«L’urgence climatique m’a incité à me présenter en politique» – Normand Dallaire

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Par Claude Hebert
«L’urgence climatique m’a incité à me présenter en politique» – Normand Dallaire
Normand Dallaire, candidat du Parti vert, fait campagne durant ses temps libres. (Photo : L’Avenir & Des Rivières – Claude Hébert)

POLITIQUE. Le candidat Normand Dallaire affirme que les changements climatiques sont déjà bien présents, mais que les citoyens ne prennent pas encore la mesure de ce phénomène.

«Comme chimiste de formation, je suis membre d’un ordre professionnel qui se préoccupe de la protection du public. Et comme individu, je veux faire œuvre de sensibilisation. Je n’ai pas la prétention de vouloir sauver le monde pour autant», indique le porte-couleurs du Parti vert dans la circonscription de Brome-Missisquoi.

S’il est bien conscient du mauvais état de santé de la planète, M. Dallaire ne fait pas preuve de pessimisme pour autant.

«Je refuse de baisser les bras, car la qualité de l’environnement est trop importante pour moi », affirme-t-il.

Ce dernier soutient que la plupart des solutions pour guérir les maux de la planète sont déjà connues, mais que la volonté politique pour changer les choses fait encore défaut.

«Tous les candidats affirment que la sauvegarde de l’environnement est une priorité pour leur parti. Moi, je dis plutôt que la sauvegarde de l’environnement doit être une valeur. Les priorités changent au gré des modes, mais les valeurs demeurent», ajoute celui qui réside à Ange-Gardien et enseigne au cégep de Sherbrooke.

Impacts sur la santé

Normand Dallaire est d’avis que la planète va survivre quoiqu’il advienne, mais que le sort de l’humanité est menacé si on n’inverse pas le cours des choses.

«L’environnement, c’est la base de tout. Sans environnement, il n’y a pas d’agriculture, pas d’écoles, pas d’institutions», explique-t-il.

Et, si les changements climatiques ont des répercussions bien visibles aux États-Unis (ouragans) et en Asie (tsunamis), le Québec en subit lui aussi les contrecoups, mais à plus petite échelle.

«Les inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont eu un réel impact sur certains travailleurs qui ont dû cesser de travailler pendant plusieurs semaines pour protéger leur propriété. Les mauvaises récoltes causent également beaucoup de détresse psychologique chez les agriculteurs et certains d’entre eux ont même des idées suicidaires», ajoute-t-il, à titre d’exemples.

  1. Dallaire estime que les dommages causés aux Îles-de-la-Madeleine, en septembre dernier, par le passage de l’ouragan Dorian, constituent une autre preuve du dérèglement climatique.

«Il n’y a encore pas si longtemps, Dorian aurait été une bonne tempête et rien d’autre. Cette fois-ci, certaines installations (quais, bateaux, toitures, etc.) se sont carrément envolées», précise-t-il.

Économie verte

Le candidat du Parti vert affirme par ailleurs que l’on oppose trop souvent les notions de développement et de sauvegarde de l’environnement, alors que les mots économie et écologie ont la même racine grecque (éco).

Les technologies vertes, poursuit-il, peuvent être une importante source de revenus et de création d’emploi.

«Le Québec et le Canada peuvent jouer un rôle de leader dans ce domaine. Certains analystes estiment que ce secteur de l’économie pourrait contribuer à la création de quatre millions d’emplois dans notre pays», affirme-t-il.

M.Dallaire n’est pas sans savoir que la lutte aux changements climatiques nécessite des investissements importants. «L’argent, dit-il, n’est pas un problème. Il y en a beaucoup dans les paradis fiscaux et le Parti vert veut prendre des moyens pour le récupérer.»

Le chimiste est également d’avis que l’on peut réaliser des économies en modifiant les pratiques d’une entreprise.

«Mon premier employeur payait un gros prix (75 $ la tonne) pour se débarrasser de ses restants de carton. Je l’ai mis en contact avec une entreprise qui était disposée à lui verser 125 $ la tonne pour ce même carton. Les économies ainsi réalisées ont payé mon salaire pendant un an», signale-t-il.

Pour M. Dallaire, les échanges (synergies) entre entreprises constituent un autre pas dans la bonne direction. «Quand une entreprise utilise les résidus de production d’une autre entreprise comme matière première, on parle alors d’économie circulaire», indique-t-il.

Campagne carbone neutre

Normand Dallaire dit avoir opté pour une campagne carbone neutre.

Le candidat se déplace à bord d’une voiture électrique depuis 2012 et ne produit donc aucun gaz à effet de serre lors de ses déplacements à travers le comté.

«Mes dépliants ont été imprimés sur du papier recyclé alors que mes affiches électorales – je n’en ai que 150 pour tout le comté – seront réutilisées dans les écoles pour d’autres usages ou déchiquetées et recyclés pour la fabrication de nouveaux produits en plastique», résume-t-il.

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