Un nouveau comité veut donner l’heure juste sur la pauvreté dans Brome-Missisquoi

Photo de Claude Hebert
Par Claude Hebert
Un nouveau comité veut donner l’heure juste sur la pauvreté dans Brome-Missisquoi
Nicolas Luppens, coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi, affirme que les gens ont l’impression d’être écoutés, mais que les mesures d’aide gouvernementales ne suivent pas. (Photo : Le Guide – Claude Hébert)

COMMUNAUTÉ.  Un nouveau groupe d’action collective visant à sensibiliser la population à la pauvreté vient de voir le jour sur le territoire de Brome-Missisquoi.

Répondant à l’invitation d’Action Plus, plusieurs organismes et citoyens ont décidé de se réunir afin d’établir une stratégie commune pour mieux lutter contre les préjugés associés aux personnes moins bien nanties.

«En 2019, les préjugés sont encore très tenaces, dans Brome-Missisquoi comme ailleurs au Québec, et c’est malheureux qu’il en soit ainsi. En unissant nos forces, nous devrions pouvoir en faire davantage pour redonner un peu de dignité aux personnes assistées sociales et autres gens vivant dans la pauvreté», explique Nicolas Luppens, coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi.

Selon ce dernier, les perceptions que la société entretient à l’égard des gens vivant en situation de pauvreté ont un impact direct sur le vécu de ces personnes.

«Il est temps de donner l’heure juste sur la pauvreté, ses causes, ses visages, ses parcours et ses conséquences. Vivre en situation de pauvreté n’est pas un choix et il importe de démontrer que les stéréotypes de paresseux et de fraudeurs n’ont rien à voir avec la réalité», indique M. Luppens.

Témoignages

Le Farnhamien François Gaboriault ne demande qu’à pouvoir travailler, mais il reconnaît que les édifices accessibles aux fauteuils roulants sont encore peu nombreux.

«On me dit souvent que je ne serai pas capable d’accomplir telle ou telle tâche. Cette première impression est très blessante et ne me permet pas d’avancer», déplore celui qui complétera bientôt sa 44e année de bénévolat.

Nadia Courville affirme avoir de la difficulté à trouver un logement décent et abordable.

«Quand je dis que je suis sur l’aide sociale, les propriétaires d’immeubles à logements sont plus frileux et émettent des doutes sur ma capacité de payer le loyer», précise-t-elle.

Jean-Pierre Rousseau associe par ailleurs la pauvreté à l’isolement social et trouve dommage que la société soit ainsi divisée en deux.

«Quand on ne travaille pas, on n’a pas de reconnaissance, on n’existe pas. Se faire des amis ou espérer rencontrer un partenaire de vie devient pratiquement impossible. Et même si on y arrivait, les lois en place nous empêcheraient de garder le peu d’autonomie financière que nous pouvons avoir», insiste-t-il.

Colette Mercier laisse entendre que les femmes et les personnes seules sont les premières à écoper. Elle ajoute que la maladie conduit souvent à la pauvreté.

«Comme le gouvernement nous donne le strict minimum, on doit faire des choix difficiles tous les mois et puiser dans les allocations familiales pour arriver à joindre les deux bouts. On n’a pas le droit de faire souffrir le monde comme ça», indique-t-elle.

Peter Belland signale que son implication bénévole au sein de l’organisme Le Phare source d’entraide lui a fait prendre conscience des injustices et l’incite à pose des gestes.

«En 1976, le Canada a signé le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels. J’aimerais bien qu’enfin nos gouvernements mettent tout en œuvre pour respecter ce pacte», ajoute-t-il.

 

LA PAUVRETÉ DANS BROME-MISSISQUOI

. Brome-Missisquoi compte 4390 personnes de 18-64 ans à faible revenu. Cela représente 14,3 % de sa population comparativement à 13,6 % pour le Québec.

. On dénombre 3000 personnes vivant de l‘aide sociale dans Brome-Missisquoi pour un taux de 6,9 %. La moyenne provinciale est de 6,4 %.

. L’espérance de vie dans Brome-Missisquoi (80 ans) est inférieure à la moyenne provinciale (81 ans).

. Les demandes d’aide alimentaire dans Brome-Missisquoi ont grimpé de 20 % en trois ans (de 2011 à 2013).

. On retrouve beaucoup d’emplois saisonniers et d’horaires atypiques dans Brome-Missisquoi.

. L’accès à la formation et au transport collectif est encore déficient dans Brome-Missisquoi.

 

MEMBRES DU COMITÉ DIGNITÉ BROME-MISSISQUOI

. Action Plus Brome-Missisquoi

. Le Phare source d’entraide

. ACEF de la Montérégie-Est

. Centre femmes des Cantons

. Maison des jeunes de Farnham

. Entrée chez soi Brome-Missisquoi

. Corporation de développement communautaire

Partager cet article

Leave a Reply

avatar
  Subscribe  
Me notifier des