Le Théâtre des Tournesols en mode virtuel

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Par Xavier Demers
Le Théâtre des Tournesols en mode virtuel
Le Théâtre des Tournesols s’est transformé en salle de diffusion virtuelle. (Photo : Gracieuseté)

SPECTACLE. La pandémie a causé bien des maux de tête au monde culturel, mais le Théâtre des Tournesols a trouvé une façon de se réinventer. Avec l’appui de l’agence événementielle Boutin Goyette, la salle de spectacle s’est tournée du côté du web afin de devenir un endroit de diffusion de spectacles virtuels, une approche qui n’est pas près de partir, selon Justine Boutin de l’agence.

«On n’avait pas le goût d’arrêter de faire des spectacles, explique d’entrée de jeu Mme Boutin. On voulait continuer à en faire, mais il fallait trouver une nouvelle façon, se réinventer, s’adapter aux nouvelles normes que le milieu devait affronter. On s’est dit qu’on avait tout pour réussir: on a la salle, on a la scène, on a les techniciens, on a l’expertise. Il nous manquait seulement une équipe de vidéographe pour faire les captations vidéo.»

Avec la pandémie et la fermeture forcée des salles de spectacle, l’option de visionner ou de diffuser des spectacles de manière virtuelle est devenue attrayante aux yeux de beaucoup.

«Ce qu’on voulait amener, c’est une solution autant pour les entreprises qui veulent faire des partys de Noël, les municipalités qui veulent faire des concerts, les écoles qui ont besoin d’une plateforme de diffusion, a déclaré Mme Boutin. Les possibilités étaient infinies. Après une étude de marché assez sérieuse, je me suis dit que c’était le temps de se lancer. Oui, on a eu des embûches, mais on a toujours retrouvé le droit chemin.»

Au départ, la captation vidéo représentait un enjeu pour l’agence événementielle, explique Mme Boutin.

«Au début, on ne connaissait absolument rien de ce domaine-là. Si vous m’aviez parlé de ça, il y a un an, je ne pensais pas qu’on allait se lancer là-dedans. Le vidéo, ça me faisait un peu peur. Je n’avais pas trop le goût de me lancer là-dedans. À force de faire des recherches, de parler à des contacts, des références, je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire avec ça.»

«Jamais je n’aurais pensé toucher au monde de la diffusion, mais maintenant, moi-même, je veux me perfectionner là-dedans et apprendre à en connaître davantage», ajoute-t-elle.

«On travaille avec la plateforme Le Point de vente, explique Mme Boutin. C’est québécois, il y a un soutien technique dédié. Il y a un beau partenariat qui s’est créé avec le virtuel. Il y a de mauvais côtés à la pandémie, mais en même temps, cette opportunité-là s’est créée. On a été audacieux, créatifs. Si on n’avait pas eu cette audace, cette créativité et cette inventivité, on n’en parlerait pas aujourd’hui.»

Une solution durable

Selon Justine Boutin, quand la pandémie sera chose du passé, les spectacles virtuels, eux, resteront.

«La demande est réellement forte, affirme-t-elle. Le virtuel, je le pense, c’est la nouvelle façon de se rassembler. Je pense que c’est là pour rester aussi. Il y a tellement une émergence. C’est devenu un levier le virtuel. Nous, ce qu’on aimerait faire, c’est vraiment d’avoir les deux formules. La formule hybride, ce serait des spectacles en présentiel, en salle, et également en virtuel. Avec le virtuel, ce qui est beau, c’est qu’on peut aller chercher une audience beaucoup plus large que le public en salle.»

Elle croit que les possibilités sont pratiquement infinies en se tournant vers le virtuel, tout en ne laissant pas de côté les spectacles en personne, bien évidemment.

«Les gens veulent soit trouver une façon de récompenser leurs employés, trouver une façon de se divertir tout en restant en sécurité, indique-t-elle. Il y a beaucoup de débouchés, de portes ouvertes. On a saisi les opportunités, on a rencontré les bonnes personnes. C’est une belle poussée de croissance pour le Théâtre des Tournesols.»

Dans un futur proche, avec la pandémie qui est toujours bien présente, vient également une vague d’incertitude.

«On m’a demandé ce qui se passerait si on retombait en zone rouge, dans ce cas-là, on va continuer comme au mois de janvier et au mois de décembre, indique Mme Boutin. On va miser nos efforts sur les productions virtuelles et dire aux gens que c’est une solution qui est là pour rester.»

«Les spectacles vont recommencer, mais on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. L’évolution de la situation est incertaine, mais notre projet est certain de rester à travers le temps.»

Le virtuel permet du même d’attirer plus de gens en même temps et qui viennent d’ailleurs.

«On a réussi à pousser les horizons de l’Estrie, soutient-elle. On est allés rejoindre des gens de Montréal, de Québec, des gens en Gaspésie dans le Témiscouata. Il y a des noms de ville que je n’avais jamais entendu auparavant qu’on a vus apparaître sur des formulaires clients. On a poussé les limites de ce qu’on pouvait faire en salle. En salle, on se limite à 300 personnes alors qu’avec le virtuel, c’est illimité.»

Agrandir les horizons

Si la majorité des spectacles sont diffusés en direct, la captation vidéo permet également le préenregistrement.

«Tout ce qui est spectacle de danse, de chant, de spectacles scolaires, la plupart sont préenregistrés parce que ça nécessite un montage qui est plus technique», relate Justin Boutin.

«Par exemple, on a fait Secondaire en spectacle pour l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand et c’était préenregistré, donne-t-elle en exemple. C’était étalé sur deux journées de tournage. Les caméramans ont enregistré le spectacle, il y a eu du montage et ensuite, la diffusion du spectacle.»

Le Théâtre des Tournesols en mode virtuel a déjà quelques spectacles à son actif. En plus des projets scolaires, des entreprises ont sollicité le théâtre afin d’offrir des spectacles à leurs employés.

La Fondation BMP a également utilisé les services du théâtre lors de son événement Rire sous prescription. D’ailleurs, d’autres projets sont sur la table, entre autres, avec la Ville de Bromont et un deuxième avec la Fondation.

«Il y a beaucoup de projets sur la table, qui devraient être dévoilés sous peu», s’est contentée d’indiquer Mme Boutin.

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