L’hôpital BMP confronté à une surabondance de plastique

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Par Xavier Demers
L’hôpital BMP confronté à une surabondance de plastique
Depuis la nouvelle année, l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins est envahi de sacs de plastique qui ont remplacé les poches de nylon utilisées précédemment dans le traitement de la literie et des uniformes sales. (Photo : Gracieuseté)

HÔPITAL. Depuis le retour des Fêtes, les employés de l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins de Cowansville et de celui de Granby sont contraints d’utiliser des sacs de plastique pour leur linge et leur literie sales. Cette situation, temporaire selon le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, coïncide avec la fermeture de l’usine Cintas à Granby, qui se chargeait du service de buanderie pour les deux établissements.

«Avant, on avait des poches en tissu qui étaient réutilisables, maintenant, elles sont en plastique, a confié une employée de l’hôpital BMP, qui a préféré conserver l’anonymat. On trouve vraiment que, pour l’environnement, c’est zéro puisque par la suite, ils les jettent les poches. On en utilise des quantités industrielles.»

En plus de l’impact environnemental possible, cette situation peut causer d’autres inconvénients.

«Ces poches-là sont dans les chambres, elles sont transparentes, on voit au travers, a rapporté l’employée. Ça reste qu’on travaille dans un hôpital où il peut y avoir des selles, du sang, et les gens voient ça. Ce sont des sacs qu’il faut fermer en faisant des nœuds. Dans les départements où il y a des chutes à linge, quand la poche arrive en bas, parfois, elle explose. Ce n’est pas agréable pour ceux qui le ramassent.»

Du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la conseillère en communications, Geneviève Lemay, assure que la situation est temporaire.

«Actuellement, c’est livré par sac de plastique, mais semblerait-il que ce soit temporaire, a-t-elle affirmé. Ce serait une question d’approvisionnement qui avait été difficile pour leurs sacs de nylon et qu’ils ont trouvé une mesure compensatoire, mais ce ne serait pas quelque chose de permanent. Ça devrait être rétabli dans quelques semaines.»

Cintas

C’est l’entreprise Cintas qui s’occupait du service de buanderie pour les deux établissements hospitaliers de la région.

L’entreprise a décidé de mettre la clé sous la porte de son usine de Granby à partir du début de cette année.

«La compagnie Cintas, avec qui on fait affaire, a fermé ses activités à Granby, a relaté Geneviève Lemay. Ils ont quelques usines au Québec et même en Ontario. Ils nous ont assuré que, malgré la fermeture à Granby, il n’y aurait pas d’impact sur les services.»

«Notre stratégie est de nous concentrer sur l’optimisation de nos infrastructures pour faciliter un excellent service à clientèle et de poursuivre la croissance de l’entreprise à travers le Québec, a indiqué par voie de communiqué le vice-président du groupe nord-atlantique de Cintas, James Dawe. Cintas a pris la décision que la clientèle de l’usine de Granby soit absorbée par certains autres de ses établissements afin de pouvoir traiter ses produits d’une qualité supérieure dans des installations modernes, à jour et à la fine pointe de la technologie.»

Cintas a trois autres usines en activité au Québec, dans l’arrondissement de Sainte-Foy à Québec, à Montréal-Nord et à Boucherville. L’entreprise basée à Cincinnati, en Ohio, a également 24 autres établissements au Canada, dont 16 en Ontario, où aurait été transféré une partie du service de buanderie, selon l’employée de l’hôpital BMP.

«C’est plus long à venir ici après, a-t-elle indiqué. On manque de stock aussi. Ce qu’ils nous ont dit, c’est que l’usine de Boucherville n’est pas prête à prendre tout notre stock, donc qu’il est transféré en Ontario.»

Contrat

Le Groupe d’approvisionnement en commun de l’Ouest du Québec (GACOQ) avait conclu en 2017 une entente de 21 mois avec l’entreprise Les Services G & K, qui a été racheté par Cintras un peu de temps après. L’entente, qui aurait pu se terminer en mars 2019, était assortie de deux options renouvelables après un an. Elle pourrait donc se conclure en mars 2020 ou 2021.

«C’est un contrat qui a été négocié au provincial avec le GACOQ, a indiqué Mme Lemay. On n’est pas le seul établissement au Québec à faire affaire avec la compagnie Cintas.»

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