La grande éclosion de Floramama

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Par Stéphane Lévesque | Initiative de journalisme local
La grande éclosion de Floramama
La fondatrice de Floramama, Chloé Roy (Photo : Gracieuseté)

ÉCONOMIE. Depuis 2014, Chloé Roy fait fleurir sa passion à Frelighsburg. Loin de se réjouir de la pandémie, cette crise aura quand même permis de doubler la production de Floramama.

«C’est désolant, la COVID-19, ça été très négatif pour des entreprises et positif pour d’autres. Pour nous, les gens ont voulu se réfugier dans des produits qui font du bien, qui encourage le commerce local. Nous on était là. On a pu fleurir tout le monde. Comme client, on a des jeunes adultes qui tripent sur la beauté de la chose comme des jeunes familles et des professionnels qui veulent apporter de la nature dans leur maison. Un bouquet sur une table, cela change vraiment l’atmosphère d’une pièce pour le mieux. Comme les paniers de légumes, on fonctionne par abonnement», explique-t-elle en précisant qu’elle compte cette année 400 abonnés qui, tous les 15 jours, peuvent récupérer leur bouquet à Floramama ou dans différents points de distribution.

«Les fleurs, c’est universel. Quand on voit des enfants à la campagne, naturellement, ils cueillent des fleurs. C’est inné de vouloir jongler avec les odeurs, les couleurs et les textures. Je suis née à Montréal, mais à 11 ans j’ai déménagé avec mon père à la campagne. J’ai découvert le plaisir de nourrir la communauté en travaillant aux Jardins de la Grelinette auprès de Maude-Hélène Desroches et Jean-Martin Fortier. Je voulais une ferme tout en me distinguant. Les fleurs se sont proposées tout naturellement», souligne celle pour qui la culture florale doit se faire en accord avec ses valeurs.

«L’écologie, l’agriculture à dimension humaine et l’économie locale, c’est important pour nous. On cultive sur 1,2 acre. On a 6 serres dont une seule qui est chauffée. On a une expertise en culture de serre, mais on ne vise pas une grande production de peu de variétés de fleurs. On est plus varié», indique Chloé Roy qui croit que le Québec, dans un contexte d’autonomie, pourrait être souverain à suffire aux besoins des consommateurs de fleurs.

«Il s’agit cependant de changer la mentalité des gens. Il y a encore beaucoup de monde qui veut à tout prix des roses rouges. Comme d’autres fleurs tropicales, elles sont souvent cultivées en monoculture. Cela nécessite beaucoup d’intrants chimiques. Et elles arrivent par avion. On pourrait plutôt ramener au goût du jour des variétés des jardins de nos grand-mères comme la tulipe et la renoncule», indique-t-elle en saluant l’initiative du gouvernement du Québec de donner des tarifs préférentiels d’électricité pour les serres.

«De notre côté, on envisage de chauffer plus de serres. Le passage du propane à l’électricité est une question que l’on se pose vraiment», exprime-t-elle.

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