aller les choses. Elles doivent être proactives et faire montre d’imagination pour attirer des gens en âge de travailler et fidéliser cette nouvelle population.

Consciente du problème, la MRC de Brome-Missisquoi a choisi d’augmenter de façon significative son budget dédié à l’attraction, l’intégration et la rétention de la main-d’oeuvre qui passe de 260 000 $ en 2018 à 666 000 $ en 2019. Une opération séduction qui s’adresse tout spécialement aux 18-40 ans.

«Le financement  de notre stratégie d’attraction de travailleurs et de jeunes familles est assuré en bonne partie par des subventions gouvernementales (566 000 $), alors que la différence (100 000 $) provient des quotes-parts des municipalités», résume Francis Dorion, directeur général adjoint (DGA) à la MRC.

La cour aux travailleurs immigrants

La MRC de Brome-Missisquoi s’intéresse notamment aux travailleurs immigrants comme source de main-d’œuvre potentielle et a organisé trois journées d’accueil à leur intention, l’an dernier, sur les territoires de Bromont, de Bedford et de Farnham. Au début de 2019, c’était au tour de Cowansville d’accueillir une délégation de chercheurs d’emploi de Montréal.

Une rencontre similaire est prévue, aujourd’hui, le 13 mars, dans la partie est de Brome-Missisquoi. «Les visiteurs passeront une demi-journée à Sutton et l’autre demi-journée à Lac-Brome. Ils pourront ainsi se familiariser avec la région, découvrir les attraits et services qui y sont offerts, tout en s’informant sur les opportunités d’emploi», précise M. Dorion.

Selon le dernier bilan dressé par le comité immigration de la MRC, en date du 23 janvier, 130 personnes ont visité Brome-Missisquoi dans le cadre des journées d’accueil. Certaines y sont revenues passer des entrevues, mais aucune d’entre elles n’a reçu d’offre d’emploi.

«De façon générale, il faut que les municipalités, les entreprises et les propriétaires d’immeubles à logement soient plus accueillants à l’endroit de la main-d’œuvre étrangère et favorisent leur intégration en offrant plus de facilités en termes de transport et de logement. Les employeurs doivent par ailleurs être en mesure d’offrir aux travailleurs immigrants des emplois de qualité, avec des bénéfices marginaux intéressants et des possibilités d’avancement», signale M. Dorion.

Sensibiliser la communauté d’affaires

La MRC mise également sur la mobilisation et l’implication financière de la communauté d’affaires pour l’aider à établir un véritable dialogue avec la main-d’œuvre étrangère. C’est précisément dans cette optique qu’elle a dressé un portrait de l’immigration, sous forme de conférence, à l’intention des employeurs, élus et employés municipaux, intervenants du milieu de la santé et représentants des organismes communautaires. Cette conférence a été présentée, du 22 janvier au 26 février, dans les six pôles géographiques de Brome-Missisquoi.

Une deuxième conférence, portant cette fois-ci sur les avantages de la diversité culturelle en entreprise et l’intégration professionnelle des personnes immigrantes, tient l’affiche dans Brome-Missisquoi jusqu’au 22 mars. Cette séance d’information intéressera particulièrement les gestionnaires, chefs d’équipe et responsables des ressources humaines.

Websérie et campagne promotionnelle

La firme Visages régionaux a par ailleurs développé une image de marque pour Brome-Missisquoi ainsi qu’une image particulière pour chacune des 21 municipalités locales dans le cadre de la stratégie d’attraction de travailleurs et de jeunes familles.

La campagne promotionnelle s’intitule Fais le MOVE!, une expression qui reflète bien la coexistence du français et de l’anglais dans Brome-Missisquoi. Elle sera lancée le 21 mars à Bedford et s’échelonnera sur une période de six mois, soit jusqu’en août prochain.

«La campagne élaborée par Visages régionaux s’appuie notamment sur la production d’une websérie de huit épisodes – d’une durée de quatre à cinq minutes chacun – qui seront diffusés sur le Web et les réseaux sociaux à intervalle de cinq à six semaines. Cette série met l’emphase sur les gens et les territoires de Brome-Missisquoi», résume M. Dorion.

La websérie a été tournée et montée par la société de production vidéo montréalaise Arborescence. Cette dernière est animée par Michel Kunta et donne la parole à des personnalités connues comme le jardinier-maraîcher Jean-Martin Fortier, de Saint-Armand, le coureur d’élite Alister Gardner, de Bromont, et la céramiste Marie-Joël Turgeon (Atelier Tréma), de Bedford.

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