Diminution des services professionnels à Sutton: Val-des-Cerfs tentera de trouver des solutions

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Par Xavier Demers
Diminution des services professionnels à Sutton: Val-des-Cerfs tentera de trouver des solutions
Les services en orthopédagogie diminueront de moitié à la prochaine rentrée scolaire à Sutton. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

ÉDUCATION. La Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) se penchera sur le dossier de l’école de Sutton afin de trouver des solutions pour pallier la baisse de services professionnels. L’organisation a confirmé du fait même que les services d’orthopédagogie seront coupés de moitié.

«Il est clair que pour les services éducatifs, la direction générale travaille à trouver une solution pour soutenir l’école de Sutton, a déclaré le directeur général de la CSVDC, Éric Racine. Par contre, ce qu’il faut comprendre, c’est que l’école de Sutton a perdu près de 30% de sa population étudiante depuis quatre ans. L’année prochaine, on parle de 114 élèves seulement. Nous, on doit redistribuer de façon équitable au niveau des besoins de là, une certaine diminution au niveau de certaines mesures de soutien.»

«Nous, on a refusé le budget à la dernière assemblée du conseil d’établissement (CE), a relaté le président du conseil d’établissement de l’école de Sutton, Alexandre Hamel-Lesieur. On a eu une rencontre avec [le DG adjoint à la CSVDC], Carl Morissette, on a présenté notre point ce soir, [le 18 juin]. On nous a mentionné qu’ils nous reviendraient avec des mesures transitoires en fonction de ce qu’ils seraient en mesure de faire. On verra ce qu’on fait pour la suite.»

Communauté de Sutton

Comme l’a relaté le directeur général de la CSVDC, la baisse du nombre d’élèves à la petite école de Sutton est l’un des facteurs importants de la diminution des services. Cette baisse est symptomatique d’un problème plus large, soit celui de la gentrification de la ville et du vieillissement de plus en plus important de la population.

«L’enjeu de fond, et ça, c’est un peu plus large, ça va demander la contribution de toute la communauté de Sutton, c’est de stopper l’exode des familles, a indiqué Alexandre Hamel-Lesieur. Il faut trouver des solutions à ça, parce que sinon ça sera à refaire chaque année et on n’aura peut-être plus d’arguments.»

«C’est une situation qui date de plusieurs décennies en arrière et elle n’est pas prête à résorber demain, a affirmé de son côté une des membres du conseil d’établissement présente à la séance du conseil des commissaires, Geneviève Hébert. On voit les données démographiques. Toute la communauté anglophone, c’est quand même assez défavorisé à Sutton. En plus de la francisation, il n’y a pas juste ça, il y a du soutien psychologique et de l’orthopédagogie, qui sont nécessaires aussi.»

Certains dossiers n’ont par ailleurs jamais été transmis à la Commission scolaire par les voies habituelles.

«La question du budget, il y a le fait que le nombre d’élèves qui diminue à Sutton, mais l’enjeu principal associé à tout ça, c’est la « non-comptabilisation » des problèmes qui ne sont pas drastiques, a soutenu Alexandre Hamel-Lesieur. L’analogie que je peux faire, c’est un peu comme dans le système de santé. Si tu fais un infarctus, c’est sûr que tu rentres à l’hôpital, c’est la grosse priorité et le système est fait pour ta prise en charge. Pour l’intervention plus précoce, il n’y a pas vraiment de services.»

Une autre membre du CE, Janna Hubacek, souligne quant à elle que la communauté de Sutton a tendance à vouloir régler ses problèmes par elle-même.

«Une chose qu’on sait de Sutton, c’est que c’est une communauté qui est plus isolée géographiquement et qui est habituée à s’occuper d’elle-même, a exprimé Mme Hubacek. C’est une culture qui vient un peu de la culture anglophone que de s’occuper soi-même de ses problèmes. C’est peut-être aussi ça qui n’a pas aidé. L’école a une culture de gérer avec les moyens du bord et réussit à faire quelque chose de bien.»

Selon Geneviève Hébert, la diminution des services pourrait contribuer à elle-même à l’exode des familles, amplifiant le problème qui nécessite de prendre des mesures tout de suite.

«Il manque de garderies à Sutton, il y a des gens qui trouvent des garderies à Sutton et ils finissent par s’installer à l’extérieur de Sutton, a relaté Mme Hébert. Je connais une professeure, elle travaille à Knowlton, son petit gars est à un CPE à Knowlton, elle va mettre son enfant à l’école de Knowlton. C’est une question de logistique familiale. Elle va sûrement commencer à regarder des maisons là-bas aussi.»

La communauté de Sutton est également affligée par des disparités grandissantes entre la population plus aisée et moins favorisée.

«On est la seule école où l’indice de faible revenu est plus élevé que l’indice socioéconomique, a relevé M. Hamel-Lesieur. Ça, ça mesure le nombre de familles à faible revenu alors que la cote de défavorisation tient compte surtout du taux de scolarisation de la mère. Dans toutes les autres écoles de la Commission scolaire, il a une uniformité dans les mesures. On a un milieu qui est hétérogène.»

«Dans l’ensemble, on tient la situation bien à l’œil. On comprend vos besoins, par contre, on a aussi un devoir de redistribution des ressources qu’on possède et on doit le faire de façon équitable. On a une pensée particulière pour les gens de Sutton, malgré la diminution de clientèle», a conclu le directeur général, Éric Racine, en s’adressant aux parents lors de la séance.

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