Brome-Missisquoi: un jeune couple se lance dans la pomiculture

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Par Claude Hebert
Brome-Missisquoi: un jeune couple se lance dans la pomiculture
Marc-Antoine Arsenault-Chiasson et Audrey-Anne Lussier entendent notamment miser sur l’agrotourisme comme axe de développement de leur nouveau verger. (Photo : Le Guide - Claude Hébert)

AGRICULTURE. Le verger de la famille Goyette, situé en bordure de la route 104, aux limites de Farnham et de Cowansville, a finalement trouvé preneur. Un jeune couple de finissants de l’Université Laval vient de s’en porter acquéreur au plus grand bonheur de l’ancien propriétaire qui voit la relève assurée.

Les nouveaux propriétaires sont tous les deux dans la jeune vingtaine. Ils ont des projets plein la tête et de l’ambition à revendre. Leur enthousiasme est contagieux et laisse présager le meilleur pour cette exploitation agricole écologique de dix hectares.

Originaire de Sherbrooke, Audrey-Anne Lussier, a 24 ans et est issue d’une famille d’entrepreneurs. Ses parents sont propriétaires du Camping Vacance Bromont. La jeune femme détient un baccalauréat en droit et a terminé son Barreau voilà deux jours.

Son conjoint, Marc-Antoine Arsenault-Chiasson, a 23 ans et a vu le jour à Mercier, dans la Montérégie-Ouest. Celui-ci se passionne pour les arbres fruitiers et prévoit compléter son baccalauréat en agronomie sous peu. Il a également en poche une mineure en entrepreneuriat.

«Il me manque neuf crédits (trois cours) et je compte bien terminer ça à distance au cours de la saison froide», explique-t-il.

Diversification

Le verger de Claude Goyette était à vendre depuis deux ans et demi alors que Marc-Antoine et Andréanne recherchaient une exploitation agricole en Estrie ou en Montérégie depuis un bon moment déjà. Ils ont visité le site de Farnham en octobre dernier et ont finalisé la transaction au début du mois de mai.

L’ancien propriétaire avait pris la relève de son père, décédé voilà plus d’un quart de siècle. Il récoltait les fruits de 2200 pommiers standards et semi-nains qu’il revendait à la ferme et aux épiciers de la région.

«Nous comptons procéder de la même façon, pour au moins un an ou deux, tout en élaborant nos propres projets. On souhaite mettre l’emphase sur l’agrotourisme, la vente directe aux consommateurs et la transformation de la pomme», résume M. Arsenault-Chiasson.

Le couple prévoit réserver une parcelle du verger à l’autocueillette, dès l’automne prochain, si le gouvernement du Québec autorise cette pratique. La construction d’une pergola et l’installation de quelques tables de pique-nique sont également à l’agenda pour 2020. L’élevage de poules, de moutons et la plantation d’autres arbres fruitiers (bleuet et camerise notamment) font aussi partie des plans.

«La vente en kiosque nous permettra de nous rapprocher des consommateurs. Elle offrira également l’occasion à notre clientèle de mieux nous connaître tout en se rapprochant de l’agriculture», ajoute le copropriétaire.

La nouvelle administration envisage par ailleurs la possibilité d’offrir des formations (plantation d’arbres, taille des pommiers, entretien des arbres fruitiers, agriculture urbaine, etc.) d’ici les cinq prochaines années.

Transformation

Les propriétaires de la Ferme cidricole Équinoxe – c’est le nouveau nom du verger – entend notamment se lancer dans la transformation alimentaire en développant une gamme de produits dérivés de la pomme et d’autres petits fruits (gelées, compotes, tartes, pommettes en jus) et est en démarche pour l’obtention du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Pour les besoins de l’exercice, l’ancien dépanneur situé aux abords du verger sera transformé en boutique et une terrasse pour la dégustation des produits y sera aménagée à l’arrière.

«Nous prévoyons par ailleurs offrir aux visiteurs et aux autocueilleurs des paniers pique-nique avec fromages, charcuteries et autres produits du terroir», révèle Mme Lussier.

M. Arsenault-Chiasson a travaillé dans une cidrerie, l’été dernier, et aimerait développer une gamme de cidres tranquilles et pétillants. L’entreprise est actuellement en voie d’obtenir son permis de la Régie des alcools, des courses et des jeux pour la fabrication de cidre

«Nous avons élaboré des recettes et réalisé des tests, l’hiver dernier. Le recours aux services d’un oenologue est également envisagé. Celui-ci sera en mesure de bien nous conseiller et contribuera à sécuriser notre approche», explique le futur diplômé en agronomie.

Virage bio

Les propriétaires de la Ferme cidricole Équinoxe ont un intérêt soutenu pour l’écologie et entendent transformer leur nouveau verger en exploitation biologique dans les cinq prochaines années.

«L’ancien propriétaire, Claude Goyette, avait également à coeur la protection de l’environnement et exploitait son verger de façon exemplaire, en réduisant au strict minimum le recours aux produits chimiques. Au fil des ans, il avait réussi à réduire de 50 % son utilisation de pesticides et de fongicides. Claude misait également sur la présence d’abeilles sauvages pour la pollinisation de ses pommiers», signale Marc-Antoine Arsenault-Chiasson.

Le jeune copropriétaire est bien conscient que la production bio en pomiculture représente un défi de taille. «Ça prend de bonnes connaissances et de la machinerie adaptée pour obtenir de bons rendements sans agents chimiques», indique-t-il.

Il n’est pas toujours facile pour les pomiculteurs de composer avec les maladies (la tavelure notamment) et la présence d’insectes nuisibles (le fameux carpocapse).

«La diversification de nos revenus, avec l’agrotourisme, la transformation alimentaire et la fabrication de cidres, devrait nous aider à passer au bio», ajoute le futur agronome.

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