Des mets pour les amateurs de plein air «made in» Cowansville

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Par Xavier Demers
Des mets pour les amateurs de plein air «made in» Cowansville
Guy Dubuc et Christine Chénard (Photo : Gracieuseté-Happy Yak)

ÉCONOMIE. L’entreprise Happy Yak s’amène à Cowansville. La compagnie, qui se spécialise dans la confection de plats pour les amateurs de plein air, utilise un procédé appelé la lyophilisation, qui consiste à l’élimination de l’eau dans le produit surgelé par sublimation.

«C’est un principe qui est naturel, a expliqué l’une des propriétaires de l’entreprise, Christine Chénard. Les Mayas et les Incas faisaient ça en altitude. En altitude, la pression atmosphérique est bien moins haute, l’évaporation se fait beaucoup plus facilement. C’est le même principal. L’appareil, on le met sous vide et les produits, qui sont surgelés, la forme de glace passe sous la forme vapeur et l’eau qui est sous forme gazeuse s’en va sur les condensateurs, qui sont à -40. Ce que ça permet, c’est de garder les valeurs nutritionnelles. Toute la texture, une fois que c’est réhydraté, elle est pareille, comme les couleurs et les vitamines. C’est comme manger du frais, mais la conservation est allongée de façon naturelle.»

Ce procédé permet de pouvoir garder les aliments à température pièce pendant plusieurs années.

«Tant que le produit est protégé de la lumière et de l’humidité, il peut être conservé pendant plusieurs années, a affirmé l’autre copropriétaire de l’entreprise, Guy Dubuc. Si on prend la framboise ici, elle va capter toute l’humidité dans l’air et se réhydraterait avec le temps. On pense que c’est la méthode de conservation de l’avenir. Les gens ont de moins en moins de grosses maisons, avec un petit réfrigérateur, si tu gardes des ingrédients dans un garde-manger, tu vas sauver de l’énergie et tu garderas tes aliments pendant longtemps.»

Happy Yak s’est officiellement installé dans ses nouveaux locaux sur la rue du Sud à la fin juin.

«On a une dizaine d’employés présentement, a souligné Mme Chénard. C’est cyclique. À l’été, on a beaucoup plus de monde. À partir du mois d’avril jusqu’à la fin septembre, on a plusieurs employés occasionnels.»

Histoire

L’aventure de Christine Chénard dans ce domaine a débuté en 1996.

«Bernard Voyer m’a approchée par l’intermédiaire d’une amie pour préparer des mets pour ses expéditions, s’est rappelé Christine Chénard. De fil en aiguille, il faisait des conférences, les gens m’appelaient pour faire ça. Je faisais ça en marge de mon emploi principal.»

«Christine était en réflexion pour changer de carrière et a dit qu’elle allait prendre une année sabbatique, a ajouté Guy Dubuc. Je lui ai dit qu’elle devrait partir ça cette entreprise-là de nourriture qu’elle faisait, c’est tellement bon.»

L’entreprise a commencé ses activités plus officiellement au Centre de recherche et de développement des aliments, situé à Saint-Hyacinthe.

«L’idée du projet ici, ça nous prenait un endroit où on peut contrôler ce qu’on fait pour être certifié pour exporter, a indiqué M. Dubuc. Ça nous prenait plus d’espace aussi parce que là-bas on était rendus qu’on prenait les corridors, les bureaux partout.»

«En mars 2013, on a commencé nos ventes sur internet, a relaté Mme Chénard. L’année suivante, on a commencé à vendre en magasin parce que le monde allait dans les magasins pour demander nos produits. Ça a grossi, on est rendus avec au-dessus de 250 points de vente un peu partout au Canada.»

International

L’objectif pour les prochaines années pour Happy Yak est clair : l’entreprise vise de percer le marché international.

«On a des contacts pour aller un peu partout à l’international, a indiqué Christine Chénard. Ça nous prenait une usine qui soit certifiée pour être capable de l’exporter. On s’est dit qu’on se lance pour vrai!»

«On a un produit de niche, a déclaré de son côté Guy Dubuc. Il y a une certaine limite au Canada. Il y a encore de la place pour de l’expansion, mais on veut aller ailleurs. De toute façon, les gens achètent nos produits localement, mais les consomment partout dans le monde, quand ils vont en voyage. Il y a un Suisse qui nous a appelés pour nous demander s’il pouvait vendre nos produits. Il y avait goûté cet été en Australie pendant un trek. C’est comme ça que ça se passe souvent.»

«En 2018, on a été approchés par l’Agence spatiale canadienne pour envoyer nos produits dans l’espace, a relaté Mme Chénard. C’était un petit projet, mais bien plaisant à faire. 2020, ce sont les États-Unis!»

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