Mont Foster: la MRC de Brome-Missisquoi émet les certificats de conformité

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Par Claude Hebert
Mont Foster: la MRC de Brome-Missisquoi émet les certificats de conformité
Corridor appalachien prévoit acquérir 211 hectares à des fins de conservation sur le mont Foster. (Photo : Gracieuseté)

DÉVELOPPEMENT. Les règlements d’urbanisme adoptés par le conseil municipal de Bolton-Ouest, le 10 juin dernier, en lien avec le projet de développement et de conservation du mont Foster, ont été déclarés conformes aux dispositions du schéma d’aménagement de la MRC de Brome-Missisquoi.

Les membres du conseil des maires ont discuté du dossier à huis clos, avant leur assemblée régulière de mardi, avant de rendre un verdict unanime.

Le maire Jacques Drolet est satisfait de la tournure des événements et rappelle que les promoteurs «ont mis de l’eau dans leur vin» en acceptant de modifier leur projet. Le nombre de lots résidentiels sur le territoire de Bolton-Ouest a notamment été révisé à la baisse, de 44 à 24, alors que la zone vouée à la conservation est passée de 5,2 % à 86,7 % de la superficie totale.

Le Corridor appalachien, qui poursuit ses démarches en vue d’acquérir 211 hectares d’aires protégées additionnelles, aurait préféré soustraire la totalité du mont Foster au développement résidentiel, mais se dit satisfait des termes de l’entente intervenue avec le promoteur.

«Nous sommes d’avis que, dans le contexte actuel, les gains en conservation (…) sont considérables. Les écosystèmes les plus sensibles et les espèces les plus rares sont protégés en presque totalité», signalait la directrice générale de l’organisme, Mélanie Lelièvre, lors d’une entrevue accordée au <@Ri>Guide<@$p> au début de juin.

Opposition

Paul Geoffrion, résidant de Bolton-Ouest, voit les choses d’un autre œil.

Ce dernier assistait à la dernière assemblée mensuelle de la MRC et a profité de la période de questions réservée au public pour rappeler aux maires présents que la montagne est fragile et qu’on y dénombre huit espèces floristiques et quatre espèces animales vulnérables.

«La route (donnant accès aux lots résidentiels) va traverser un corridor où vit la salamandre pourpre. Le projet va également nuire à la qualité de l’eau du lac Brome. On veut bâtir des maisons là où des ruisseaux prennent leur source», affirme-t-il.

M. Geoffrion estime par ailleurs que la MRC de Brome-Missisquoi aurait dû s’en tenir à sa réglementation actuelle qui interdit l’aménagement de routes à l’extérieur du périmètre urbain des municipalités.

«Il serait embarrassant que le conseil des maires donne le feu vert au projet», a-t-il lancé, quelques minutes avant le vote des élus sur l’émission des certificats de conformité.

Satisfaction

Les promoteurs, Guy Lussier et Pierre Burel, ne cachent pas leur satisfaction et envisagent l’avenir avec optimisme après plusieurs années d’incertitude.

«La MRC a reconnu que nous avions des droits acquis dans le secteur, la Municipalité ayant émis des permis pour la construction de 2,1 km de route avant le 20 août 2012, soit avant l’adoption par la MRC d’un règlement de contrôle intérimaire interdisant la construction de routes à l’extérieur du périmètre urbain», explique M. Lussier.

Ce dernier laisse par ailleurs entendre que le Corridor appalachien devrait être en mesure de procéder à l’acquisition des 211 hectares convoités, à même ses fonds réservés, d’ici la fin de l’année en cours. À l’heure actuelle, le site appartient en totalité aux deux promoteurs.

«L’organisme pourrait avoir recours à une campagne de souscription pour aller chercher les sommes manquantes», ajoute-t-il.

Prochaines étapes

Les promoteurs prévoient soumettre une demande d’autorisation au ministère de l’Environnement dans les prochaines heures pour la construction du chemin du mont Foster et l’aménagement d’un rond de point à l’extrémité du chemin Paramount.

«De sept à huit mois pourraient s’écouler avant que le Ministère émette le certificat d’autorisation. On devrait donc pouvoir procéder à l’aménagement de la route en 2020», indique M. Lussier.

Quatre maisons sont déjà érigées sur les 24 lots autorisés et vingt autres terrains restent à construire. Les propriétaires des nouvelles résidences devront respecter certaines règles bien précises au niveau de l’occupation du sol.

«Sur un lot de 10 000 m2, il sera possible d’utiliser 1500 m2 pour l’habitation, la superficie restante de 8500 m2 ne pouvant être déboisée», précise le promoteur.

Le développeur immobilier prend soin de rappeler que les négociations avec la Municipalité et avec Corridor appalachien ont permis d’en arriver à une entente au sujet de la création d’une voie carrossable pour les véhicules d’urgence et d’un droit d’accès universel à la Tour des scouts, une aire d’observation offrant une vue imprenable sur les montagnes des environs.

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