Pandémie: pas trop de dommages pour l’aéroport Roland-Désourdy

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Par Xavier Demers
Pandémie: pas trop de dommages pour l’aéroport Roland-Désourdy
Comparativement à d’autres aéroports régionaux, l’aéroport Roland-Désourdy s’est bien sorti de la pandémie de la COVID-19. (Photo : Le Guide - Xavier Demers)

AÉROPORT. Malgré la pandémie qui a affecté durement plusieurs aéroports régionaux, l’aéroport Roland-Désourdy de Bromont s’en tire plutôt bien, selon son directeur général, Jean Langevin.

«Comparativement à mes collègues d’autres aéroports, on a été extrêmement chanceux, a déclaré M. Langevin. L’impact se fait sentir un peu plus cet été, mais ce n’est pas catastrophique. L’école de pilotage et l’aéroport ont subi l’arrêt complet des activités des cadets de l’air. L’école de pilotage avait beaucoup d’étudiants durant l’été, ce qui créait beaucoup d’activités, de vente de carburant, etc. C’est la même chose pour nos activités de planeur qui généraient beaucoup d’activités et de vente de carburant également. Ça a cessé complètement.»

Heureusement pour lui, l’aéroport a pu se rabattre sur un contrat obtenu par un opérateur de la région.

«J’ai un patron qui m’a déjà dit que tu es mieux d’être chanceux que d’être bon! a affirmé M. Langevin. Bien qu’il y ait eu un ralentissement de grande importance suivant le confinement, à la mi-mars — par exemple, l’école de pilotage avait dû cesser ses activités temporairement — on a eu un opérateur local qui a eu des contrats de photographie aérienne et d’arpentage aérien avec le gouvernement. Il a volé beaucoup en mars et en avril, ce qui nous a permis d’avoir un plan d’affaires qui s’est maintenu.»

«Ça ne sera pas nécessairement notre meilleure année financière, a ajouté le directeur général. La bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas eu à couper de personnel. On a juste réduit les heures. Ça n’a pas affecté le nombre d’employés.»

Le directeur général de l’aéroport Roland-Désourdy, Jean Langevin (Photo: Le Guide – archives)
Ligne commerciale reléguée aux oubliettes

Le projet d’amener un transporteur à effectuer des vols pour passagers dans la région a été mis de côté par l’administration de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est (RARCE).

«Dans le plan stratégique qui avait été adopté dans le plan d’entente avec les trois municipalités, l’idée d’avoir une ligne aérienne en bonne et due forme à Bromont a été abandonnée comme étant un projet non réaliste, a relaté Jean Langevin. Le compétiteur direct, c’est l’autoroute 10. Si je pars de chez nous, il faut que j’arrive ici une demi-heure ou 40 minutes avant un vol, je suis déjà au pont Champlain si j’ai pris mon véhicule. Ce n’est pas gagnant.»

Si M. Langevin ne ferme pas la porte aux transporteurs qui pourraient s’intéresser à Bromont, il indique qu’il ne fera pas de recherches actives afin d’en intéresser un.

«Si jamais un transporteur se présente, ce serait fantastique, a-t-il affirmé. On est là pour les supporter, s’ils veulent le faire, mais l’énergie est mise plus sur le trafic commercial, les hélicoptères, les jets privés. C’est vraiment ça qui sera notre créneau. Ce serait un beau rêve d’avoir une ligne aérienne, mais si vous connaissez le plan d’affaires des lignes aériennes et comment elles peuvent survivre, Bromont n’a vraiment pas la masse critique pour justifier ce genre de service là.»

Jean Langevin a également déclaré son soutien aux autres aéroports régionaux à la suite de la décision d’Air Canada de suspendre indéfiniment une trentaine de ses lignes aériennes régionales au pays.

«Je supporte les autres aéroports en tant que membre du conseil du réseau québécois des aéroports, mais pour Bromont, ça n’a pas d’impact présent ou futur. On n’anticipe pas d’avoir ce type de services là.»

Prochains projets

Le futur sera axé beaucoup sur des projets de réfection d’infrastructures à l’aéroport Roland-Désourdy.

«Ce n’est pas défini exactement dans le temps, mais on est en train de faire nos devoirs et d’aiguiser nos crayons, a souligné Jean Langevin. Refaire l’asphalte sur la piste, c’est dû depuis très longtemps. Je n’ai toujours pas de budget final ni d’échéancier pour le faire.»

Des projets privés sont également en cours.

«On a un ou deux projets d’investisseurs privés pour des hangars à l’aéroport, a avancé M. Langevin. Je travaille de près pour m’assurer que nous ne sommes pas un obstacle à la réalisation de ces projets-là. C’est une question de financement et de plan d’affaires. Nous, on essaie de les aider.»

L’aéroport désire profiter du Programme d’aide québécois aux infrastructures aéroportuaires régionales (PAQIR) qui se termine en mars 2022 pour pouvoir financer ses projets de réfection.

«Nous, évidemment, si on veut faire des améliorations d’infrastructures, on veut tirer profit des options de financement ou de subvention, a révélé le directeur général. C’est pour ça qu’on fait nos devoirs pour voir quel serait le coût total de différents items au menu pour faire la réfection des infrastructures.»

Pas de spectacle aérien

Jean Langevin a également rapporté que le Salon et spectacle aérien des Cantons-de-l’Est, qui avait fait relâche en 2019, ne se tiendra finalement pas non plus cette année.

«Le conseil d’administration n’a pas siégé, mais avec la COVID, l’idée d’en avoir un en 2020, c’est hors de question, a confirmé Jean Langevin. Il n’y en aura pas. C’est un projet dormant pour l’instant. Il faudrait voir comment tout ça va se dérouler après et quel argent sera disponible pour supporter des initiatives comme celles-là. Il n’y a aucun spectacle aérien cet été au Canada.»

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