Une deuxième vie pour l’ancienne crèmerie de Sutton

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Par Xavier Demers
Une deuxième vie pour l’ancienne crèmerie de Sutton
L’ancienne crèmerie de Sutton sera complètement revitalisée pour accueillir toutes les activités de l’école d’art de Sutton d’ici trois ans. (Photo : Journal Le Guide-Xavier Demers)

ARTS. Près de 40 ans après la fin des activités de l’ancienne crèmerie de Sutton, le bâtiment de la rue Principale Sud se trouve une deuxième vie. L’École d’art de Sutton, pilotée par Anne-Marie Lavigne, prendra en charge l’immeuble pour en faire la première école d’art dédiée aux enfants.

L’École d’art de Sutton a été fondée par Mme Lavigne à l’été 2017 et dessert une centaine de familles à travers des camps d’art durant l’été. Initialement installée chez elle, l’école transférera petit à petit ses activités dans l’ancienne crèmerie. Mme Lavigne souhaite que le projet soit complété d’ici trois ans.

«Pour l’instant, on vise la rénovation globale dans trois ans, a expliqué Mme Lavigne. À l’arrière, on va ouvrir cet été un hangar, qui va être l’équivalent du garage actuel. On doit transformer l’espace pour qu’il soit adéquat pour les activités qui sont prévues. Ce serait la première galerie d’art dédiée aux enfants. Il n’en existe pas ailleurs. Ce qui est intéressant, c’est que je vais pouvoir déployer le plein potentiel du projet. Tous les investissements pourront être cumulés et ne seront plus limités. Je ne pourrai pas plafonner dans un espace comme celui-là.»

Mme Lavigne espère que ce projet fasse des petits ailleurs au Québec.

«Si on est capable de faire ça dans la municipalité de Sutton, prendre un vieil édifice et le revitaliser, on peut dire aux autres municipalités qu’on leur envoie le modèle et profitez-en pour peut-être faire la même chose.»

C’est la famille Boulanger qui était propriétaire de l’édifice. Mme Lavigne a entamé les négociations pour acheter la crèmerie, qui servait pour l’administration du mont Sutton, il y a environ un an.

L’École d’art de Sutton a été fondée en 2017. Photo: Gracieuseté

«C’est une famille extraordinaire, a déclaré Mme Lavigne. C’est très symbolique. Je me sens privilégiée de reprendre le flambeau de la place. Même si la famille est un peu fatiguée et qu’elle s’est départie de son dernier bastion, ça a pris un an parce qu’il y avait beaucoup de projets sur la table. Cette famille-là a des valeurs philanthropiques. Elle a la communauté de Sutton à cœur, la région à cœur.»

La fondatrice de l’École d’art souligne qu’elle souhaite travailler en collaboration avec la Ville de Sutton, le Centre local de développement et les gouvernements pour boucler le projet.

Toucher à tout

À travers son école, Anne-Marie Lavigne souhaite transmettre des connaissances d’art variées, allant de la peinture à la musique en passant par le théâtre et la sculpture.

«C’est la moitié de la superficie qui sera occupée par l’école d’art, a expliqué Mme Lavigne. On vise à faire une salle pour la sculpture, une cuisine pour les enfants avec un chef qui cuisinera avec eux, un studio d’art pour l’enseignement des arts visuels, l’enseignement de la musique. L’objectif de l’école d’art, c’est que les artistes enseignent aux enfants. Ce sont des camps d’été sous forme de rencontres, d’expériences uniques.»

Quand le bâtiment sera rénové, les activités ne seront plus limitées aux camps.

«Une fois que ce sera rénové, ce sera beaucoup plus libre. Un enfant qui entre dans l’école d’art pourra aller là où le cœur lui en dit. Si un enfant se sent un peu contemplatif, il peut aller voir une projection, faire des enregistrements sonores, travailler une sculpture. S’il se sent super expressif, il pourra aller dans la salle de théâtre ou de danse. Il pourra explorer des sections où l’énergie correspond plus à son humeur.»

Mme Lavigne indique également que lorsque les enfants seront de retour en classe, l’École d’art sera ouverte à la communauté.

Un bâtiment rempli d’histoire

Le patriarche de la famille Boulanger, Harold Boulanger, avait fondé l’entreprise Les Produits laitiers Sutton à son arrivée dans la ville dans les années 40. L’entreprise était productrice de beurre, de poudre de lait écrémé, de protéines et de lait au chocolat.

La même famille a également développé le Mont Sutton afin d’en faire un centre de ski au début des années 60. À l’époque, le développement du mont se voulait une raison pour pouvoir faire travailler les employés de la laiterie durant les mois d’hiver.

Les Boulanger ont finalement vendu le centre de ski en 2016.

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