Résidence des Bâtisseurs: un groupe de citoyens force la tenue d’un registre

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Par Xavier Demers
Résidence des Bâtisseurs: un groupe de citoyens force la tenue d’un registre
Sonia Carreau et Pierre Johnston, devant la Résidence des Bâtisseurs (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

CONSTRUCTION. La deuxième phase de la Résidence des Bâtisseurs sur la rue Principale devra être soumise au processus d’approbation référendaire. Un groupe de citoyens a amassé assez de signatures pour forcer la tenue d’un registre sur la modification au règlement de zonage, qui consiste à autoriser la construction d’un immeuble de six étages au lieu de quatre au maximum.

Afin de pouvoir forcer la tenue d’un registre, les citoyens devaient amasser au moins 12 signatures des résidents du secteur visé. Ils en ont amassé 13, jugées valides par la Ville. Par la suite, si 10% des personnes habiles à voter du secteur signent le registre, la Ville sera tenue d’aller en référendum.

«J’ai fait le dépôt des signatures mercredi, a indiqué l’initiateur de la démarche, Pierre Johnston, qui réside à proximité de l’immeuble. J’avais jusqu’à vendredi, [30 août]. Quand on voit toute l’harmonie de la rue Principale, avec des deux, trois ou quatre étages, j’ai de la misère à comprendre pourquoi on monterait à six et peut-être plus tard sept ou huit.»

«Un six étages nous a été demandé de la part de notre clientèle parce que ça permettrait à plusieurs de nos nouveaux résidents d’avoir une vue sur le lac Davignon, a affirmé de son côté l’un des copropriétaires et gestionnaire de la résidence, Pierre-Marie Dion. Les tendances dans les villes, c’est de densifier à l’intérieur des villes et non pas de faire de l’étalement à l’extérieur du périmètre urbain. Pour la Ville, on parle de deux étages supplémentaires, c’est quand même des revenus de taxes de plus sans investir dans de l’infrastructure. On parle quand même d’un projet global de 10 M$ pour l’agrandissement. Si on a seulement quatre étages, c’est sûr que ce serait moins, peut-être 5 M$ ou 6 M$.»

Pour pouvoir construire la phase deux de leur projet, les Bâtisseurs ont entrepris des démarches pour faire démolir la maison entre les deux résidences de la rue Principale.

«Le comité de démolition a autorisé la démolition de la maison entre les Bâtisseurs et la Résidence Chartwell, a souligné la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard. Donc, je sais qu’il y avait des pourparlers pour [que la maison] soit déménagée, c’est ce qu’on favorise, mais le comité a autorisé la démolition s’il n’y a pas de déménagement.»

Contestation

Selon M. Johnston et Sonia Carreau, une autre citoyenne du secteur, les résidents de la rue Saint-Jean, située à l’arrière de la résidence, pourraient être privés de soleil si le projet voit le jour.

«Toute la rue derrière qui va faire face à ce bâtiment-là, c’est énorme, a affirmé Mme Carreau. Aussi, la rue Principale, c’est la vieille partie de la ville. Ce n’est plus agréable. On s’est demandé pourquoi ils n’ont pas mis ça dans le quartier où il y a le Super C et le Walmart. C’est plus approprié là-bas que sur une rue où il y a plein de vieilles maisons.»

«Les résidents que je suis allé voir, le voisinage, les gens sur la rue Saint-Jean, ils étaient tous contre ça et beaucoup de gens n’étaient pas au courant du projet», a ajouté M. Johnston.

La démolition ou le déménagement de la maison située entre les deux résidences cause également problème aux yeux des deux citoyens.

«Moi, personnellement, ça me dérange qu’ils permettent couper d’aussi beaux arbres que ça quand, pour nous, c’est tellement compliqué si on veut couper un arbre, a affirmé Mme Carreau. Mais parce que ça va rapporter de l’argent à la Ville, c’est accepté. Je trouve qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.»

M. Johnston convient que la demande est là pour accueillir des résidences pour personnes âgées, mais croit que l’endroit est mal choisi.

«C’est sûr qu’il y a un engouement au point de vue des résidences pour personnes âgées. Je n’ai rien contre. Est-ce qu’un projet de cette envergure-là, on en verrait sur le bord du lac Brome, à Knowlton, ou à Sutton? Je ne penserais pas. Je pense que les touristes vont apprécier les choses qui gardent le charme de la ville avec de vieux bâtiments, l’architecture, mais s’il commence à avoir des paquebots qui poussent de droite à gauche, je pense que ça pourrait ternir l’image de la ville.»

Selon la Loi sur les élections et les référendums, la Ville pourrait tenir un référendum si le registre est signé par au moins 10% des citoyens concernés dans les 120 jours qui suivent le dépôt de la liste référendaire.

«L’autre étape, si jamais il y a 10% des signatures, la Ville pourrait abandonner le règlement de zonage ou aller en référendum. D’après les informations que nous avons, du moins, nous espérons que la Ville va procéder au référendum parce que la demande est là pour avoir des unités supplémentaires», a conclu Pierre-Marie Dion.

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