Une route sans fin explore les difficultés de l’après-guerre

Photo de Xavier Demers
Par Xavier Demers
Une route sans fin explore les difficultés de l’après-guerre
L’exposition compte sur plusieurs artefacts de la Première Guerre mondiale, autant les écrits ou les dessins de soldats qu’un uniforme d’infirmière, elles qui avaient même la distinction d’être nommée lieutenante. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

HISTOIRE. Présenter la face cachée des impacts de l’après-guerre: c’est l’objectif de la Société historique du comté de Brome dans sa nouvelle exposition, Une route sans fin, la dernière d’une série de cinq sur la Première Guerre mondiale.

«Ça fait quatre ans qu’on fait des expositions sur la Première Guerre mondiale, mais ça fait quatre ans qu’on se concentre sur les batailles, les faits héroïques des soldats, a expliqué le conservateur du musée, Jeremy Reeves. On voulait quitter les champs de bataille et parler plus des histoires humaines. Il y a trois échelles différentes dans l’exposition: les individus, soit les soldats et leur famille, les communautés et le pays. Ces trois-là, on regarde comment ils ont vécu l’après-guerre.»

L’exposition commence avec la page frontispice du Granby Leader-Mail, un hebdomadaire anglophone, du 8 novembre 1918 qui annonce la fin de la Grande Guerre, quelques jours avant la signature de l’armistice.

«Cette histoire-là, qui n’est pas simple, mais classique, on va la compliquer à travers l’exposition, a affirmé M. Reeves. Une chose qu’on voulait vraiment montrer aux visiteurs, c’est que l’armistice a été signé le onzième jour du onzième mois à 11h, c’est quelque chose qu’on apprend tous à l’école, mais en fait, pour les soldats, la guerre ne se termine pas le 11 novembre. Les Canadiens sont envoyés occuper l’Allemagne et y passeront Noël 1918.»

L’exposition fait vivre aux visiteurs ce qu’était l’époque de l’après-guerre, autant les difficultés vécues par les familles des soldats qui sont tombés au combat que la popularité des écrits racontant la guerre.

«Tous les combattants, que ce soit les Canadiens, les Américains, les Allemands, les Français, publient des livres, des histoires qui présentent leur pays dans une façon favorable, a raconté M. Reeves. Leur modèle est le même, leur pays a été la victime d’un autre. Aucun pays n’est à blâmer pour la Première Guerre mondiale, tout le monde dit qu’il n’a aucune responsabilité et qu’il a seulement accompli son devoir patriotique.»

Une route sans fin traite également des difficultés rencontrées par les familles de soldats tombés au combat, entre autres, par le fait que les corps ne sont pas rapatriés au pays et de la remise d’une médaille commémorative, surnommée péjorativement «Deadman’s Penny», ou sou du mort, soulignant sa ressemblance avec une pièce d’un sou. Les difficultés économiques du Canada, entre autres, avec l’explosion du budget qui a quadruplé entre le début et la fin de la guerre, sont également abordées.

L’exposition compte aussi sur des artefacts intéressants, dont un qui tient bien à cœur au conservateur du musée, un casque de Kaisergarde qui appartenait à un Allemand.

«C’est un casque qui a été capturé à une unité de cavalerie dont le mandat était de protéger l’empereur allemand, a expliqué M. Reeves. C’est un objet d’élite, qui était très populaire lors des expositions à travers le Canada, entre autres, au manège militaire de Hamilton en 1919. Le but de ces expositions était de faire une levée de fonds pour le gouvernement.»

Le conservateur fait également un appel à tous afin de répertorier des soldats du comté de Brome ayant participé à la Première Guerre mondiale. L’équipe de la société historique a été en mesure de trouver environ la moitié de tous les soldats de la région. Dans une section de l’exposition, chacun des soldats répertoriés est représenté par une petite figurine et classé selon le fait qu’il soit décédé au front, retourné au pays sans séquelle significative, ait été blessé sévèrement ou porté disparu.

Le vernissage de l’exposition s’est tenu le 11 octobre. Elle est ouverte aux visiteurs jusqu’en février 2020.

Partager cet article

Leave a Reply

avatar
  Subscribe  
Me notifier des