Des parents inquiets d’une possible baisse de services à l’école de Sutton

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Par Xavier Demers
Des parents inquiets d’une possible baisse de services à l’école de Sutton
Une quinzaine de parents inquiets se sont déplacés à l’hôtel de ville de Sutton pour une séance d’informations concernant une possible baisse de services professionnels à l’école primaire, mercredi dernier. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

ÉDUCATION. Des parents qui craignent une éventuelle baisse de services pour la prochaine rentrée scolaire avec le changement de la cote de défavorisation de l’école, qui passe de 7 à 3, se sont rassemblés la semaine dernière pour tenir une séance d’information. Selon des chiffres qui ont été obtenus par le conseil d’établissement, une bonne partie des services aux élèves auraient été considérablement réduits, des informations démenties par la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC).

Les services d’orthopédagogie et d’orthophonie auraient été coupés de moitié, selon les informations obtenues par le conseil d’établissement de l’école. Ceux de psychoéducation auraient été réduits du deux tiers alors que les services de psychologie auraient été rassemblés dans un comité de priorisation, situé à l’école secondaire Massey-Vanier. Une situation qui a suscité l’ire de la quinzaine de parents qui s’étaient déplacés à l’hôtel de ville de Sutton, mercredi dernier.

«Le but, c’est d’informer les gens d’une réalité de laquelle on est peut-être un peu plus au fait et de se mobiliser pour demander les services auxquels nos enfants ont droit, a affirmé le président du conseil d’établissement de l’école, Alexandre Hamel-Lesieur. On se retrouve dans une situation où l’impact n’est plus juste aux enfants qui n’auraient plus ces services-là, mais à un point où tous les enfants pourraient vivre cet impact.»

La CSVDC assure de son côté que les services en psychoéducation, en orthophonie et en animation de vie spirituelle et communautaire seront maintenus tels quels. La porte-parole de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, Alexandra Langlois, a confirmé la réorganisation des services en psychologie. Pour ce qui est des services en orthopédagogie, Mme Langlois a déclaré que la décision de la CSVDC n’a pas encore été prise.

«Il n’y a qu’un seul service pour lequel les choses ne sont pas toutes attachées et il s’agit de l’orthopédagogie, a indiqué Mme Langlois. On est en consultation. Les choses évoluent. Pour le reste, on maintient le statu quo. Il n’y a qu’au niveau des psychologues où la façon de faire change dans l’objectif d’améliorer l’efficacité. Ce ne sera plus des psychologues qui seront attribués à des écoles précises avec des pourcentages de tâche, mais des regroupements de psychologuesqui vont traiter les dossiers par priorité et qui pourront être déployés pour donner les services aux élèves qui en nécessitent.»

Le conseil d’établissement souhaite, entre autres, que la CSVDC tienne en compte le pourcentage important d’élèves anglophones qui sont du côté francophone de l’école, qui est partagée entre la CSVDC et la Commission scolaire Eastern Townships (ETSB).

«Nous, à l’école de Sutton, il y a 25 % d’élèves issus de la communauté anglophone dans le secteur francophone, ce qui est une chose extraordinaire. C’est quelque chose qu’on valorise, mais il faut que ces enfants-là aient du support», a soutenu la membre du conseil d’établissement et mère d’une fille qui fréquente l’école de Sutton, Elisabeth Bouchard.

Demandes d’évaluation

La CSVDC a indiqué qu’aucune demande d’évaluation en psychologie n’a été faite pour l’année scolaire 2018-2019 à l’école de Sutton.

Cependant, des parents ont confirmé avoir fait des demandes d’évaluation, qui sont restées sans réponse.

«Ce qu’on a su comme parents, c’est que de multiples demandes d’évaluation ont été faites du côté des professeurs, a déclaré Elisabeth Bouchard. Depuis deux ans, elles étaient restées lettres mortes. On a su que la Commission scolaire n’avait reçu qu’une seule demande d’évaluation, ce qui est aberrant.»

Situation à Sutton

La situation socioéconomique de Sutton vient compliquer l’accès aux services des élèves. La gentrification et le vieillissement de la population de la ville d’environ 5 000 habitants contribuent à la baisse de la cote de défavorisation et au nombre d’élèves à l’école, qui a grandement diminué au cours des dernières années.

«En incluant la partie de Val-des-Cerfs et [de la Commission scolaire] Eastern Townships (ETSB), il y a dix ans, il y avait 248 élèves à l’école, présentement, on est 165, a relaté le président du conseil d’établissement, Alexandre Hamel-Lesieur. Juste dans la dernière année, pour Val-des-Cerfs, c’est 15 élèves de moins. C’est énorme. Non seulement, c’est une hémorragie qui est là depuis longtemps, mais elle n’est même pas arrêtée. Ça, ça nous impacte parce qu’il y a une grosse partie des ressources qui sont réparties au prorata du nombre d’élèves.»

«On parle ici de 114 élèves sur 16 370, a ajouté Alexandra Langlois de la CSVDC. L’école de Sutton est la quatrième plus petite école de la Commission scolaire. On peut comprendre l’inquiétude des parents quand on voit l’indice passait de 7 à 3, mais notre rôle à nous est d’assurer les services et c’est sûr ça qu’on travaille actuellement.»

Le conseil d’établissement a reçu le budget provisoire le 11 juin. Il sera adopté lors de la prochaine séance du conseil des commissaires, le 18 juin.

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