L’olympienne à la Chambre des communes

Par Dany Jacques
L’olympienne à la Chambre des communes
Lyne Bessette est convaincue que les sports et la politique sont des activités et des occupations compatibles. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

POLITIQUE. Lyne Bessette avoue avoir des croûtes à manger pour maîtriser tous les dossiers et enjeux de la circonscription de Brome-Missisquoi. Mais elle assure qu’elle mettra autant d’ardeur au travail que pendant sa carrière sportive pour assumer son nouveau rôle de députée.

Couronnée championne canadienne en cyclisme à six reprises et porte-couleurs de son pays aux Jeux olympiques de 2000 et de 2004 dans la même discipline, l’athlète mise sur l’authenticité et sur sa passion pour la région pour réussir son changement de carrière.

«Je vais continuer à faire du sport, car je dois bouger et respirer le grand air pour vivre, se promet la représentante du Parti libéral. Je serai plus productive et je ferai mentir ceux qui pensent que je vais prendre du poids et être moins en forme.»

C’est d’ailleurs le sport qui a confirmé son intérêt pour la politique active. Invitée par son prédécesseur Denis Paradis à Ottawa, elle n’avait que quelques minutes pour convaincre une parlementaire de subventionner un projet de Centre national de cyclisme de Bromont.

«Ce fut un moment important, car ça faisait plusieurs années que je songeais à devenir mairesse de Lac-Brome, confie Mme Bessette. J’aime diriger, gérer et prendre des décisions. J’ai beaucoup redonné au sport, mais je crois que la politique me permettra d’en donner encore plus à la communauté.»

La mairie était sûrement à sa portée, car elle semble connue comme Barabbas dans la passion dans son village natal de Knowlton. Il faut la voir saluer son monde et discuter avec ses concitoyens dès la fin de l’entrevue avec le représentant du Reflet du Lac dans un café de l’endroit pour comprendre sa popularité.

Aujourd’hui domiciliée à Sutton, cette femme de 44 ans se croit bien positionnée pour prendre les guides de la circonscription. L’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry, au Vermont, figure parmi ses premiers dossiers à gérer. Elle souhaite aussi aider davantage les organismes communautaires «qui manquent toujours de fonds pour fonctionner».

Attirer les jeunes à la politique via des activités sportives est aussi dans ses plans. «Pourquoi ne pas escalader une montagne avant de discuter de leurs préoccupations? Ce sera plus productif et stimulant que quatre réunions par année», suggère-t-elle.

Quatre adresses pour rejoindre ses électeurs

Pour réaliser ses objectifs, elle est sur le point de compléter son équipe de comté avec notamment Amélie Cantin comme attaché-politique qui l’accompagnera à Ottawa. Karina Palmorino assurera la permanence au bureau magogois cinq jours par semaine près du parc des Braves (353, rue Principale Ouest). Trois autres adresses seront ouvertes quelques jours par semaine à Lac-Brome, Bedford et Cowansville, dès le mois de janvier.

Mme Bessette assure que Magog ne sera pas négligée malgré les critiques de plusieurs à l’égard des «absences» de Denis Paradis dans la région. «Faut savoir que le comté est un des plus grands au Québec. Il y a parfois des événements simultanés à Noyan et à Magog, spécifie-t-elle. J’aurai des oreilles attentives malgré les kilomètres et les réalités distinctes d’une région à l’autre. Je serai très présente, mais je ne pourrai me diviser en trois.»

Mme Bessette se croit dans la catégorie des politiciens pouvant faire de la politique différente des modèles standards. Par exemple, elle préfère avouer sa méconnaissance de certains dossiers plutôt que de répondre n’importe quoi. On l’a observé dans certains débats électoraux et en entrevues, mais elle est très à l’aise avec cette transparence et honnêteté intellectuelle. «Je préfère prendre du recul et m’informer avant de dire des niaiseries», avoue-t-elle.

Contrairement au député d’Orford Gilles Bélanger, qui a vu son couple et sa famille éclater au début de son mandat, Lyne Bessette estime être en bonne posture pour éviter les impacts négatifs de la politique active sur sa vie personnelle. «Je n’ai pas d’enfants et mon mari et moi vivons dans nos valises, parfois chacun de notre côté, depuis 20 ans.»

En rafale

Élection d’un gouvernement libéral minoritaire:

«Des élections coûtent cher et c’est l’argent du peuple. J’espère que notre mandat va durer plus que deux ans, car on ne peut se permettre d’arrêter encore une fois les travaux parlementaires.»

Trains de passagers Montréal-Sherbrooke:

«C’est un très beau projet à long terme. Ce ne sera pas pour demain, mais il faut s’en occuper dès aujourd’hui pour le réaliser un jour.»

 

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