La tortue des bois menacée d’extinction

Par Boris Chassagne
La tortue des bois menacée d’extinction
L’OBV travaille depuis 2013 à recenser l'habitat de la tortue des bois et à la protéger. Cette petite tortue de 40 cm a une espérance de vie qui ne dépasse pas les 80 ans en milieu naturel. (Photo : Gracieuseté/Organisme de bassin versant de la Yamaska)

FAUNE. L’Organisme de bassin versant de la Yamaska (OBV) lance la troisième phase de son plan de protection de la tortue des bois. L’espèce est menacée d’extinction sur le territoire de la MRC d’Acton et dans le bassin versant de la Yamaska, où l’on ne compte plus que quelques centaines d’individus.

L’OBV travaille depuis 2013 à recenser son habitat et à protéger cette petite tortue qui atteint les 40 cm et dont l’espérance de vie ne dépasse pas les 80 ans en milieu naturel.

Le Bassin versant de la Yamaska, qui couvre une superficie de 4 784 km carrés, est le lieu où l’on dénombre la plus forte population de tortue des bois. Elle aime se promener et s’éloigne alors souvent à 300 mètres des cours d’eau et de son habitat naturel, entre le 15 avril et le 15 juin, cherchant le soleil des champs ouverts, des sentiers et des routes. «La principale menace pour la tortue des bois est la machinerie agricole et les traverses routières», précise Michel Landry, gestionnaire de projets à l’Organisme de bassin versant de la Yamaska. L’OBV qui affirme que le rehaussement de la hauteur de fauche à 10 cm permettrait d’en épargner plusieurs. «C’est une mesure qui est très bien reçue par plusieurs producteurs qui le font déjà pour d’autres raisons», comme pour éviter les roches et favoriser la repousse. L’OBV suggère aussi aux agriculteurs de modifier la forme de leur patron de coupe. L’OBV qui craint aussi un peu le braconnage.

L’OBV collabore avec les propriétaires d’une douzaine de secteurs. L’organisme travaille notamment avec la pourvoirie du Royaume Mac de Saint-Théodore-d’Acton, qui est traversée par la rivière Renne. «Des sites présagés de ponte ont été aménagés et des sites existants ont été bonifiés pour inciter les femelles à s’y rendre pour pondre leurs œufs», rapporte M. Landry, évitant ainsi aux tortues de pondre sur les sentiers et de les traverser ceux fréquentés par les véhicules tout-terrain. L’OBV travaille en parallèle de nombreux projets de caractérisation depuis 2017 sur la rivière Lorraine, Yamaska Sud-est, Yamaska secteur Bromont, Quilliams et Alder. Ses travaux vont se poursuivre jusqu’en 2023.

Par ailleurs, un plan de protection de la tortue des bois a été déposé en 2017 auprès des MRC d’Acton, de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi afin d’obtenir l’engagement des élus «dans la protection de la tortue, l’intégration de l’habitat de la tortue dans leurs documents d’aménagement du territoire […] et lorsqu’ils pensent au développement à l’entretien des cours d’eau, à la réfection des routes et ponts. C’est un beau projet, tout le monde y gagne… surtout la tortue», ajoute Michel Landry. L’OBV invite la population à y être sensible. D’abord en étant vigilante sur les routes et sentiers puis en signalant sa présence sur le site de carapace.ca. Ceci fournit aux biologistes et chercheurs des données précieuses.

Le plan de protection 2019-2022 de la tortue des bois reçoit un appui financier de 68 000 $. Ses principaux contributeurs étant Environnement et Changements climatiques Canada et la pourvoirie Royaume Mac.

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