Inondations dans le secteur Choinière-Decelles-Fortin: 1,25 M$ pour relocaliser les riverains

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Par Xavier Demers
Inondations dans le secteur Choinière-Decelles-Fortin: 1,25 M$ pour relocaliser les riverains
Le secteur Choinière-Decelles-Fortin est régulièrement touché par des inondations. (Photo : Le Guide - archives)

INONDATIONS. Les résidents du méandre dans le secteur Choinière-Decelles-Fortin à Brigham, touchés régulièrement par des inondations, pourront avoir droit à une compensation financière comme allocation de départ ou pour le déplacement d’une résidence principale d’une valeur maximale de 250 000 $ par résidence visée. La Municipalité de Brigham et le ministère de la Sécurité publique (MSP) ont ratifié une entente de financement à la fin du mois de mars.

Les propriétaires pourront être compensés par la valeur à neuf du bâtiment, si celle-ci n’excède pas 200 000 $, et la valeur totale du terrain selon le rôle d’évaluation, avec un maximum total de 250 000 $.

Le maire de Brigham, Steven Neil, assure toutefois qu’il s’agit d’une cession volontaire et qu’aucune expropriation ne sera faite.

«C’est une offre, ce n’est pas obligatoire, ce n’est pas une expropriation. C’est une offre qui est exceptionnelle, mais elle ne sera offerte qu’une fois. Quand ce sera terminé, ceux qui n’acceptent pas l’offre seront un peu laissés à eux-mêmes. Ils ne pourront pas se plaindre dans le futur qu’ils n’auront pas accès à des assurances ou une hypothèque. Les gens seront bien informés des contraintes, de l’offre et que, selon nous, c’est une offre exceptionnelle.»

Le ministère de la Sécurité publique et la Municipalité de Brigham ont conclu une entente relative à des mesures financières compensatoires pour la relocalisation de certaines personnes du secteur Choinière-Decelles-Fortin, touchées régulièrement par des inondations. (Photo: Le Guide – Xavier Demers)

«Je suis heureuse de l’annonce de cette entente de financement entre le ministère de la Sécurité publique et la Municipalité de Brigham. Cela apporte une forme concrète de soutien aux citoyens du secteur Choinière-Decelles-Fortin qui ont été durement éprouvés; tant émotivement que financièrement», a déclaré de son côté la députée de Brome-Missisquoi, Isabelle Charest.

Aide financière

L’aide financière, qui sera versée à la Municipalité pour le rachat et le retrait des sept propriétés visées, pourrait atteindre jusqu’à 1,25 M$. Le ministère financera entièrement le programme, à l’exception de l’intérêt encouru sur un prêt temporaire, qui pourrait avoisiner 75 000 $, dans le pire des cas. Le MSP a d’ailleurs déjà versé 530 000 $ à la Municipalité, selon l’entente.

«Le vrai montant sera déterminé seulement lorsque le ministère de la Sécurité publique nous donnera les adresses qui seront visées, a lancé M. Neil. Ils vont refaire l’étude pour s’assurer que les adresses visées dans le rapport sont encore admissibles et si d’autres se sont rajoutées. Tout ce qui est une résidence principale en date du 28 mars, selon les données du MSP, sera admissible au programme.»

La Municipalité aura jusqu’à la fin de l’année 2020 pour compléter les activités retenues dans l’entente avec le ministère, ce qui inclut l’obtention du consentement des propriétaires, l’acquisition des propriétés, la démolition des bâtiments et le remblayage des terrains. Le maire a souligné que les propriétaires auront jusqu’au début 2020 pour signaler leur intention.

Le maire de Brigham, Steven Neil (Photo: Le Guide – Xavier Demers)

«On ne veut pas mettre un toit sur tout le secteur parce qu’on a quelques journées d’inconvénients. Si tu vas là en plein été et que ça va bien, c’est un coin formidable. On comprend que certaines personnes ne veulent pas quitter, c’est sûr et certain. Pour ceux qui sont vraiment inondés, à chaque fois qu’il pleut, surtout dans le secteur du méandre, c’est un autre cas», a ajouté M. Neil.

Brigham aura également à installer des repères de crue et des panneaux explicatifs ainsi que de mettre en place un système d’alarme précoce par SMS.

Rapport de l’INRS

Dans un rapport de Karem Chokmani, de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), sept résidences principales ont été identifiées. Plusieurs solutions ont été envisagées, autant l’immunisation des résidences principales que le rehaussement de certaines sections de rues publiques, mais l’option du rachat et du retrait des résidences principales du secteur du méandre a été jugée la plus avantageuse financièrement.

L’étude a par ailleurs déterminé que le secteur du méandre, qui compte 12 % des résidences du quartier étudié, subit environ le tiers de tous les dommages annuels moyens, selon une simulation. Celle-ci prévoit un dommage annuel moyen d’environ 28 209 $ sur le total de 87 614 $, pour une moyenne de 4 029 $ par résidence visée.

Pertes foncières

Si le maire Neil est très heureux de l’entente, il convient que la perte des revenus fonciers de la Municipalité pourrait être importante.

«La perte pour la ville est énorme en ce qui concerne la valeur foncière, a affirmé le maire. Malheureusement, de voir ça comme ça, ce n’est que de penser à court terme. Les villes qui pensent que ce sera gagnant à long terme de permettre la construction en zone 0-20 ans, c’est risqué. Avec les inondations des derniers printemps, les gens voient ça maintenant.»

Le secteur Choinière-Decelles-Fortin a été délimité en trois zones distinctes. C’est la zone du méandre qui est touchée par cette initiative. (Carte: Institut national de la recherche scientifique)
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