FCA trouve enfin un partenaire

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Par Benoit Charette

J’ai eu la chance de rencontrer Sergio Marchionne deux fois dans ma carrière. Une première fois au Salon de l’auto de Montréal et une deuxième fois au Salon de l’auto de Détroit. Lors de la table ronde au Salon de l’auto de Montréal, il avait souligné l’importance des alliances dans le monde automobile car à l’horizon 2020 les constructeurs qui allaient être rentables se devaient de vendre autour de 10 millions de véhicules par année et un peu plus si possible.

Il avait bien raison, mais cette union de Fiat et Chrysler étaient un premier pas et Marchionne le savait. Il a tenté durant les 5 dernières années de son règne de trouver, sans succès un autre partenaire. Il a cogné à la porte de GM qui a fait la sourde d’oreille, il y a eu des discussions avec Hyundai, et plus récemment avec l’Alliance Renault-Nissan toujours sans succès. Même les premières négociations avec PSA n’ont pas porté fruit. IL aura fallu une 2e ronde de négociation pour trouver un terrain d’entente.

Une entente prometteuse

Cette alliance de deux constructeurs moyens sera en théorie bénéfique pour les deux parties. D’une part FCA a un criant besoin de nouvelles technologies pour des modèles hybrides et électriques car elle est très en retard. Peugeot possède cette technologie. De l’autre côté, le patron de PSA Carlos Tavares a fait un travail de restructuration fantastique pour remettre Peugeot sur les rails et remettre sur pied Opel et Vauxall en dégageant des profits de 2,83 milliards d’Euros (5 milliards en dollars canadien) pour l’année 2017-2018. Toutefois 88% de ces ventes sont en Europe et PSA a besoin de s’ouvrir au monde et plus particulièrement à l’Amérique du Nord. Le réseau de concessionnaire FCA sera une ouverture dont PSA avait besoin sans avoir à investir des milliards pour implanter son propre réseau.

14 marques et 294 milliards de chiffres d’affaires

Une fusion de PSA et de Fiat Chrysler va créer un géant comprenant 14 marques de véhicules. Outre Fiat et Chrysler, vous avez chez FCA Alfa Romeo, Abarth, Lancia et Maserati, ainsi que, Jeep, SRT et Dodge ainsi que les camions RAM. Vous avez chez PSA : Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall. Au chapitre des ventes le groupe deviendrait le 4e constructeur mondial avec 8,7 millions de véhicules vendus pour l’année dernière. Volkswagen, Toyota et l’alliance Renault-Nissan et Mitsubishi tournent autour de 10 millions d’unités et cette nouvelle alliance serait devant GM à 8,4 millions d’unités. Une fusion entre les deux géants aurait généré l’an dernier un chiffre d’affaires global de 294 milliards(en dollar canadien) : 176 milliards de dollars pour Fiat Chrysler et 118 pour PSA. Le bénéfice de FCA était de 5,45 milliards de dollars canadien et 5,0 milliards pour PSA.

Préserver les emplois

Au-delà des ventes, il y a aussi les employés. Les deux parties ont laissé entendre qu’il voulait conserver les usines et les employés actuels. Il est permis d’en douter, mais donnons une chance au coureur. Le groupe PSA revendique 211 000 employés dans le monde alors que FCA est à 198 500 pour un total de plus de 409 000 salariés sur la planète. C’est plus que Toyota qui en compte 371 000 et vend plus de voitures. Il est donc permis de croire qu’il y aura certains postes redondants et des mises à pied qui feront partie de cette restructuration de classe olympique. Souhaitons seulement que cette histoire se termine mieux que le mariage raté avec Daimler.

 

 

 

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